Santé et secours · Maladies courantes
Sclérose en plaques
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui attaque la myéline des nerfs du cerveau et de la moelle épinière. Elle débute souvent entre 20 et 40 ans par des poussées, que les traitements de fond réduisent.
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La sclérose en plaques (SEP) est la première cause de handicap non traumatique chez l’adulte jeune. Elle touche environ trois femmes pour un homme et se déclare le plus souvent entre 20 et 40 ans. Le système immunitaire s’attaque à la myéline, la gaine qui entoure les fibres nerveuses du système nerveux central et permet la transmission rapide de l’influx. Les zones lésées, appelées plaques, perturbent le passage des messages nerveux. L’évolution est très variable d’une personne à l’autre, et les traitements ont profondément changé le pronostic depuis les années 1990. Le fonctionnement des nerfs est décrit dans la fiche système nerveux.
Causes et facteurs de risque
La cause exacte est inconnue. La maladie résulte d’une susceptibilité génétique et de facteurs d’environnement :
- virus d’Epstein-Barr (celui de la mononucléose) : une infection antérieure apparaît presque indispensable, selon une grande étude publiée en 2022 ;
- faible exposition au soleil et carence en vitamine D : la maladie est plus fréquente loin de l’équateur ;
- tabac ;
- obésité à l’adolescence ;
- génétique : le risque est augmenté chez les proches, sans transmission directe.
La SEP n’est pas contagieuse.
Symptômes
Ils dépendent de la localisation des plaques et sont très variés :
| Atteinte | Symptômes possibles |
|---|---|
| Nerf optique (névrite optique) | Baisse de la vision d’un œil en quelques jours, douleur en bougeant l’œil (voir œil et vision) |
| Sensitive | Fourmillements, engourdissements, sensations de décharge électrique en penchant la tête |
| Motrice | Faiblesse d’un membre, jambes lourdes |
| Équilibre, coordination | Instabilité, vertiges, maladresse |
| Autres | Vision double, troubles urinaires, troubles sexuels, fatigue intense (voir fatigue chronique), troubles de la concentration, douleurs |
Une poussée est l’apparition ou l’aggravation de symptômes durant plus de 24 heures, en dehors d’une fièvre, qui régressent ensuite en partie ou totalement en quelques semaines. La chaleur peut aggraver transitoirement les symptômes.
Les formes de la maladie
- Forme récurrente-rémittente (environ 85 % au début) : poussées entrecoupées de périodes stables ;
- forme secondairement progressive : après plusieurs années, aggravation progressive avec ou sans poussées ;
- forme progressive primaire (environ 10 à 15 %) : aggravation lente dès le début, sans poussée, souvent après 40 ans.
Quand consulter
Consultez rapidement un médecin, le jour même ou dans les jours qui suivent, en cas de baisse de vision d’un œil, de vision double, de fourmillements ou d’engourdissements persistants, de faiblesse ou de troubles de l’équilibre inexpliqués. Une personne suivie pour SEP doit contacter son neurologue en cas de nouvelle poussée.
Diagnostic
Il est posé par un neurologue selon des critères internationaux (critères de McDonald), qui exigent des lésions dans différentes zones du système nerveux et à des moments différents :
- IRM du cerveau et de la moelle épinière : examen clé, qui montre les plaques et leur activité ;
- ponction lombaire : recherche d’une inflammation dans le liquide céphalorachidien ;
- examens pour écarter d’autres maladies.
Traitements
- Traitement des poussées : corticoïdes à forte dose pendant quelques jours, prescrits par le médecin, pour accélérer la récupération.
- Traitements de fond : de nombreux médicaments (injectables, oraux, perfusions) réduisent la fréquence des poussées et l’apparition de nouvelles lésions, avec une efficacité croissante. Certains agissent aussi sur la forme progressive primaire. Le choix tient compte de l’activité de la maladie, des effets indésirables et du projet de vie, notamment de grossesse.
- Traitements des symptômes : fatigue, spasticité, troubles urinaires, douleurs.
- Rééducation : kinésithérapie, ergothérapie, activité physique adaptée.
Le suivi est assuré par un neurologue, souvent dans un centre de ressources et de compétences SEP.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Personnes atteintes en France | environ 120 000 à 130 000 | Fondation ARSEP, Santé publique France |
| Rapport femmes/hommes | environ 3 pour 1 | Fondation ARSEP |
| Personnes atteintes dans le monde | environ 2,8 millions (2020) | Atlas of MS, Fédération internationale de la SEP |
Questions fréquentes
La sclérose en plaques mène-t-elle forcément au fauteuil roulant ?
Non. Avec les traitements actuels, une grande partie des personnes conserve une marche autonome pendant de nombreuses années. L’évolution reste très variable.
Peut-on avoir des enfants ?
Oui. La grossesse n’aggrave pas la maladie à long terme ; les poussées diminuent même souvent pendant la grossesse. Certains traitements doivent être adaptés : le projet se prépare avec le neurologue.
La sclérose en plaques est-elle héréditaire ?
Il existe une prédisposition génétique, mais le risque pour un enfant de parent atteint reste faible, de l’ordre de quelques pour cent.
Le vaccin contre l’hépatite B provoque-t-il la SEP ?
Les nombreuses études menées n’ont pas montré de lien de causalité entre ce vaccin et la sclérose en plaques.