Santé et secours · Maladies courantes
Allergies saisonnières (rhume des foins)
Les allergies saisonnières sont une réaction excessive du système immunitaire aux pollens : éternuements, nez qui coule et yeux qui piquent reviennent chaque année. Elles se soulagent bien, parfois par désensibilisation.
Mis à jour le 4 min de lecture
La rhinite allergique saisonnière, ou « rhume des foins », est l’allergie la plus répandue. En France, la rhinite allergique toucherait jusqu’à une personne sur quatre et sa fréquence a fortement augmenté en quelques décennies. Elle survient chaque année aux mêmes périodes, quand les plantes auxquelles on est sensible libèrent leur pollen. Elle n’est pas grave en soi, mais altère le sommeil, la concentration et la qualité de vie, et s’associe souvent à un asthme, qu’elle peut déclencher ou aggraver.
Causes et facteurs de risque
- pollens transportés par le vent : arbres, graminées, herbacées ;
- terrain atopique familial (allergies, asthme, eczéma) ;
- pollution de l’air, qui irrite les muqueuses et rend certains pollens plus allergisants ;
- réchauffement climatique, qui allonge les saisons polliniques et étend l’aire de certaines plantes comme l’ambroisie (voir réchauffement climatique).
Le calendrier des pollens en France métropolitaine
| Période (indicative) | Pollens principaux |
|---|---|
| Janvier à mars | Cyprès (Sud), noisetier, aulne |
| Mars à mai | Bouleau (Nord et Est surtout), frêne, chêne, platane |
| Mai à juillet | Graminées (pollens les plus fréquemment en cause), olivier (Sud) |
| Juillet à septembre | Pariétaire, armoise, ambroisie (vallée du Rhône notamment) |
Les dates varient selon les régions et les années. Le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) publie des bulletins et des niveaux de risque allergique. Au Québec, l’herbe à poux (ambroisie) est le principal allergène de fin d’été.
Symptômes
- éternuements en salves ;
- nez qui coule clair, nez bouché, démangeaisons du nez et du palais ;
- yeux rouges, qui piquent et pleurent (voir conjonctivite) ;
- toux sèche, gêne respiratoire, sifflements en cas d’asthme associé ;
- fatigue, troubles du sommeil.
Les symptômes s’aggravent à l’extérieur, par temps sec et venteux, et s’atténuent après la pluie. À la différence d’un rhume, il n’y a pas de fièvre et les symptômes durent tant que le pollen circule.
Allergie croisée
Certaines personnes allergiques au pollen de bouleau ressentent des démangeaisons de la bouche en mangeant des pommes, des noisettes ou des cerises crues : c’est le syndrome oral, lié à une ressemblance entre protéines.
Quand consulter
Consultez un médecin si les symptômes sont gênants, s’ils reviennent chaque année, s’ils ne sont pas soulagés par les traitements conseillés par le pharmacien, ou en cas de toux, de sifflements ou d’essoufflement pouvant révéler un asthme.
Diagnostic
Il repose sur l’interrogatoire (saisonnalité, symptômes) et, chez l’allergologue, sur des tests cutanés (prick tests) : une goutte d’extrait de pollen est déposée sur l’avant-bras, puis la peau est légèrement piquée ; une réaction apparaît en 15 à 20 minutes en cas de sensibilisation. Un dosage des IgE spécifiques dans le sang peut compléter. Une recherche d’asthme associé est conseillée.
Traitements
- Antihistaminiques par voie orale, en spray nasal ou en collyre, sur conseil d’un médecin ou d’un pharmacien ;
- corticoïdes en spray nasal, efficaces sur la congestion lorsqu’ils sont utilisés régulièrement pendant la saison ;
- lavages de nez au sérum physiologique, qui éliminent les pollens ;
- désensibilisation (immunothérapie allergénique), par comprimés ou gouttes sous la langue ou par injections : elle habitue progressivement l’organisme à l’allergène, sur 3 à 5 ans, et peut réduire durablement les symptômes et le risque d’asthme. Elle est prescrite par un allergologue.
Les sprays nasaux vasoconstricteurs ne doivent être utilisés que quelques jours et sur avis, et les décongestionnants oraux contenant de la pseudoéphédrine sont déconseillés par l’ANSM.
Limiter l’exposition
- consulter les bulletins polliniques et éviter les activités extérieures intenses les jours de forte concentration ;
- aérer tôt le matin ou tard le soir ;
- se rincer les cheveux le soir, changer de vêtements en rentrant ;
- ne pas faire sécher le linge dehors en pleine saison ;
- garder les fenêtres fermées en voiture.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Adultes atteints de rhinite allergique en France | 10 à 30 % selon les études | Assurance maladie, Inserm |
| Pollens les plus fréquemment en cause | graminées | RNSA |
| Durée d’une désensibilisation | 3 à 5 ans | Sociétés d’allergologie |
Questions fréquentes
Peut-on devenir allergique à l’âge adulte ?
Oui. Une allergie peut apparaître à tout âge, y compris après un déménagement dans une région où d’autres pollens circulent.
Les allergies disparaissent-elles avec l’âge ?
Elles diminuent parfois chez la personne âgée, mais persistent souvent sans traitement. La désensibilisation est le seul traitement qui agit sur la cause.
Les antihistaminiques font-ils dormir ?
Les plus anciens, oui. Les antihistaminiques récents provoquent beaucoup moins de somnolence, mais la prudence reste de mise au volant au début du traitement.
Est-ce une allergie ou un rhume ?
L’allergie revient chaque année à la même saison, sans fièvre, avec des démangeaisons des yeux et du nez. Le rhume dure une semaine et peut donner de la fièvre.