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Psychologie
Mieux se connaître, mieux comprendre les autres, mieux apprendre : ce que la psychologie scientifique sait vraiment.
« Connais-toi toi-même » : la maxime de Delphes reste un programme. Cette rubrique rassemble ce que la psychologie a établi sur la connaissance de soi, les relations, la mémoire et l’apprentissage, en distinguant les résultats solides des idées reçues.
Connaissance de soi 13
La connaissance de soiLa connaissance de soi est la capacité à se représenter avec justesse ses traits, émotions, valeurs et motivations. Elle passe moins par l’introspection que par l’observation de ses actes et le regard d’autrui.Exercices de connaissance de soiLes exercices de connaissance de soi les plus utiles reposent sur l’observation de ses actes et les retours des autres, plus que sur la seule introspection. En voici dix, avec leur mode d’emploi.La fenêtre de JohariLa fenêtre de Johari est un modèle créé en 1955 par Joseph Luft et Harrington Ingham. Elle découpe l’image de soi en quatre zones selon ce qui est connu de soi et connu des autres.L’estime de soiL’estime de soi est le jugement global, positif ou négatif, qu’une personne porte sur sa propre valeur. Elle diffère de la confiance en soi, qui porte sur ses capacités à agir.La confiance en soiLa confiance en soi est la conviction de pouvoir faire face à une situation ou réussir une tâche. Elle se construit surtout par l’expérience de réussites, pas par la pensée positive.Les valeurs personnellesLes valeurs personnelles sont les principes durables qui orientent nos choix : liberté, sécurité, justice, famille, réussite. Les identifier aide à décider et à comprendre ses conflits intérieurs.L’intelligence émotionnelleL’intelligence émotionnelle est la capacité à percevoir, comprendre, utiliser et réguler ses émotions et celles des autres. Utile, elle a pourtant été très survendue depuis les années 1990.Introverti ou extravertiL’extraversion est un trait continu : les extravertis recherchent la stimulation sociale et l’action, les introvertis préfèrent des environnements calmes. La plupart des gens se situent entre les deux.Le modèle des Big FiveLe Big Five, ou modèle OCEAN, décrit la personnalité par cinq grandes dimensions : ouverture, conscienciosité, extraversion, agréabilité et névrosisme. C’est le modèle de la personnalité le mieux validé scientifiquement.Le MBTI est-il fiable ?Le MBTI est très populaire mais peu fiable selon la recherche : une part importante des personnes change de type en le repassant, et ses catégories découpent artificiellement des traits continus.Questions pour mieux se connaîtreSe poser les bonnes questions aide à clarifier ses valeurs, ses émotions et ses priorités. Voici 100 questions classées par thème, à travailler par écrit et à confronter à ses actes réels.Tenir un journal intimeTenir un journal aide à clarifier ses pensées et à repérer ses schémas. L’écriture expressive, étudiée depuis les années 1980, a des bénéfices modestes mais réels sur le bien-être.Le syndrome de l’imposteurLe syndrome de l’imposteur est le sentiment persistant de ne pas mériter sa réussite, attribuée à la chance, avec la peur d’être démasqué. Ce n’est pas une maladie.
Faire connaissance et relations 8
Questions pour faire connaissanceLes meilleures questions pour faire connaissance sont ouvertes, adaptées au contexte et de plus en plus personnelles. Voici 150 idées classées par situation, et la méthode pour qu’elles lancent une vraie conversation.Se faire des amis à l’âge adulteSe faire des amis adulte demande surtout du temps partagé et de la régularité : il faut en moyenne des dizaines d’heures passées ensemble pour qu’une connaissance devienne un ami.La première impressionUne première impression se forme en moins d’une seconde à partir du visage et de la posture, puis colore la suite de la relation. Elle est souvent inexacte, mais on peut la corriger avec le temps.L’écoute activeL’écoute active consiste à porter toute son attention à l’autre, puis à lui montrer qu’on l’a compris en reformulant ses propos et ses émotions, sans juger ni conseiller trop vite.La communication non violenteLa communication non violente (CNV) est une méthode créée par Marshall Rosenberg. Elle propose d’exprimer un désaccord en quatre temps : observation, sentiment, besoin, demande.La timiditéLa timidité est une appréhension et une gêne dans les situations sociales, liées à la peur d’être jugé. Très répandue, elle se distingue de l’introversion et peut se surmonter par l’exposition progressive.Le langage corporelLe langage corporel transmet des informations réelles sur les émotions, mais il se lit bien moins facilement qu’on ne le dit. La plupart des « décodages » populaires sont faux.Détecter le mensongeLes êtres humains détectent les mensonges à peine mieux que le hasard : environ 54 % de réponses justes en moyenne. Aucun geste ne trahit à coup sûr un menteur, et le détecteur de mensonges n’est pas fiable.
Apprendre et mémoriser 11
La mémoireLa mémoire est la capacité d’encoder, de conserver et de récupérer des informations. Elle n’est pas un enregistrement fidèle mais un ensemble de systèmes qui reconstruisent le passé à chaque rappel.Apprendre efficacementLes deux méthodes d’apprentissage les plus efficaces selon la recherche sont de se tester (pratique du rappel) et d’espacer les révisions. Relire et surligner, les plus utilisées, sont parmi les moins utiles.La courbe de l’oubliLa courbe de l’oubli, établie par Hermann Ebbinghaus en 1885, montre que l’oubli est très rapide dans les heures qui suivent l’apprentissage, puis ralentit. Chaque révision espacée l’aplanit.La répétition espacéeLa répétition espacée consiste à revoir une information à intervalles de plus en plus longs, juste avant de l’oublier. C’est l’une des techniques de mémorisation les plus efficaces connues.L’effet de testL’effet de test désigne le fait que chercher à se rappeler une information la fixe mieux en mémoire que la relire. Se tester n’est pas seulement mesurer ce que l’on sait : c’est apprendre.La méthode FeynmanLa méthode Feynman consiste à expliquer une notion comme à un enfant de 12 ans, puis à combler les trous révélés par cette explication. Elle teste la compréhension plutôt que la mémorisation.La prise de notesBien prendre des notes, c’est sélectionner et reformuler plutôt que tout recopier. La méthode Cornell structure la page pour transformer directement les notes en questions de révision.La concentrationLa concentration est la capacité à maintenir son attention sur une tâche en ignorant les distractions. Elle dépend moins de la volonté que de l’environnement, du sommeil et de l’organisation du travail.Sommeil et mémoireLe sommeil consolide ce que l’on a appris dans la journée : pendant le sommeil lent profond, le cerveau rejoue et transfère les souvenirs récents. Manquer de sommeil nuit autant à l’apprentissage qu’au rappel.La métacognitionLa métacognition est la connaissance et le contrôle de sa propre pensée : savoir ce que l’on sait et ce que l’on ignore, choisir une stratégie, vérifier qu’elle fonctionne et l’ajuster.La méthode des lociLa méthode des loci, ou palais de mémoire, consiste à placer mentalement les éléments à retenir dans des lieux familiers, puis à refaire le parcours pour les retrouver. Très efficace pour les listes.
Fonctionnement de l’esprit 25
Les biais cognitifsUn biais cognitif est une déviation systématique du jugement par rapport à la logique ou aux faits. Il vient de raccourcis mentaux utiles mais trompeurs dans certaines situations, et touche tout le monde.L’effet Dunning-KrugerL’effet Dunning-Kruger désigne la tendance des personnes peu compétentes dans un domaine à surestimer leur niveau. Réel, il est beaucoup plus modeste et nuancé que la courbe virale qui l’illustre en ligne.Le biais de confirmationLe biais de confirmation est la tendance à rechercher, interpréter et retenir les informations qui confirment ce que l’on croit déjà, en négligeant celles qui le contredisent.L’effet de haloL’effet de halo est un biais cognitif par lequel une caractéristique saillante d’une personne ou d’un produit, positive ou négative, colore le jugement porté sur l’ensemble de ses autres qualités.La dissonance cognitiveLa dissonance cognitive est l’inconfort ressenti quand on tient deux idées contradictoires, ou quand ses actes contredisent ses convictions. Pour la réduire, on modifie souvent ses croyances plutôt que son comportement.L’effet BarnumL’effet Barnum, ou effet Forer, est la tendance à juger très juste une description de personnalité vague et flatteuse qui pourrait en réalité s’appliquer à presque tout le monde.
- Les types d’intelligence
- La pensée critique
- La motivation
- La pyramide de Maslow
- La procrastination
- Qu’est-ce que la psychologie ?
- L’effet Pygmalion
- L’effet placebo
- L’expérience de Milgram
- L’expérience de la prison de Stanford
- L’expérience de Asch sur le conformisme
- L’effet spectateur
- Les habitudes : se former et en changer
- La maîtrise de soi et la volonté
- La prise de décision
- La créativité
- Les rêves
- La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
- Psychologue ou psychiatre : quelle différence ?
Émotions 18
Les émotions de baseSelon le modèle le plus cité, celui de Paul Ekman, il existe six émotions de base : joie, tristesse, peur, colère, dégoût et surprise. Leur caractère universel reste toutefois discuté.La colèreLa colère est une émotion de base déclenchée par un obstacle, une frustration ou une injustice perçue. Utile pour se défendre, elle devient un problème quand elle est trop fréquente, trop intense ou mal exprimée.La peurLa peur est une émotion de base déclenchée par un danger perçu, qui prépare le corps à fuir, combattre ou se figer. Elle protège ; elle pose problème quand elle devient disproportionnée ou permanente.La tristesseLa tristesse est l’émotion qui répond à une perte ou à une déception. Normale et utile, elle se distingue de la dépression par sa durée, son intensité et son retentissement sur la vie quotidienne.La joieLa joie est une émotion positive brève, déclenchée par un événement heureux. Elle diffère du bonheur, plus durable, et du plaisir, plus sensoriel, et favorise l’ouverture aux autres.Honte et culpabilitéLa culpabilité porte sur un acte (« j’ai mal agi »), la honte sur soi tout entier (« je suis mauvais »). La première pousse à réparer, la seconde à se cacher : la distinction change tout.La jalousieLa jalousie est la peur de perdre une relation importante au profit d’un tiers ; l’envie est le désir de ce que l’autre possède. Normale à faible dose, la jalousie devient toxique si elle contrôle.La gratitudeLa gratitude est le fait de reconnaître et d’apprécier ce que l’on reçoit. Les exercices de gratitude améliorent légèrement le bien-être, mais leurs effets ont été surestimés par la vulgarisation.L’empathieL’empathie est la capacité à comprendre ce qu’une autre personne pense et ressent, et à partager en partie ses émotions. Elle comporte une dimension cognitive et une dimension affective, distinctes de la compassion.La régulation émotionnelleRéguler ses émotions, ce n’est pas les supprimer : c’est agir sur la situation, l’attention, l’interprétation ou la réponse pour que l’émotion reste adaptée. Certaines stratégies marchent, d’autres aggravent.Le stressLe stress est la réponse de l’organisme à une situation perçue comme exigeante ou menaçante. Utile à court terme, il devient nocif lorsqu’il est intense et prolongé sans possibilité de récupérer.L’anxiétéL’anxiété est une inquiétude face à une menace future ou incertaine. Normale à petite dose, elle devient un trouble anxieux quand elle est excessive, durable et gêne la vie quotidienne. Ces troubles se soignent bien.Le burn-outLe burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, résulte d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré. Il associe épuisement, distance cynique envers le travail et sentiment d’inefficacité.La résilienceLa résilience est la capacité à se développer ou à retrouver un fonctionnement satisfaisant malgré l’adversité. Fréquente, elle n’est pas un trait que l’on a ou pas.La psychologie du bonheurPour la psychologie, le bonheur se mesure comme bien-être subjectif : satisfaction de vie et émotions positives. Les relations en sont le facteur le plus constant.La pleine conscienceLa pleine conscience consiste à porter délibérément attention à l’instant présent, sans jugement. Les programmes structurés ont des effets modérés mais réels sur le stress et l’anxiété.La pensée positive et ses limitesUn optimisme réaliste est associé à une meilleure santé et à plus de persévérance. Mais les affirmations positives, la visualisation du succès et la « loi de l’attraction » ont des effets nuls, voire contraires.La charge mentaleLa charge mentale désigne le travail invisible qui consiste à penser, anticiper, planifier et vérifier les tâches du foyer, même quand on ne les exécute pas soi-même. Elle repose encore majoritairement sur les femmes.
Développement et personnalité 16
Le développement de l’enfantDe la naissance à 6 ans, l’enfant apprend à se mouvoir, à parler, à penser et à vivre avec les autres. Les âges des étapes varient beaucoup d’un enfant à l’autre : ils servent de repères, pas de normes.Les stades de PiagetSelon Jean Piaget, l’intelligence se construit en quatre stades : sensori-moteur, préopératoire, opératoire concret et opératoire formel. Le cadre reste fondateur, mais les âges ont été revus.Lev VygotskiLev Vygotski (1896-1934) est un psychologue russe pour qui l’enfant se développe d’abord avec les autres, grâce au langage et aux outils culturels. Sa notion de zone proximale de développement est centrale en pédagogie.La théorie de l’attachementLa théorie de l’attachement, formulée par John Bowlby, décrit le besoin inné de l’enfant de se lier à une figure qui le protège. La qualité de ce lien influence, sans la déterminer, sa manière d’aborder les relations.La théorie de l’espritLa théorie de l’esprit est la capacité à comprendre que les autres ont des pensées, des désirs et des croyances différents des siens, parfois faux. Elle se met en place chez l’enfant vers 4 ans.Les stades freudiensSelon Freud, l’enfant traverse cinq stades psychosexuels : oral, anal, phallique, latence et génital. Cette théorie a marqué la culture, mais la recherche ne la soutient pas.Les stades d’EriksonErik Erikson décrit le développement humain en huit stades, de la naissance à la vieillesse, chacun marqué par une crise psychosociale, comme « identité contre confusion » à l’adolescence.La crise d’adolescenceL’adolescence est une période de transformations profondes, mais la « crise » orageuse et inévitable est en partie un mythe : la plupart des adolescents la traversent sans rupture majeure avec leurs parents.Le cerveau de l’adolescentÀ l’adolescence, le cerveau se réorganise : les circuits de la récompense et des émotions s’activent fortement, tandis que le cortex préfrontal, siège du contrôle, mûrit plus lentement.Le quotient intellectuel (QI)Le QI est un score de test d’intelligence standardisé : la moyenne est fixée à 100 et deux personnes sur trois se situent entre 85 et 115. Il mesure des capacités réelles, pas toute l’intelligence.Le haut potentiel intellectuel (HPI)Le haut potentiel intellectuel (HPI) correspond en général à un QI d’au moins 130, soit environ 2 % de la population. Les HPI ne sont pas plus malheureux ni hypersensibles en moyenne.La personnalitéLa personnalité est l’ensemble relativement stable des manières de penser, de ressentir et d’agir propres à une personne. En partie héréditaire, elle évolue toute la vie.Le tempéramentLe tempérament regroupe les dispositions de base, en grande partie biologiques, visibles dès les premiers mois : réactivité, activité, attention. Il sert de socle à la personnalité.Le narcissismeLe narcissisme est un trait de personnalité marqué par un sentiment de supériorité, un besoin d’admiration et peu d’empathie. Il ne devient un trouble que dans des cas rares.Le perfectionnismeLe perfectionnisme combine des exigences très élevées et une autocritique sévère face à l’erreur. Il est associé à l’anxiété, à la procrastination et à l’épuisement.L’hypersensibilitéL’hypersensibilité, ou sensibilité de traitement sensoriel, est un trait de personnalité : une réactivité plus forte aux stimulations et aux émotions. Ce n’est pas un trouble.