Santé et secours · Maladies courantes
Insuffisance cardiaque
L’insuffisance cardiaque est l’incapacité du cœur à pomper assez de sang pour couvrir les besoins de l’organisme. Elle se manifeste par un essoufflement, une fatigue et des jambes gonflées ; elle se traite et se surveille à vie.
Mis à jour le 4 min de lecture
L'insuffisance cardiaque n’est pas un cœur qui s’arrête : c’est un cœur qui fonctionne moins bien, parce que son muscle se contracte mal ou se remplit mal. Le sang circule moins efficacement, les organes reçoivent moins d’oxygène et des liquides s’accumulent dans les poumons et les jambes. Fréquente après 70 ans, elle est l’une des premières causes d’hospitalisation chez les personnes âgées. Les traitements actuels améliorent nettement la survie et la qualité de vie.
Causes
L’insuffisance cardiaque est l’aboutissement de nombreuses maladies du cœur :
- maladie coronaire et séquelles d'infarctus ;
- hypertension artérielle ancienne (voir hypertension) ;
- maladies des valves cardiaques (rétrécissement aortique notamment) ;
- cardiomyopathies (maladies du muscle cardiaque), d’origine génétique, alcoolique, virale ou toxique ;
- troubles du rythme, en particulier la fibrillation atriale (voir palpitations) ;
- diabète, obésité, maladies de la thyroïde, anémie, certains traitements anticancéreux.
Symptômes
| Symptôme | Ce qui se passe |
|---|---|
| Essoufflement à l’effort, puis au repos | Liquide accumulé dans les poumons (voir essoufflement) |
| Besoin de dormir avec plusieurs oreillers, réveils en manque d’air | Le liquide remonte en position allongée |
| Œdèmes des chevilles et des jambes | Rétention d’eau et de sel |
| Prise de poids rapide | Plusieurs kilos d’eau en quelques jours |
| Fatigue, baisse de la capacité à l’effort | Débit cardiaque insuffisant |
| Toux nocturne, palpitations | Congestion, troubles du rythme associés |
La gravité est souvent évaluée selon la classification de la NYHA, de I (aucune gêne dans la vie courante) à IV (essoufflement au moindre effort ou au repos).
Quand consulter
Un essoufflement inhabituel à l’effort, des chevilles gonflées ou une fatigue anormale justifient une consultation chez le médecin traitant. Chez une personne déjà suivie, une prise de poids de plus de 2 kg en 2 à 3 jours ou une aggravation de l’essoufflement doit faire contacter rapidement le médecin : c’est souvent le premier signe d’une décompensation.
Diagnostic
Le médecin s’appuie sur l’examen clinique, une prise de sang avec dosage des peptides natriurétiques (BNP ou NT-proBNP), dont un taux normal rend le diagnostic peu probable, un électrocardiogramme et surtout une échographie cardiaque, qui mesure la fraction d’éjection et recherche la cause. D’autres examens (coronarographie, IRM cardiaque) sont prescrits selon les cas.
Traitements
Le traitement associe plusieurs volets, ajustés par le cardiologue et le médecin traitant :
- traiter la cause quand c’est possible : déboucher une artère, remplacer une valve, contrôler un trouble du rythme ou l’hypertension ;
- médicaments : dans l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite, plusieurs classes ont prouvé qu’elles réduisent la mortalité et les hospitalisations (IEC ou sartans ou sacubitril-valsartan, bêtabloquants, antagonistes de l’aldostérone, gliflozines) ; les diurétiques soulagent l’essoufflement et les œdèmes ;
- dispositifs dans certains cas : défibrillateur implantable, stimulateur de resynchronisation ; plus rarement assistance ventriculaire ou greffe ;
- mode de vie : alimentation peu salée (voir sel et santé), activité physique adaptée, réadaptation cardiaque, arrêt du tabac et de l’alcool, vaccination contre la grippe et le pneumocoque.
Prévention
Prévenir l’insuffisance cardiaque, c’est prévenir et traiter ses causes : contrôle de la tension artérielle, du diabète et du cholestérol, arrêt du tabac, alcool limité, activité physique. Après un infarctus, un traitement bien suivi réduit le risque d’évolution vers l’insuffisance cardiaque.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Personnes atteintes en France | plus d’un million | HAS, Santé publique France |
| Âge moyen au diagnostic | autour de 75 ans | Santé publique France |
| Personnes atteintes dans le monde | plus de 60 millions (estimation 2017) | Global Burden of Disease |
Questions fréquentes
L’insuffisance cardiaque se guérit-elle ?
Rarement, sauf quand une cause curable est traitée (valve, trouble du rythme, cause toxique). Le plus souvent, c’est une maladie chronique que le traitement stabilise durablement.
Peut-on faire du sport ?
Oui, une activité physique adaptée est recommandée : elle améliore l’essoufflement et la qualité de vie. L’intensité est fixée avec le cardiologue, idéalement après une réadaptation cardiaque.
Faut-il boire moins ?
Une limitation des boissons n’est conseillée que dans certaines formes sévères, sur avis médical. La réduction du sel est en revanche recommandée à presque tous.
Pourquoi les jambes gonflent-elles ?
Le cœur fatigué évacue moins bien le sang veineux et les reins retiennent l’eau et le sel : le liquide s’accumule dans les tissus, d’abord aux chevilles.