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Santé et secours · Maladies courantes

Polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques : une maladie auto-immune qui fait gonfler et raidir plusieurs articulations. Traitée tôt, elle est bien contrôlée.

Mis à jour le 4 min de lecture

La polyarthrite rhumatoïde (PR) touche environ 0,3 à 0,8 % de la population adulte, en majorité des femmes (environ trois pour un homme), le plus souvent entre 40 et 60 ans, mais elle peut débuter à tout âge. Le système immunitaire s’attaque à la membrane synoviale, qui tapisse l’intérieur des articulations. Cette membrane s’épaissit, s’enflamme et produit des substances qui, sans traitement, détruisent progressivement le cartilage et l’os. Les traitements apparus depuis les années 2000 ont transformé le pronostic : l’objectif est désormais la rémission.

Causes et facteurs de risque

La cause précise est inconnue. La maladie résulte d’une interaction entre :

  • une prédisposition génétique (certains gènes HLA) ;
  • le tabac, principal facteur d’environnement connu, qui augmente le risque et la sévérité ;
  • des facteurs hormonaux (plus fréquente chez la femme) ;
  • des facteurs infectieux et liés au microbiote, notamment une inflammation des gencives (parodontite), encore étudiés.

Symptômes

Au début

  • douleurs et gonflements de plusieurs petites articulations, en général de façon symétrique : poignets, articulations à la base des doigts, articulations moyennes des doigts, avant-pieds ;
  • raideur matinale prolongée, difficulté à fermer le poing ;
  • douleurs qui réveillent en deuxième partie de nuit ;
  • fatigue importante (voir fatigue chronique), parfois petite fièvre, amaigrissement.

Sans traitement

Les articulations s’abîment et se déforment (doigts déviés vers l’extérieur, en « col de cygne »). D’autres articulations peuvent être touchées (genoux, épaules, chevilles, colonne cervicale). Des manifestations hors des articulations sont possibles : nodules sous la peau, sécheresse des yeux et de la bouche, atteintes pulmonaires. Le risque cardiovasculaire est augmenté.

Quand consulter

Consultez votre médecin si au moins trois articulations sont gonflées, si vous avez mal en serrant les mains ou l’avant-pied, ou si la raideur dure plus de 30 minutes au réveil depuis plusieurs semaines. Une prise en charge par un rhumatologue dans les premiers mois améliore nettement l’évolution : c’est la « fenêtre d’opportunité ».

Diagnostic

Il repose sur un faisceau d’arguments, évalués par le rhumatologue selon des critères internationaux :

  • examen clinique des articulations ;
  • prise de sang : marqueurs d’inflammation (vitesse de sédimentation, CRP), facteur rhumatoïde et surtout anticorps anti-CCP, très spécifiques ; ils peuvent être absents ;
  • imagerie : radiographies des mains et des pieds, échographie articulaire, qui détecte l’inflammation tôt.

Traitements

TraitementRôle
Traitement de fond conventionnel (le méthotrexate en premier lieu)Contrôler l’inflammation et prévenir les lésions articulaires
Biothérapies (anti-TNF et autres) et inhibiteurs de JAKEn cas de réponse insuffisante au traitement conventionnel
Corticoïdes à faible dose, sur une courte périodeSoulager en attendant l’effet du traitement de fond
Antalgiques, anti-inflammatoiresSoulager la douleur, sur prescription
Kinésithérapie, ergothérapie, activité physique adaptéePréserver la mobilité, protéger les articulations
ChirurgieCorriger des déformations installées, rarement nécessaire aujourd’hui

Le traitement vise la rémission ou une activité minimale de la maladie, contrôlée régulièrement et ajustée (« stratégie treat-to-target »). Il nécessite une surveillance biologique et une mise à jour des vaccinations (grippe, pneumocoque, Covid-19, zona selon les recommandations). Une grossesse se prépare avec le rhumatologue, car certains traitements, dont le méthotrexate, sont contre-indiqués.

Vivre avec la maladie

L’arrêt du tabac (voir arrêt du tabac), une activité physique régulière (voir activité physique), la surveillance du risque cardiovasculaire et des soins dentaires réguliers améliorent l’évolution. L’éducation thérapeutique et les associations de patients aident à gérer la fatigue, la douleur et la vie professionnelle.

Chiffres clés

IndicateurValeurSource
Population adulte touchée0,3 à 0,8 %Société française de rhumatologie
Rapport femmes/hommesenviron 3 pour 1Société française de rhumatologie
Personnes atteintes dans le mondeenviron 18 millions (2019)OMS

Questions fréquentes

La polyarthrite rhumatoïde se guérit-elle ?

On ne la guérit pas définitivement, mais une rémission durable est souvent obtenue avec les traitements actuels. Chez certains patients en rémission prolongée, le traitement peut être allégé.

Est-elle héréditaire ?

Il existe une prédisposition génétique, mais le risque pour les enfants d’une personne atteinte reste faible.

L’alimentation joue-t-elle un rôle ?

Aucun régime ne guérit la maladie. Une alimentation de type méditerranéen est conseillée pour la santé cardiovasculaire, souvent fragilisée.

Quelle différence avec le rhumatisme psoriasique ?

Le rhumatisme psoriasique accompagne un psoriasis, touche souvent les articulations de façon asymétrique, les doigts entiers et la colonne, et les anticorps de la polyarthrite sont absents.

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