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Histoire · Préhistoire et Antiquité

Les hiéroglyphes égyptiens

Les hiéroglyphes sont l’écriture sacrée de l’Égypte antique, utilisée d’environ 3 200 av. J.-C. au IVe siècle. Ils mêlent signes-sons et signes-idées ; Champollion les a déchiffrés en 1822.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les hiéroglyphes sont l’écriture monumentale de l'Égypte antique. Apparus vers 3 200 av. J.-C., en même temps que l’écriture mésopotamienne, ils sont utilisés pendant plus de 3 000 ans : la dernière inscription datée, gravée au temple de Philae, remonte à 394 apr. J.-C. Le mot vient du grec et signifie « gravures sacrées ». Longtemps incompris, ils ont été déchiffrés par le Français Jean-François Champollion en 1822, grâce notamment à la pierre de Rosette.

Comment fonctionnent les hiéroglyphes ?

Les hiéroglyphes ne sont pas une écriture purement en images où chaque dessin vaut un mot. C’est un système mixte qui combine trois types de signes.

Type de signeRôleExemple
Phonogrammes (signes-sons)Notent un, deux ou trois sons (consonnes)La chouette note le son m ; la bouche note r
Idéogrammes (logogrammes)Représentent directement un motLe soleil pour « soleil » (râ)
DéterminatifsNon prononcés, ils indiquent la catégorie du motUn homme assis après un nom de personne ; des jambes pour un verbe de mouvement

L’écriture note seulement les consonnes, pas les voyelles : c’est pourquoi on ne connaît pas exactement la prononciation de l’égyptien ancien. Les égyptologues ajoutent par convention un e entre les consonnes pour lire les mots.

Le sens de lecture

Les hiéroglyphes peuvent s’écrire en lignes ou en colonnes, de droite à gauche ou de gauche à droite. Pour savoir dans quel sens lire, on regarde les signes d’humains et d’animaux : ils regardent vers le début de la ligne. Il n’y a ni espaces entre les mots ni ponctuation.

Le cartouche

Le nom des pharaons est entouré d’un ovale appelé cartouche (mot donné par les soldats de Bonaparte, qui y voyaient la forme d’une cartouche de fusil). Ces cartouches ont joué un rôle clé dans le déchiffrement.

Trois écritures égyptiennes

ÉcritureUsagePériode
HiéroglyphiqueInscriptions des temples, tombes, monumentsVers 3 200 av. J.-C. - 394 apr. J.-C.
HiératiqueForme cursive, plus rapide, à l’encre sur papyrus : textes administratifs et religieuxDès le IIIe millénaire av. J.-C.
DémotiqueÉcriture « populaire », encore plus simplifiée, pour la vie couranteÀ partir du VIIe siècle av. J.-C.

Le copte, dernière forme de la langue égyptienne, s’écrit ensuite avec l’alphabet grec complété de quelques signes. Il survit aujourd’hui comme langue liturgique des chrétiens d’Égypte et a beaucoup aidé Champollion.

Les scribes

Savoir écrire est réservé à une petite minorité, sans doute moins de 5 % de la population. Le scribe apprend pendant des années dans une école, souvent rattachée à un temple ou au palais. Il utilise une palette, des calames (roseaux taillés), de l’encre noire (charbon) et rouge (ocre), et écrit sur du papyrus, des tessons de poterie (ostraca) ou des tablettes. Il tient les comptes, rédige les lois, recense les récoltes et les impôts : c’est un personnage important de l’administration du pharaon.

Le déchiffrement : la pierre de Rosette

Une découverte de l’expédition d’Égypte

En 1799, pendant l’expédition de Bonaparte en Égypte, des soldats découvrent à Rosette (Rachid), dans le delta du Nil, une stèle de granodiorite. Elle porte le même décret (de 196 av. J.-C., en l’honneur du roi Ptolémée V) écrit trois fois : en hiéroglyphes, en démotique et en grec ancien, que les savants savent lire. Récupérée par les Britanniques en 1801, elle est conservée au British Museum à Londres.

Le travail de Champollion

Le Britannique Thomas Young identifie le premier certains signes du nom de Ptolémée. Champollion (1790-1832), qui connaît une dizaine de langues anciennes dont le copte, compare les cartouches de Ptolémée et de Cléopâtre, puis lit ceux de Ramsès et de Thoutmôsis. Il comprend que les hiéroglyphes sont à la fois phonétiques et idéographiques. Il expose sa découverte le 27 septembre 1822 dans la Lettre à M. Dacier. Cette date marque la naissance de l’égyptologie.

Erreurs fréquentes

  • « Un hiéroglyphe = un mot. » Non : la plupart des signes notent des sons.
  • « On lit toujours de gauche à droite. » Non : le plus souvent de droite à gauche, et le sens se repère aux visages.
  • « Champollion a tout compris grâce à la seule pierre de Rosette. » Elle a été essentielle, mais il a aussi utilisé d’autres inscriptions, comme l’obélisque de Philae, et sa connaissance du copte.

Exercice corrigé

Pourquoi la pierre de Rosette a-t-elle permis le déchiffrement des hiéroglyphes ?

  • Parce qu’elle donne le même texte dans trois écritures, dont le grec ancien, que l’on savait lire. En comparant les versions, notamment les noms propres dans les cartouches, on a pu retrouver la valeur des signes.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de hiéroglyphes ?

Environ 700 signes à l’époque classique (Moyen Empire et Nouvel Empire). À la fin de l’Antiquité, sous les Ptolémées, leur nombre dépasse plusieurs milliers.

Qui savait lire les hiéroglyphes ?

Les scribes, les prêtres et une partie des élites. L’immense majorité des Égyptiens, paysans, ne savait ni lire ni écrire.

Quand les hiéroglyphes ont-ils cessé d’être utilisés ?

Leur usage décline avec la christianisation de l’Égypte. La dernière inscription connue date de 394 apr. J.-C., à Philae. Le démotique disparaît au milieu du Ve siècle.

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