Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Perte de connaissance
Une perte de connaissance est une interruption de la conscience : la personne ne répond plus et ne réagit plus. Le premier réflexe est toujours de vérifier si elle respire.
Mis à jour le 8 min de lecture
Perdre connaissance, c’est perdre momentanément la conscience de soi et de son environnement : la personne s’effondre, ne répond plus aux questions, n’obéit plus aux ordres simples (« ouvrez les yeux », « serrez-moi la main ») et ne se protège plus. Le cerveau ne reçoit plus assez de sang, d’oxygène ou de sucre, ou son activité électrique est perturbée. La perte de connaissance peut durer quelques secondes (la syncope, le plus souvent bénigne) ou se prolonger (on parle alors de coma). Dans tous les cas, c’est un symptôme, pas une maladie : il faut en chercher la cause.
Comment reconnaître une perte de connaissance
Une personne qui a perdu connaissance :
- ne répond pas quand on lui parle fort, même à l’oreille ;
- ne réagit pas quand on lui demande de serrer la main ou d’ouvrir les yeux ;
- est généralement affalée, molle (perte du tonus musculaire) ;
- peut respirer normalement, respirer de façon anormale (gasps, respiration bruyante et irrégulière) ou ne plus respirer du tout.
À l’inverse, une personne qui se sent mal, pâlit, transpire mais répond n’a pas perdu connaissance : on parle de malaise sans perte de connaissance (voir malaise sans perte de connaissance : que faire). La sensation d’évanouissement imminent sans perte de conscience complète s’appelle une lipothymie.
Que faire face à une personne qui a perdu connaissance
Les gestes ci-dessous suivent les recommandations enseignées en France par la Croix-Rouge, la Protection civile et les sapeurs-pompiers (formation PSC1).
- Protéger. Assurez-vous que vous ne courez aucun danger (circulation, électricité, feu, gaz). Si un danger persiste et que vous ne pouvez pas le supprimer, dégagez la victime uniquement si c’est possible sans risque.
- Apprécier la conscience. Parlez-lui fort, demandez-lui de serrer votre main, d’ouvrir les yeux. Pas de réponse, pas de réaction : elle est inconsciente.
- Appeler à l’aide. Criez pour attirer quelqu’un qui pourra alerter les secours ou aller chercher un défibrillateur.
- Libérer les voies aériennes. Allongez-la sur le dos, desserrez col, cravate, ceinture. Placez une main sur le front, deux doigts de l’autre main sous la pointe du menton, et basculez doucement la tête en arrière en élevant le menton.
- Vérifier la respiration pendant 10 secondes au maximum. Penchez-vous, joue au-dessus de sa bouche, regardez si le ventre et la poitrine se soulèvent, écoutez et sentez le souffle.
- Elle respire normalement : placez-la en position latérale de sécurité, puis appelez le 15 (ou le 112, le 911 au Québec). Surveillez sa respiration en continu jusqu’à l’arrivée des secours.
- Elle ne respire pas ou respire anormalement : c’est un arrêt cardiaque. Faites appeler (ou appelez vous-même, haut-parleur activé) le 15 ou le 112, faites apporter un défibrillateur (DAE) et commencez immédiatement le massage cardiaque : 30 compressions au centre de la poitrine, 5 à 6 cm de profondeur, 100 à 120 par minute.
- Ne la laissez jamais seule et suivez les consignes du médecin régulateur au téléphone.
Pour le message à transmettre (adresse, nombre de victimes, état), voir comment alerter les secours.
Si la personne reprend connaissance rapidement
Une perte de connaissance de quelques secondes suivie d’un réveil complet correspond souvent à une syncope, par exemple un malaise vagal. Même dans ce cas :
- laissez la personne allongée, jambes surélevées si elle n’est pas blessée ;
- ne la relevez pas trop vite (risque de récidive) ;
- posez-lui des questions : se souvient-elle de la chute, a-t-elle mal quelque part, est-elle diabétique, prend-elle des médicaments ?
- appelez le 15 pour un avis médical : c’est le médecin régulateur qui décide si une prise en charge immédiate est nécessaire.
Toute première perte de connaissance doit être signalée à un médecin, même si tout semble rentré dans l’ordre.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas donner à boire ni à manger à une personne inconsciente ou mal réveillée (risque de fausse route).
- Ne pas la gifler, l’asperger d’eau froide ou la secouer, surtout après une chute (risque de lésion de la colonne vertébrale).
- Ne pas la redresser en position assise ou debout tant qu’elle n’a pas complètement récupéré.
- Ne pas la laisser sur le dos si elle respire mais reste inconsciente : sa langue ou ses vomissements peuvent obstruer ses voies aériennes.
- Ne pas lui mettre quoi que ce soit dans la bouche, même en cas de convulsions.
- Ne pas attendre « pour voir » avant d’appeler si elle ne respire pas : chaque minute sans massage cardiaque réduit les chances de survie d’environ 10 %.
Quand appeler le 15, le 112 ou le 18 ?
| Situation | Numéro | Urgence |
|---|---|---|
| Inconscient, ne respire pas ou respire anormalement | 15 ou 112 (911 au Québec) | Vitale : massage cardiaque immédiat |
| Inconscient qui respire | 15 ou 112 | Vitale : PLS et surveillance |
| Perte de connaissance après un choc à la tête | 15 | Urgente : risque de commotion cérébrale ou d’hématome |
| Perte de connaissance avec douleur thoracique, palpitations ou essoufflement | 15 | Urgente : cause cardiaque possible |
| Perte de connaissance à l’effort | 15 | Urgente : cause cardiaque possible |
| Réveil rapide et complet, cause évidente (chaleur, émotion, prise de sang) | 15 pour avis | Avis médical |
| Accident, incendie, victime incarcérée | 18 ou 112 | Pompiers |
| Personne sourde ou malentendante | 114 (SMS) | Toutes urgences |
Au Québec, pour un avis santé non urgent, le 811 (Info-Santé) répond 24 h sur 24.
Les causes d’une perte de connaissance
Les causes sont nombreuses ; seul un médecin peut déterminer celle qui est en jeu, en s’appuyant sur le témoignage de l’entourage, l’examen et un électrocardiogramme.
| Famille de causes | Exemples | Ce qui oriente |
|---|---|---|
| Réflexe (vasovagale) | Malaise vagal : douleur, émotion, chaleur, station debout prolongée | Signes annonciateurs (nausée, sueurs, vue trouble), réveil rapide |
| Baisse de tension en se levant | Hypotension orthostatique, déshydratation, médicaments | Survient au lever, chez la personne âgée ou traitée |
| Cardiaque | Trouble du rythme, rétrécissement aortique, infarctus | Sans prodrome, à l’effort, en position allongée, palpitations |
| Métabolique | Hypoglycémie chez le diabétique traité | Sueurs, tremblements, faim, confusion |
| Neurologique | Crise d’épilepsie, AVC | Convulsions, morsure de langue, confusion prolongée, paralysie |
| Traumatique | Choc à la tête, commotion cérébrale | Chute, coup, accident de sport |
| Toxique | Alcool, drogues, médicaments, monoxyde de carbone | Contexte, plusieurs victimes au même endroit |
| Environnementale | Coup de chaleur, noyade, hypothermie | Contexte évident |
Perte de connaissance brève : le plus souvent une syncope
La grande majorité des pertes de connaissance brèves sont des syncopes réflexes, bénignes. Ce qui doit inquiéter, ce sont les signes d’une origine cardiaque : perte de connaissance brutale sans aucun signe annonciateur, à l’effort, en position allongée, précédée de palpitations ou d’une douleur dans la poitrine, ou survenant chez une personne ayant une maladie cardiaque ou des antécédents familiaux de mort subite. Ces situations sont détaillées dans la fiche perte de connaissance brusque.
Perte de connaissance prolongée : une urgence
Au-delà de quelques minutes, on parle de coma. Les secours évaluent sa profondeur avec l'échelle de Glasgow. Les causes sont alors souvent graves : traumatisme crânien, AVC, intoxication, hypoglycémie profonde, arrêt cardiaque récupéré.
Ce qui se passe ensuite : examens médicaux
Après une perte de connaissance, le médecin cherche d’abord à éliminer une cause grave. Le bilan de base comporte :
- l’interrogatoire du patient et surtout des témoins : circonstances, durée, mouvements anormaux, couleur du visage, récupération ;
- l’examen clinique avec mesure de la tension allongé puis debout ;
- un électrocardiogramme (ECG), systématique ;
- selon le cas : prise de sang (glycémie, ionogramme), échographie cardiaque, Holter (enregistrement du rythme sur 24 heures ou plus), test d’inclinaison (tilt-test), scanner cérébral, électroencéphalogramme.
Prévention
- Éviter les situations déclenchantes connues (station debout prolongée, chaleur, jeûne) si l’on a déjà fait des malaises vagaux.
- S’allonger ou s’asseoir dès les premiers signes de malaise (voile noir, sueurs, nausée) : cela suffit souvent à éviter la perte de connaissance et la chute.
- Bien s’hydrater, surtout en cas de chaleur ou d’effort.
- Se lever progressivement le matin, en particulier chez la personne âgée ou sous traitement antihypertenseur.
- Pour les personnes diabétiques : connaître les signes d’hypoglycémie et avoir toujours du sucre sur soi.
- Se former aux gestes qui sauvent : savoir reconnaître une victime inconsciente et pratiquer le massage cardiaque double les chances de survie lors d’un arrêt cardiaque.
Questions fréquentes
Combien de temps peut durer une perte de connaissance ?
Une syncope dure en général quelques secondes à moins d’une minute, avec un réveil complet. Une perte de connaissance qui se prolonge au-delà de quelques minutes, ou suivie d’une confusion persistante, est une urgence : appelez le 15 ou le 112.
Quelle est la différence entre perte de connaissance et malaise ?
Le malaise est une sensation de mal-être (vertige, sueurs, faiblesse) au cours de laquelle la personne reste consciente. La perte de connaissance implique que la personne ne répond plus. Un malaise peut évoluer vers une perte de connaissance.
Faut-il consulter après une perte de connaissance qui a duré quelques secondes ?
Oui. Même brève et suivie d’une récupération complète, une première perte de connaissance justifie un avis médical, ne serait-ce que pour réaliser un électrocardiogramme et écarter une cause cardiaque.
Peut-on conduire après une perte de connaissance ?
Pas avant d’avoir consulté. En France, certaines causes de perte de connaissance (épilepsie, syncopes répétées d’origine cardiaque) sont incompatibles avec la conduite tant qu’elles ne sont pas contrôlées ; c’est le médecin qui indique si la conduite est possible.
Que veut dire l’expression « perdre connaissance » ?
Elle signifie s’évanouir. Le mot connaissance y garde son sens ancien de conscience, comme dans « reprendre connaissance ». Voir la définition du mot connaissance.