Santé et secours · Corps humain
Système nerveux
Le système nerveux est le réseau de communication du corps : il reçoit les informations des sens, les analyse et commande muscles et organes. Il comprend une partie centrale (encéphale, moelle épinière) et des nerfs.
Mis à jour le 4 min de lecture
Chaque geste, chaque pensée, chaque battement de cœur dépend du système nerveux. Il capte en permanence des informations sur le monde extérieur (vue, ouïe, toucher) et sur l’état du corps (température, tension, taux d’oxygène), les transmet sous forme de signaux électriques et chimiques, les intègre et déclenche une réponse adaptée : un mouvement, une sécrétion, une adaptation du rythme cardiaque. Il assure aussi les fonctions les plus élaborées : conscience, mémoire, langage, émotions. Comprendre son organisation aide à comprendre de nombreux malaises, comme le malaise vagal ou la perte de connaissance.
L’organisation du système nerveux
| Partie | Composants | Rôle principal |
|---|---|---|
| Système nerveux central (SNC) | Encéphale (cerveau, cervelet, tronc cérébral) et moelle épinière | Intégrer les informations, décider, commander, mémoriser |
| Système nerveux périphérique (SNP) | Nerfs crâniens (12 paires), nerfs rachidiens (31 paires), ganglions | Relier le SNC au reste du corps |
Le système nerveux central est protégé par des os (crâne, colonne vertébrale), par trois membranes, les méninges, et par le liquide céphalorachidien dans lequel il baigne. Le fonctionnement du cerveau est détaillé dans la fiche cerveau.
Le système nerveux périphérique
Il se divise en deux grandes parties selon ce qu’il commande :
- le système nerveux somatique (ou volontaire) : il transmet les sensations de la peau, des muscles et des articulations, et commande les muscles squelettiques, ceux que l’on contrôle volontairement ;
- le système nerveux autonome (ou végétatif) : il règle automatiquement, sans intervention de la volonté, le fonctionnement des organes internes : cœur, vaisseaux, poumons, tube digestif, glandes, vessie.
Le système nerveux autonome : sympathique et parasympathique
Le système autonome comprend deux branches aux effets le plus souvent opposés, qui s’équilibrent en permanence :
| Système sympathique | Système parasympathique | |
|---|---|---|
| Situation | Action, stress, danger (« combat ou fuite ») | Repos, digestion, récupération |
| Cœur | Accélère, contracte plus fort | Ralentit |
| Vaisseaux | Resserre la plupart (tension monte) | Contribue à la baisse de tension |
| Bronches | Dilate | Resserre |
| Pupilles | Dilate | Contracte |
| Digestion | Ralentit | Stimule |
| Médiateur principal | Noradrénaline (et adrénaline) | Acétylcholine |
| Nerf emblématique | Chaîne de ganglions le long de la colonne | Nerf vague (10e nerf crânien) |
Le neurone, cellule du système nerveux
Le neurone est une cellule spécialisée dans la transmission de signaux. Il comporte :
- un corps cellulaire, qui contient le noyau ;
- des dendrites, courtes ramifications qui reçoivent les signaux d’autres neurones ;
- un axone, prolongement unique, parfois long de plus d’un mètre (de la moelle épinière jusqu’aux orteils), qui transmet le signal ; il est souvent entouré d’une gaine isolante, la myéline.
Les neurones sont soutenus et nourris par les cellules gliales, aussi nombreuses qu’eux. Pour en savoir plus sur la cellule en général, voir la cellule.
Comment circule l’influx nerveux
- Un stimulus (chaleur, pression, lumière) active un récepteur sensoriel.
- Le neurone génère un potentiel d’action : une brève inversion de la charge électrique de sa membrane, due à des mouvements d’ions sodium et potassium.
- Ce signal se propage le long de l’axone. Grâce à la myéline, il « saute » d’un point à l’autre et peut atteindre une vitesse de l’ordre de 100 mètres par seconde dans les fibres les plus rapides.
- À l’extrémité de l’axone, la synapse : le signal électrique provoque la libération de neurotransmetteurs (acétylcholine, dopamine, sérotonine, glutamate, GABA…) qui traversent un espace minuscule et activent ou inhibent le neurone suivant, ou un muscle.
Les réflexes
Certaines réponses ne passent pas par le cerveau conscient : ce sont les réflexes. Quand le médecin frappe le tendon sous le genou, le signal monte à la moelle épinière, qui renvoie directement l’ordre de contraction à la cuisse : la jambe se lève avant même que l’on en ait conscience. Retirer sa main d’une plaque brûlante relève du même principe. Ce raccourci protège l’organisme en gagnant un temps précieux.
Quand le système nerveux est atteint
| Atteinte | Exemples | Fiche |
|---|---|---|
| Vasculaire | AVC, accident ischémique transitoire | AVC |
| Électrique | Épilepsie, convulsions | Crise d’épilepsie |
| Traumatique | Commotion, traumatisme de la moelle | Commotion cérébrale |
| Réflexe | Malaise vagal, syncope | Syncope |
| Dégénérative | Maladies d’Alzheimer, de Parkinson | — |
| Inflammatoire | Sclérose en plaques | — |
| Périphérique | Neuropathie diabétique, sciatique, syndrome du canal carpien | — |
Tout trouble neurologique brutal (paralysie, trouble de la parole, perte de vision, convulsions, perte de connaissance) impose d’appeler le 15 ou le 112 (911 au Québec).
Questions fréquentes
Combien de neurones le système nerveux contient-il ?
Le cerveau humain contient à lui seul environ 86 milliards de neurones, selon les estimations les plus citées. Le système nerveux de l’intestin, parfois appelé « deuxième cerveau », en compte plusieurs centaines de millions.
Quelle est la différence entre système nerveux central et périphérique ?
Le système nerveux central (encéphale et moelle épinière) intègre les informations et prend les décisions. Le système nerveux périphérique (nerfs et ganglions) transporte les informations entre le centre et le reste du corps.
Les neurones se renouvellent-ils ?
La plupart des neurones ne se divisent pas après la naissance, mais une production limitée de nouveaux neurones existe dans certaines régions chez l’adulte. Surtout, le cerveau reste capable de créer de nouvelles connexions toute la vie : c’est la plasticité cérébrale, sur laquelle repose l’apprentissage (voir mémoire).
À quoi sert le nerf vague ?
Il ralentit le cœur, stimule la digestion et participe à de nombreux réflexes (toux, déglutition, vomissement). Sa suractivation réflexe est à l’origine du malaise vagal.