Santé et secours · Maladies courantes
Obésité
L’obésité est une maladie chronique définie par un excès de masse grasse nuisible à la santé ; chez l’adulte, elle correspond à un IMC d’au moins 30. Ses causes sont multiples et dépassent la simple volonté.
Mis à jour le 4 min de lecture
L'obésité est reconnue comme une maladie chronique par l’Organisation mondiale de la santé. Sa fréquence a fortement augmenté depuis les années 1980 dans la plupart des pays. Elle n’est pas un simple problème de poids ni le résultat d’un manque de volonté : elle résulte de l’interaction entre la génétique, l’environnement, l’alimentation, l’activité physique, le sommeil, la santé mentale et les conditions sociales. Elle augmente le risque de nombreuses maladies, mais une perte de poids même modeste apporte déjà des bénéfices. La stigmatisation des personnes en situation d’obésité est fréquente et nuit à leur santé comme à leur prise en charge.
L’IMC ne distingue pas le muscle de la graisse. Le tour de taille complète l’évaluation : au-delà de 94 cm chez l’homme et 80 cm chez la femme (seuils européens), la graisse abdominale, la plus néfaste, augmente le risque cardiovasculaire et métabolique.
Causes et facteurs de risque
| Type de facteur | Exemples |
|---|---|
| Génétiques | Prédisposition forte (héritabilité importante), rares formes monogéniques |
| Alimentaires | Aliments très caloriques et ultra-transformés, boissons sucrées, grandes portions |
| Sédentarité | Peu d’activité physique, temps passé assis et devant les écrans |
| Sommeil | Manque de sommeil, horaires décalés (voir besoins de sommeil) |
| Psychologiques | Stress, dépression, troubles du comportement alimentaire, traumatismes |
| Médicaments | Certains antidépresseurs, neuroleptiques, corticoïdes, antiépileptiques |
| Hormonaux | Hypothyroïdie, syndrome des ovaires polykystiques, plus rarement maladies des surrénales |
| Sociaux et environnementaux | Précarité, environnement favorisant la sédentarité, arrêt du tabac sans accompagnement |
Complications
L’obésité augmente le risque de :
- diabète de type 2 (voir diabète de type 2) ;
- hypertension, maladies cardiovasculaires, AVC (voir hypertension) ;
- apnée du sommeil ;
- stéatose hépatique (« foie gras »), pouvant évoluer vers la cirrhose (voir foie) ;
- arthrose des genoux et des hanches (voir arthrose), douleurs du dos ;
- reflux gastro-œsophagien, calculs biliaires ;
- plusieurs cancers (côlon, sein après la ménopause, utérus, rein, foie, pancréas…) ;
- troubles de la fertilité, complications de la grossesse ;
- souffrance psychologique, isolement, discrimination.
Quand consulter
Parlez-en à votre médecin traitant si votre IMC dépasse 30, ou 25 avec un tour de taille élevé ou une maladie associée, ou si vous prenez du poids rapidement. Chez l’enfant, le suivi régulier de la courbe de corpulence dans le carnet de santé permet un repérage précoce, notamment un rebond d’adiposité avant 6 ans.
Diagnostic et bilan
Le médecin mesure le poids, la taille, le tour de taille, la tension artérielle, et prescrit un bilan : glycémie, cholestérol, fonction hépatique, parfois recherche d’apnée du sommeil ou d’une cause hormonale. Il évalue aussi l’histoire du poids, l’alimentation, l’activité physique, le sommeil, le retentissement psychologique et la qualité de vie.
Traitements
La HAS recommande une prise en charge globale, personnalisée et au long cours, coordonnée par le médecin traitant :
- Alimentation : rééquilibrage durable plutôt que régimes restrictifs, qui favorisent l’effet « yo-yo » ; accompagnement par un diététicien (voir alimentation équilibrée) ;
- activité physique adaptée et réduction de la sédentarité (voir activité physique) ;
- accompagnement psychologique, notamment en cas de troubles du comportement alimentaire ;
- médicaments : de nouveaux traitements injectables, analogues du GLP-1 notamment, permettent une perte de poids importante chez certaines personnes ; ils sont prescrits dans des indications précises, avec un suivi médical, et leur effet diminue souvent à l’arrêt ;
- chirurgie bariatrique (sleeve gastrectomie, bypass gastrique), envisagée après échec d’une prise en charge bien conduite, chez l’adulte ayant un IMC ≥ 40, ou ≥ 35 avec une complication ; elle impose un suivi à vie et des suppléments vitaminiques.
Une perte de 5 à 10 % du poids améliore déjà la tension, la glycémie, l’apnée du sommeil et les douleurs articulaires.
Prévention
Promouvoir une alimentation de qualité dès l’enfance, limiter les boissons sucrées et les aliments ultra-transformés, encourager l’activité physique quotidienne et le sommeil, et agir sur l’environnement (cantines, publicité, aménagement urbain). Le Nutri-Score aide à comparer les produits.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Adultes en situation d’obésité en France | environ 17 % (2020) | Étude Obépi-Roche, Ligue contre l’obésité |
| Adultes obèses dans le monde | environ 890 millions (2022), soit 1 adulte sur 8 | OMS |
| Perte de poids apportant des bénéfices | 5 à 10 % | HAS |
Questions fréquentes
L’obésité est-elle une question de volonté ?
Non. Les facteurs génétiques, hormonaux, psychologiques et environnementaux jouent un rôle majeur. Les mécanismes de régulation de l’appétit rendent la perte de poids difficile à maintenir, ce qui justifie un accompagnement médical.
Les régimes font-ils maigrir durablement ?
Les régimes très restrictifs entraînent souvent une reprise de poids, parfois supérieure à la perte initiale. Les changements progressifs et durables sont plus efficaces.
Peut-on être en bonne santé avec une obésité ?
Certaines personnes n’ont pas de complication au moment du bilan, mais le risque augmente avec le temps. Un suivi régulier reste conseillé.
L’IMC est-il fiable pour tout le monde ?
C’est un outil simple mais imparfait : il surestime la masse grasse chez les personnes très musclées et la sous-estime chez certaines personnes âgées. Le tour de taille et l’examen clinique le complètent.