Santé et secours · Maladies courantes
VIH et sida
Le VIH est le virus de l’immunodéficience humaine ; le sida est le stade avancé de l’infection, quand le système immunitaire est très affaibli. Bien traitée, une personne vivant avec le VIH a une espérance de vie proche de la normale.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le VIH est étudié au collège et au lycée comme exemple de virus qui s’attaque au système immunitaire lui-même. Identifié en 1983 à l’Institut Pasteur par l’équipe de Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier (prix Nobel de médecine 2008), il a provoqué l’une des plus graves épidémies de l’histoire récente. Aujourd’hui, environ 40 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde selon l’ONUSIDA.
VIH et sida : ne pas confondre
| VIH | Sida | |
|---|---|---|
| Nature | Un virus | Un stade de la maladie |
| Quand | Dès l’infection | Des années plus tard, sans traitement |
| Diagnostic | Test de dépistage | Baisse importante des lymphocytes T4 et maladies opportunistes |
| Évitable ? | Prévention | Oui : le traitement empêche l’évolution vers le sida |
Comment le virus agit
Le VIH infecte surtout les lymphocytes T4 (ou T CD4), des globules blancs qui coordonnent la réponse immunitaire. Le virus pénètre dans ces cellules, utilise leur machinerie pour se multiplier, puis les détruit.
Schéma décrit : l’évolution sans traitement
Sur un graphique, l’axe horizontal représente le temps en années et l’axe vertical deux courbes :
- Phase de primo-infection (premières semaines) : la quantité de virus dans le sang (charge virale) monte en flèche, le nombre de T4 baisse ; parfois des signes ressemblant à une grippe.
- Phase asymptomatique (souvent plusieurs années) : le système immunitaire contrôle partiellement le virus ; la charge virale est plus basse, mais les T4 diminuent lentement. La personne se sent bien mais peut transmettre le virus.
- Phase sida : les T4 passent sous un seuil critique (moins de 200 par mm³ de sang), la charge virale remonte, des infections et cancers opportunistes apparaissent.
Le traitement interrompt cette évolution : la courbe des T4 remonte et la charge virale devient indétectable.
Comment se transmet le VIH ?
| Se transmet | Ne se transmet pas |
|---|---|
| Rapports sexuels non protégés (vaginaux, anaux, plus rarement oraux) | Poignée de main, bise, câlin |
| Sang : partage de seringues ou de matériel d’injection | Toux, éternuement, salive, larmes, sueur |
| De la mère à l’enfant (grossesse, accouchement, allaitement), sauf traitement | Piqûres de moustique |
| Toilettes, piscine, vaisselle, nourriture partagée |
Le virus est fragile hors du corps : il faut un contact entre un liquide contenant beaucoup de virus (sang, sperme, sécrétions vaginales, lait maternel) et une muqueuse ou le sang.
Se protéger : prévention combinée
- Le préservatif, externe ou interne, qui protège aussi des autres IST.
- La PrEP (prophylaxie pré-exposition) : un traitement préventif pris par une personne séronégative exposée à un risque élevé ; prescrite par un médecin.
- Le TPE (traitement post-exposition) : après un risque (rapport non protégé, préservatif rompu, accident avec une seringue), un traitement d’urgence est possible ; il doit être commencé le plus vite possible, idéalement dans les heures qui suivent et au plus tard dans les 48 heures. S’adresser aux urgences d’un hôpital.
- Le matériel d’injection stérile et non partagé.
- Le traitement des personnes séropositives, qui empêche la transmission.
Il n’existe pas de vaccin contre le VIH à ce jour (voir fonctionnement des vaccins).
Dépistage et traitement
Le dépistage se fait par prise de sang en laboratoire (gratuit sans ordonnance en France), dans les CeGIDD, ou par autotest vendu en pharmacie. Un test négatif n’exclut pas une infection très récente : les délais sont précisés par les professionnels.
Les traitements antirétroviraux, généralisés depuis le milieu des années 1990 (trithérapies), bloquent la multiplication du virus. Ils ne l’éliminent pas : ils se prennent à vie, souvent sous forme d’un comprimé par jour.
Erreurs fréquentes
- Dire « avoir le sida » pour toute personne séropositive : la plupart des personnes traitées n’atteignent jamais le stade sida.
- Croire que le moustique transmet le VIH : c’est faux.
- Penser que le VIH tue directement : ce sont les maladies opportunistes qui sont dangereuses, à cause de l’immunité effondrée.
- Croire qu’un traitement guérit : il contrôle le virus, sans l’éliminer.
Exercice corrigé
Énoncé. Explique pourquoi une personne au stade sida peut mourir d’une infection qui serait bénigne chez une autre personne.
Corrigé.
- Le VIH détruit les lymphocytes T4, qui coordonnent la réponse immunitaire.
- Au stade sida, ces lymphocytes sont trop peu nombreux : l’organisme ne parvient plus à se défendre contre les microbes.
- Des microbes habituellement contrôlés sans difficulté se multiplient alors librement : ce sont les maladies opportunistes, qui peuvent être mortelles.
Questions fréquentes
Peut-on avoir des enfants quand on est séropositif ?
Oui. Avec un traitement efficace et un suivi médical, le risque de transmission à l’enfant devient très faible, et la transmission au partenaire est évitée lorsque la charge virale est indétectable.
Les symptômes permettent-ils de savoir si on est infecté ?
Non : les signes de primo-infection sont inconstants et peu spécifiques. Seul un test permet de le savoir.
Où trouver de l’aide ?
Auprès d’un médecin, d’un CeGIDD ou d’associations de lutte contre le VIH. En France, Sida Info Service propose une ligne d’écoute.