Santé et secours · Maladies courantes
Cancer : comprendre la maladie
Un cancer est une maladie où des cellules se multiplient de façon anarchique, envahissent les tissus voisins et peuvent essaimer à distance. Environ 40 % sont évitables, et beaucoup guérissent s’ils sont détectés tôt.
Mis à jour le 5 min de lecture
Le mot cancer désigne en réalité plus d’une centaine de maladies différentes, qui ont en commun un mécanisme : des cellules échappent aux règles qui contrôlent normalement leur division et leur mort. En France, le cancer est la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme, mais la survie s’est nettement améliorée en quelques décennies grâce au dépistage et aux progrès des traitements. Cette fiche présente les notions communes ; les cancers les plus fréquents ont leur propre fiche : sein, prostate, poumon, côlon et rectum.
Comment naît un cancer
Chaque cellule contient un ADN qui commande sa croissance, sa division et sa mort programmée. Des mutations s’accumulent au fil de la vie (voir mutation génétique), par erreur lors des divisions ou sous l’effet d’agents extérieurs (tabac, UV, radiations, certains virus). En général, l’organisme les répare ou élimine la cellule. Quand plusieurs mutations touchent des gènes clés, la cellule se multiplie sans contrôle, forme une tumeur, attire des vaisseaux sanguins pour se nourrir et échappe au système immunitaire. Ce processus prend souvent des années, ce qui explique que le risque augmente avec l'âge.
Facteurs de risque
Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), environ 40 % des cancers diagnostiqués en France chez l’adulte sont attribuables à des facteurs de risque modifiables.
| Facteur | Cancers principalement concernés |
|---|---|
| Tabac (premier facteur évitable) | Poumon, gorge, bouche, vessie, pancréas, rein, col de l’utérus… (voir arrêt du tabac) |
| Alcool | Bouche, gorge, œsophage, foie, sein, côlon (voir repères de consommation) |
| Alimentation déséquilibrée, surpoids, sédentarité | Côlon, sein, endomètre, rein, foie, pancréas |
| Rayonnements UV (soleil, cabines) | Peau, dont le mélanome |
| Infections | Col de l’utérus (papillomavirus), foie (hépatites B et C), estomac (Helicobacter pylori) |
| Expositions professionnelles | Amiante, poussières de bois, benzène |
| Radon, pollution de l’air | Poumon |
Les facteurs non modifiables sont l’âge, le sexe et une prédisposition génétique : environ 5 à 10 % des cancers sont liés à une mutation héréditaire (gènes BRCA1 et BRCA2, syndrome de Lynch…).
Les signes qui doivent alerter
Ils ne signifient pas forcément un cancer, mais justifient une consultation s’ils persistent plus de quelques semaines :
- amaigrissement inexpliqué, fatigue persistante ;
- grosseur ou masse nouvelle (sein, testicule, cou, aisselle) ;
- saignement anormal : sang dans les selles ou les urines, crachats sanglants, saignements vaginaux après la ménopause ;
- toux ou enrouement persistants, difficulté à avaler ;
- grain de beauté qui change d’aspect, plaie qui ne cicatrise pas ;
- modification durable du transit intestinal.
Les dépistages organisés en France
| Cancer | Public | Examen |
|---|---|---|
| Sein | Femmes de 50 à 74 ans | Mammographie et examen clinique tous les 2 ans |
| Côlon et rectum | Femmes et hommes de 50 à 74 ans | Test immunologique de recherche de sang dans les selles tous les 2 ans |
| Col de l’utérus | Femmes de 25 à 65 ans | Frottis (25-29 ans), puis test HPV tous les 5 ans |
Diagnostic
Il repose sur l’examen clinique, l'imagerie (échographie, scanner, IRM, TEP) et surtout la biopsie : un prélèvement de la tumeur analysé au microscope, seul examen qui confirme le cancer et précise son type. Le bilan d’extension détermine le stade, c’est-à-dire la taille de la tumeur et sa diffusion éventuelle aux ganglions ou à d’autres organes, souvent selon la classification TNM.
Traitements
Le plan de traitement est décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire, puis expliqué au patient lors d’une consultation d’annonce.
- Chirurgie : retirer la tumeur, souvent le premier traitement des cancers localisés ;
- radiothérapie : rayons qui détruisent les cellules cancéreuses dans une zone précise ;
- chimiothérapie : médicaments qui détruisent les cellules qui se divisent rapidement ;
- hormonothérapie : pour les cancers sensibles aux hormones (sein, prostate) ;
- thérapies ciblées : médicaments dirigés contre une anomalie précise des cellules tumorales ;
- immunothérapie : médicaments qui aident le système immunitaire à reconnaître et attaquer le cancer.
Les soins de support (douleur, nutrition, activité physique adaptée, soutien psychologique, aide sociale) font partie intégrante du traitement.
Prévention
Ne pas fumer, limiter l’alcool, manger équilibré (voir alimentation équilibrée), bouger (voir activité physique), se protéger du soleil, se faire vacciner contre le papillomavirus et l’hépatite B (voir hépatites), et participer aux dépistages.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Nouveaux cas de cancer en France | 433 136 (estimation 2023) | INCa, Santé publique France |
| Décès par cancer en France | environ 157 400 (2018) | INCa |
| Nouveaux cas dans le monde | environ 20 millions (2022) | CIRC |
| Part des cancers attribuables à des facteurs modifiables en France | environ 40 % (2015) | CIRC |
Questions fréquentes
Le cancer est-il héréditaire ?
Rarement : seuls 5 à 10 % des cancers sont liés à une mutation transmise. Une consultation d’oncogénétique est proposée quand plusieurs proches ont eu certains cancers, ou un cancer jeune.
Le cancer est-il contagieux ?
Non. Certains virus favorisant des cancers (papillomavirus, hépatites) se transmettent, mais le cancer lui-même ne se transmet pas.
Guérit-on d’un cancer ?
Oui, de plus en plus souvent, surtout quand il est détecté tôt. On parle de rémission complète quand toute trace de maladie a disparu, et de guérison après plusieurs années sans récidive.
Le stress donne-t-il le cancer ?
Aucune étude n’a établi de lien direct. Le stress peut en revanche favoriser des comportements à risque, comme le tabac ou l’alcool.