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Histoire · Préhistoire et Antiquité

Constantin Ier

Constantin Ier (v. 272–337) est l’empereur romain qui a favorisé le christianisme, réuni le concile de Nicée en 325 et fondé Constantinople en 330, nouvelle capitale de l’Empire.

Mis à jour le 4 min de lecture

Constantin Ier, dit Constantin le Grand, né vers 272 à Naissus (Niš, en Serbie actuelle) et mort le 22 mai 337 près de Nicomédie, est l’un des empereurs qui ont le plus transformé l'Empire romain. Il met fin aux persécutions, fait du christianisme la religion favorisée par le pouvoir et déplace le centre de l’Empire vers l’Orient en fondant Constantinople, future capitale de l'Empire byzantin.

Fiche d’identité

RepèreDonnée
ParentsConstance Chlore, tétrarque, et Hélène, future sainte Hélène
Proclamation25 juillet 306, à York (Bretagne), par l’armée de son père
Empereur uniquede 324 à 337
CapitaleConstantinople, inaugurée le 11 mai 330
Baptêmesur son lit de mort, en 337
Successeursses trois fils : Constantin II, Constance II et Constant

Un empire divisé : la tétrarchie

À la fin du IIIe siècle, l’empereur Dioclétien partage le pouvoir entre deux Augustes et deux Césars : c’est la tétrarchie. Elle s’effondre après son abdication (305). Quand Constance Chlore meurt en 306, ses soldats proclament son fils Constantin. Suivent près de vingt ans de rivalités entre prétendants.

Le pont Milvius (312)

Le 28 octobre 312, Constantin affronte son rival Maxence, maître de Rome, au pont Milvius, sur le Tibre. Maxence est vaincu et se noie.

Selon les auteurs chrétiens Lactance et Eusèbe de Césarée, Constantin aurait reçu avant la bataille un signe divin, et fait peindre sur les boucliers de ses soldats le chrisme, monogramme du Christ formé des lettres grecques chi et rhô. La formule latine In hoc signo vinces (« Par ce signe tu vaincras ») est associée à ce récit. L’épisode, rapporté de façon différente par les deux auteurs, relève en partie de la construction a posteriori.

L’édit de Milan (313)

Le christianisme ne devient religion officielle unique qu’en 380, sous Théodose Ier. Constantin, lui, favorise l’Église sans interdire le paganisme : il reste pontifex maximus et son monnayage montre longtemps le dieu Soleil invaincu.

Seul maître de l’Empire

L’alliance avec Licinius se rompt. Vainqueur à Andrinople puis à Chrysopolis en 324, Constantin devient le seul empereur, situation inédite depuis quarante ans.

Le concile de Nicée (325)

Une querelle divise alors l’Église : le prêtre Arius d’Alexandrie enseigne que le Fils n’est pas l’égal du Père. Pour rétablir l’unité, Constantin convoque en 325 à Nicée (Iznik, en Turquie) le premier concile œcuménique, réunissant environ 250 à 300 évêques. Le concile condamne l’arianisme et adopte le symbole de Nicée, base du credo chrétien. Il fixe aussi des règles pour le calcul de la date de Pâques.

Constantinople, la « nouvelle Rome »

Constantin choisit l’ancienne cité grecque de Byzance, sur le Bosphore, entre Europe et Asie, au contact des frontières du Danube et de la Perse. Il l’agrandit et l’inaugure le 11 mai 330 sous le nom de Constantinople. Elle reçoit un Sénat, des distributions de blé et des monuments prestigieux. Elle restera capitale de l’Empire romain d’Orient jusqu’en 1453, puis de l'Empire ottoman sous le nom d’Istanbul.

Les autres réformes

  • Monnaie : création du solidus, pièce d’or stable qui circulera pendant des siècles.
  • Armée : distinction entre troupes de frontière et armée mobile d’intervention.
  • Administration : renforcement des préfectures du prétoire, cour hiérarchisée.
  • Société : en 321, le dimanche, « jour du Soleil », devient jour de repos pour les tribunaux et les artisans des villes.
  • Monuments : basiliques Saint-Pierre et du Latran à Rome, église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Ombres du règne et succession

En 326, Constantin fait exécuter son fils aîné Crispus, puis son épouse Fausta, pour des raisons restées obscures. Il se fait baptiser en 337, peu avant sa mort, par l’évêque Eusèbe de Nicomédie, proche des ariens : retarder le baptême était alors fréquent. Ses fils se partagent l’Empire après une purge sanglante de la famille.

Questions fréquentes

Constantin s’est-il vraiment converti au christianisme ?

Il a favorisé l’Église dès 312 et s’est fait baptiser en 337. La sincérité et la chronologie de sa conversion restent débattues, mais son choix chrétien est clair dans la seconde partie du règne.

Constantin a-t-il fait du christianisme la religion officielle ?

Non. Il a accordé la liberté de culte en 313. Le christianisme devient religion d’État sous Théodose, en 380.

Pourquoi Constantinople ?

Pour sa position stratégique sur le Bosphore, proche des frontières menacées et des riches provinces d’Orient.

Constantin est-il un saint ?

Il est vénéré comme saint par les Églises orthodoxes, « égal aux apôtres », mais pas par l’Église catholique latine.

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