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Santé et secours · Maladies courantes

BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)

La BPCO est une maladie respiratoire chronique qui rétrécit les bronches et détruit progressivement les poumons, le plus souvent à cause du tabac. Toux, crachats et essoufflement en sont les signes ; l’arrêt du tabac freine son évolution.

Mis à jour le 4 min de lecture

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie fréquente et largement sous-diagnostiquée : beaucoup de personnes atteintes mettent leur toux sur le compte de la cigarette et leur essoufflement sur celui de l’âge. Elle associe une inflammation chronique des bronches (bronchite chronique) et, souvent, une destruction des alvéoles (emphysème). La perte de souffle qui en résulte est permanente et s’aggrave avec le temps si rien n’est fait. Pour comprendre le fonctionnement normal, voir la fiche respiration.

Causes et facteurs de risque

  • Tabac : de loin la première cause, responsable de la grande majorité des cas dans les pays comme la France ; le risque augmente avec la quantité fumée et la durée.
  • Expositions professionnelles : poussières minérales (mines, BTP), fumées, gaz, poussières végétales en agriculture.
  • Pollution intérieure (fumée de combustion de bois ou de charbon pour cuisiner, cause majeure dans les pays à revenu faible) et extérieure.
  • Infections respiratoires répétées dans l’enfance, asthme ancien mal contrôlé.
  • Une cause génétique rare : le déficit en alpha-1-antitrypsine.

Symptômes

Ils s’installent lentement, après 40 ans le plus souvent :

  • toux chronique, souvent le matin (voir toux) ;
  • crachats (expectorations) fréquents ;
  • essoufflement à l’effort, d’abord en montant les escaliers puis à la marche, puis au repos (voir essoufflement) ;
  • fatigue, perte de poids aux stades avancés.

La maladie évolue par exacerbations : des poussées, souvent déclenchées par une infection, où toux, crachats et essoufflement s’aggravent pendant plusieurs jours.

Quand consulter

Toute personne qui fume ou a fumé, de plus de 40 ans, et qui tousse, crache ou s’essouffle doit en parler à son médecin : un dépistage simple est possible. Une personne atteinte de BPCO doit consulter rapidement si ses crachats changent de couleur, si l’essoufflement augmente ou si une fièvre apparaît.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur la spirométrie (épreuves fonctionnelles respiratoires) : on souffle le plus fort et le plus longtemps possible dans un appareil. Un rapport VEMS/CVF (volume expiré en une seconde rapporté au volume total) inférieur à 0,7 après bronchodilatateur confirme l’obstruction persistante. Le médecin peut d’abord utiliser un mini-spiromètre de dépistage. Une radiographie ou un scanner thoracique, une mesure de l’oxygène dans le sang et un bilan cardiaque complètent l’évaluation.

Stade (classification GOLD)VEMS en % de la valeur attendue
1 – léger≥ 80 %
2 – modéré50 à 79 %
3 – sévère30 à 49 %
4 – très sévère< 30 %

Traitements

On ne guérit pas la BPCO, mais on peut freiner son évolution et améliorer le souffle :

  1. Arrêter de fumer : c’est la seule mesure qui ralentit le déclin de la fonction respiratoire, à tout stade. Des aides efficaces existent (voir arrêt du tabac).
  2. Bronchodilatateurs inhalés de longue durée d’action, parfois associés ; des corticoïdes inhalés pour certains patients ayant des exacerbations fréquentes.
  3. Réhabilitation respiratoire : programme de réentraînement à l’effort, kinésithérapie, éducation thérapeutique ; elle améliore nettement l’essoufflement et la qualité de vie.
  4. Vaccinations contre la grippe, le pneumocoque, le Covid-19 et le VRS selon les recommandations, pour limiter les exacerbations.
  5. Oxygénothérapie à domicile ou ventilation aux stades avancés ; plus rarement chirurgie ou greffe.

Prévention

Ne pas fumer, ou arrêter le plus tôt possible, est la prévention principale. Se protéger des poussières et vapeurs au travail, aérer en cas de chauffage au bois, et maintenir une activité physique régulière (voir activité physique) complètent la prévention.

Chiffres clés

IndicateurValeurSource
Personnes atteintes en Franceenviron 3,5 millions (estimation)Santé publique France, HAS
Part des personnes atteintes non diagnostiquéesenviron deux sur troisHAS
Décès dans le mondeenviron 3,5 millions (2021), 4e cause de décèsOMS

Questions fréquentes

La BPCO touche-t-elle seulement les fumeurs ?

Non, même si le tabac est la première cause. Les expositions professionnelles, la pollution et la combustion domestique de biomasse jouent un rôle important, surtout dans le monde.

Arrêter de fumer sert-il encore quand la maladie est installée ?

Oui. Le souffle perdu ne revient pas, mais l’arrêt ralentit nettement la perte et réduit les exacerbations, quel que soit le stade.

La cigarette électronique protège-t-elle de la BPCO ?

Elle est moins nocive que le tabac fumé et peut aider à arrêter, mais elle n’est pas sans effet sur les bronches. L’objectif reste l’arrêt complet de la fumée de tabac.

Quelle différence entre BPCO et bronchite chronique ?

La bronchite chronique désigne une toux avec crachats plusieurs mois par an. Elle fait partie de la BPCO quand elle s’accompagne d’une obstruction bronchique mesurée à la spirométrie.

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