Santé et secours · Maladies courantes
Cancer de la prostate
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, surtout après 50 ans. Souvent lent et sans symptôme au début, il est de très bon pronostic lorsqu’il est localisé ; certains ne nécessitent qu’une surveillance.
Mis à jour le 4 min de lecture
La prostate est une glande de l’appareil génital masculin, de la taille d’une châtaigne, située sous la vessie et autour de l’urètre ; elle produit une partie du liquide séminal. Le cancer de la prostate se développe à partir de ses cellules. C’est le premier cancer de l’homme en France par sa fréquence. Il évolue le plus souvent lentement : beaucoup d’hommes ont un cancer de la prostate qui ne mettra jamais leur vie en danger. D’autres formes, plus agressives, nécessitent un traitement. Les notions générales sont présentées dans la fiche cancer.
Facteurs de risque
- âge : rare avant 50 ans, de plus en plus fréquent ensuite ; l’âge moyen au diagnostic est d’environ 70 ans ;
- antécédents familiaux : père ou frère atteint, surtout jeune ;
- origine : risque plus élevé chez les hommes d’origine africaine ou antillaise ; aux Antilles françaises, l’exposition passée au chlordécone, un pesticide, est associée à un risque accru ;
- mutations génétiques (BRCA2 notamment).
Symptômes
Un cancer localisé ne donne en général aucun symptôme. Les troubles urinaires (envies fréquentes, jet faible, levers nocturnes) sont le plus souvent dus à un adénome bénin. Aux stades avancés peuvent apparaître :
- difficultés à uriner, sang dans les urines ou le sperme ;
- douleurs osseuses (dos, bassin) en cas de métastases ;
- fatigue, amaigrissement.
Quand consulter
Consultez votre médecin en cas de troubles urinaires, de sang dans les urines ou le sperme, ou de douleurs osseuses persistantes. À partir de 50 ans (45 ans en cas de risque élevé), vous pouvez discuter avec lui de l’intérêt d’un dosage du PSA.
Le dosage du PSA et le dépistage
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une protéine dosée par une prise de sang. Un taux élevé peut révéler un cancer, mais aussi un adénome, une infection (prostatite) ou survenir après un effort ou un rapport.
En France, il n’existe pas de dépistage organisé du cancer de la prostate : la HAS ne le recommande pas en population générale, car le dépistage systématique expose au surdiagnostic et à des traitements inutiles aux effets indésirables importants. Un dépistage individuel peut être discuté avec le médecin, après information sur ses bénéfices et ses limites. Le recours à l'IRM avant toute biopsie a réduit les biopsies inutiles. Au niveau européen, une recommandation du Conseil de l’Union européenne (2022) invite les États à évaluer des programmes organisés fondés sur le PSA et l’IRM.
Diagnostic
Devant un PSA élevé ou une anomalie au toucher rectal : IRM de la prostate, puis biopsies si l’IRM est suspecte. L’analyse détermine l’agressivité du cancer (score de Gleason, groupe ISUP). Un bilan d’extension (scanner, scintigraphie, TEP) est réalisé pour les formes à risque.
Traitements
Ils dépendent du stade, de l’agressivité, de l’âge, de l’état de santé et des préférences du patient, après discussion en réunion pluridisciplinaire :
| Situation | Options principales |
|---|---|
| Cancer localisé peu agressif | Surveillance active : PSA, IRM et biopsies régulières ; traitement seulement si le cancer évolue |
| Cancer localisé plus agressif | Prostatectomie (ablation de la prostate), souvent assistée par robot, ou radiothérapie, parfois associée à une hormonothérapie, ou curiethérapie |
| Cancer avancé ou métastatique | Hormonothérapie (suppression de la testostérone) associée à de nouvelles hormonothérapies, chimiothérapie, radiothérapie, traitements ciblés |
Les traitements radicaux peuvent entraîner des effets indésirables : fuites urinaires, troubles de l’érection, troubles digestifs après radiothérapie. Ils doivent être expliqués avant toute décision ; des solutions de rééducation et de traitement existent.
Prévention
Aucune mesure ne prévient de façon certaine le cancer de la prostate. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et le maintien d’un poids stable sont bénéfiques pour la santé globale et pourraient réduire le risque de formes agressives.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Nouveaux cas en France | environ 60 000 par an (estimation 2018) | INCa, Santé publique France |
| Décès en France | environ 8 100 (2018) | INCa |
| Survie nette à 5 ans | 93 % (diagnostics 2010-2015) | INCa, Santé publique France |
| Nouveaux cas dans le monde | environ 1,5 million (2022) | CIRC |
Questions fréquentes
Un PSA élevé signifie-t-il un cancer ?
Non. Un adénome, une infection, un effort ou un rapport sexuel récent peuvent faire monter le PSA. Seuls l’IRM et les biopsies permettent de conclure.
Le toucher rectal est-il indispensable ?
Il reste utile pour évaluer la prostate et peut détecter certains cancers que le PSA ne révèle pas. Le médecin décide de son intérêt.
Peut-on vivre longtemps avec un cancer de la prostate ?
Oui, très souvent. Beaucoup de cancers localisés évoluent si lentement qu’une surveillance suffit. Même métastatique, il peut être contrôlé plusieurs années par les traitements actuels.
Les troubles pour uriner sont-ils un signe de cancer ?
Le plus souvent non : ils sont dus à l’augmentation bénigne de la prostate avec l’âge. Ils justifient néanmoins un avis médical.