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Santé et secours · Maladies courantes

Les maladies génétiques

Une maladie génétique est due à une anomalie d’un ou plusieurs gènes, ou d’un chromosome. Certaines se transmettent des parents aux enfants selon des règles précises ; d’autres apparaissent par une mutation nouvelle.

Mis à jour le 4 min de lecture

On recense plusieurs milliers de maladies génétiques, la plupart rares. Elles sont au programme de SVT au collège (hérédité, 3e en France) et au lycée, où l’on apprend à lire un arbre généalogique pour déterminer le mode de transmission. Leur étude s’appuie sur les notions de gène, d'allèle et de chromosome.

Les grandes familles

TypeOrigineExemples
Maladies monogéniquesMutation d’un seul gèneMucoviscidose, drépanocytose, hémophilie, myopathie de Duchenne, maladie de Huntington
Maladies chromosomiquesNombre ou structure anormale des chromosomesTrisomie 21, syndrome de Turner, syndrome de Klinefelter
Maladies multifactoriellesPlusieurs gènes de prédisposition et l’environnementDiabète de type 2, nombreuses maladies cardiovasculaires

Les cancers résultent eux aussi de mutations, mais celles-ci surviennent le plus souvent dans les cellules d’un organe au cours de la vie et ne sont pas transmises aux enfants (voir cancer : généralités).

Quatre exemples à connaître

  • Mucoviscidose : l’une des maladies génétiques graves les plus fréquentes chez les populations d’origine européenne. Une mutation du gène CFTR produit un mucus épais qui encombre les bronches et le tube digestif. Transmission récessive : il faut deux allèles mutés. Elle est recherchée au dépistage néonatal en France.
  • Drépanocytose : une mutation du gène de l’hémoglobine déforme les globules rouges en faucille, provoquant anémie et crises douloureuses. Transmission récessive. C’est la maladie génétique la plus fréquente en France, particulièrement chez les personnes originaires d’Afrique subsaharienne, des Antilles ou du bassin méditerranéen.
  • Hémophilie : déficit d’un facteur de coagulation. Le gène est sur le chromosome X : transmission récessive liée à l’X, la maladie touche presque exclusivement les garçons.
  • Trisomie 21 : présence de trois chromosomes 21 au lieu de deux. Elle n’est généralement pas héritée : elle résulte le plus souvent d’une erreur lors de la méiose, dont la fréquence augmente avec l’âge maternel. Elle s’observe sur un caryotype.

Les modes de transmission

ModeRègleIndices sur un arbre généalogique
Autosomique récessifIl faut deux allèles mutés ; les parents sont souvent porteurs sainsDes enfants malades de parents sains ; la maladie peut « sauter » des générations
Autosomique dominantUn seul allèle muté suffitChaque malade a en général un parent malade ; présent à chaque génération
Récessif lié à l’XAllèle muté sur le X ; un garçon (XY) n’a qu’un XSurtout des garçons atteints, mères souvent porteuses saines

Pour deux parents porteurs sains d’une maladie récessive, le risque pour chaque enfant est de 1 sur 4 d’être malade, 1 sur 2 d’être porteur sain et 1 sur 4 de ne porter aucun allèle muté. On le montre avec un échiquier de croisement, comme dans les lois de Mendel.

Schéma décrit : lire un arbre généalogique

Les conventions sont les suivantes :

  • un carré représente un homme, un rond une femme ;
  • un symbole noirci indique une personne malade, un symbole blanc une personne saine ;
  • un trait horizontal relie deux parents ; un trait vertical descend vers leurs enfants, alignés sur une ligne horizontale ;
  • les générations sont numérotées en chiffres romains (I, II, III), les individus en chiffres arabes de gauche à droite.

Le premier réflexe : chercher un enfant malade né de deux parents sains. Si on en trouve un, l’allèle de la maladie est forcément récessif, puisque les parents le portaient sans être malades.

Diagnostic, conseil et traitement

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, des analyses et des tests génétiques, toujours prescrits et expliqués par un médecin. Les familles concernées peuvent bénéficier d’une consultation de conseil génétique. Il n’existe le plus souvent pas de guérison, mais de nombreux traitements améliorent beaucoup la qualité et l’espérance de vie (kinésithérapie et nouveaux médicaments dans la mucoviscidose, facteurs de coagulation dans l’hémophilie). Les thérapies géniques, et des outils comme CRISPR-Cas9, commencent à apporter des traitements pour certaines maladies.

Erreurs fréquentes

  • Confondre génétique et héréditaire : une maladie génétique peut apparaître sans antécédent familial.
  • Croire qu’une maladie récessive ne peut pas toucher l’enfant de parents sains : c’est au contraire la situation typique.
  • « 1 sur 4 » signifie qu’un enfant sur quatre de la famille sera malade : c’est une probabilité pour chaque naissance, indépendante des précédentes.
  • Penser que la trisomie 21 est héréditaire dans la plupart des cas : elle est le plus souvent accidentelle.

Exercice corrigé

Énoncé. Paul et Julie sont en bonne santé. Leur premier enfant est atteint de mucoviscidose. Quel est le mode de transmission ? Quel est le risque pour leur prochain enfant ?

Corrigé.

  • Un enfant malade est né de deux parents sains : l’allèle responsable est récessif. Chaque parent porte un allèle normal (N) et un allèle muté (m) : ils sont hétérozygotes N//m.
  • Chaque parent transmet N ou m avec une probabilité de 1/2.
  • Échiquier : N//N (1/4, sain non porteur), N//m (1/2, sain porteur), m//m (1/4, malade).
  • Pour chaque nouvel enfant, le risque d’être atteint est de 1/4, quel que soit l’état des enfants précédents.

Questions fréquentes

Peut-on savoir si l’on est porteur sain ?

Dans certaines situations (antécédents familiaux, conjoint porteur), un test génétique peut être proposé après une consultation de génétique médicale.

Les maladies génétiques sont-elles toutes rares ?

Chacune est souvent rare, mais elles sont nombreuses : prises ensemble, les maladies rares, majoritairement d’origine génétique, concernent environ 3 millions de personnes en France.

Le dépistage néonatal, c’est quoi ?

En France, un prélèvement de quelques gouttes de sang au talon du nouveau-né permet de dépister plusieurs maladies graves, dont la mucoviscidose et, de façon généralisée depuis peu, la drépanocytose, pour les traiter précocement.

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