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Histoire · Préhistoire et Antiquité

L’Empire perse achéménide

Fondé par Cyrus le Grand vers 550 av. J.-C., l’Empire perse achéménide s’étendait de l’Indus à l’Égypte. Plus vaste empire de l’Antiquité avant Rome, il tombe sous les coups d’Alexandre en 330 av. J.-C.

Mis à jour le 5 min de lecture

L'Empire achéménide tire son nom d’Achéménès, ancêtre légendaire de la dynastie. Né sur le plateau iranien, dans la région du Fars (la Perside des Grecs), il s’impose en une génération comme la première puissance du Proche-Orient. À son apogée, sous Darius Ier (522-486 av. J.-C.), il couvre environ 5 millions de km², de la mer Égée et de l’Égypte jusqu’à la vallée de l’Indus, et réunit des dizaines de peuples. Il dure un peu plus de deux siècles, jusqu’à sa conquête par Alexandre le Grand.

Repères chronologiques

Date (av. J.-C.)Événement
Vers 550Cyrus II renverse le roi des Mèdes Astyage
547-546Conquête de la Lydie et de son roi Crésus
539Prise de Babylone
525Cambyse II conquiert l’Égypte
522Avènement de Darius Ier
Vers 518Début de la construction de Persépolis
499-493Révolte de l’Ionie
490Défaite perse à Marathon
480-479Expédition de Xerxès : Thermopyles, Salamine, Platées
334Alexandre franchit l’Hellespont
331Bataille de Gaugamèles
330Mort de Darius III ; fin de l’empire

Les grands rois

Cyrus II le Grand (vers 559-530)

Roi d’Anshan, vassal des Mèdes, Cyrus s’empare de leur royaume vers 550, puis de la Lydie et des cités grecques d’Asie Mineure. En 539, il entre dans Babylone pratiquement sans combat. Il y laisse le souvenir d’un souverain respectueux des cultes locaux : le cylindre de Cyrus, rédigé en akkadien et conservé au British Museum, présente sa conquête comme voulue par le dieu Marduk. Il autorise les Judéens déportés à Babylone à rentrer à Jérusalem. Il meurt en 530 en combattant en Asie centrale ; son tombeau se trouve à Pasargades.

Cambyse II (530-522)

Son fils Cambyse conquiert l’Égypte en 525 après la bataille de Péluse et devient pharaon. Sa mort, en 522, ouvre une crise de succession.

Darius Ier (522-486)

Darius, issu d’une branche collatérale, prend le pouvoir après avoir éliminé un usurpateur. Il raconte sa victoire dans l'inscription de Behistun, gravée sur une falaise en trois langues (vieux-perse, élamite, babylonien), qui a joué pour le déchiffrement du cunéiforme le rôle que la pierre de Rosette a joué pour les hiéroglyphes. Darius est surtout l’organisateur de l’empire.

Xerxès Ier et ses successeurs

Xerxès (486-465) mène la grande expédition contre la Grèce en 480. Ses successeurs, d’Artaxerxès Ier à Darius III, gouvernent un empire toujours immense mais secoué par les révoltes de satrapes et la perte temporaire de l’Égypte (404-343).

Un empire organisé

Le génie des Achéménides tient à leur capacité à administrer des peuples très divers sans les uniformiser.

InstitutionRôle
Le Grand Roi« Roi des rois », souverain absolu, choisi par le dieu Ahura Mazda
Les satrapiesUne vingtaine de provinces, chacune dirigée par un satrape
Les « yeux et oreilles du roi »Inspecteurs chargés de surveiller les satrapes
Le tributImpôt fixé pour chaque province, en métal ou en nature
La route royaleEnviron 2 500 km de Sardes à Suse, avec relais de poste
La dariqueMonnaie d’or frappée à partir de Darius Ier
L’araméenLangue administrative commune de l’empire

L’empire n’a pas une capitale unique : le roi circule entre Suse, Ecbatane, Babylone et Persépolis. Persépolis, résidence cérémonielle commencée par Darius, est célèbre pour l'Apadana, salle d’audience dont les escaliers montrent en bas-relief les délégations des peuples apportant leurs présents.

Les guerres médiques

Les Grecs appellent « Mèdes » les Perses, d’où le nom de guerres médiques. Elles naissent de la révolte de l’Ionie (499), soutenue par Athènes.

  • Première guerre médique : en 490, l’armée envoyée par Darius est battue à Marathon par les Athéniens et les Platéens.
  • Seconde guerre médique : en 480, Xerxès envahit la Grèce. Les Spartiates de Léonidas tombent aux Thermopyles, Athènes est prise et incendiée, mais la flotte grecque menée par Thémistocle l’emporte à Salamine. En 479, les Perses sont vaincus à Platées et à Mycale.

Pour les Grecs, ces victoires deviennent le symbole de la liberté des cités face au despotisme ; elles ouvrent l’âge d’or d’Athènes (voir Grèce antique et démocratie athénienne). Pour les Perses, ce ne sont que des revers aux marges de l’empire, qui continue ensuite à peser sur les affaires grecques par la diplomatie et l’argent.

La chute de l’empire

En 334, Alexandre de Macédoine franchit l’Hellespont. Vainqueur au Granique (334), à Issos (333) puis à Gaugamèles (331), il prend Babylone, Suse et Persépolis, dont le palais est incendié en 330. Darius III est assassiné la même année par un de ses satrapes, Bessos. Alexandre se pose en successeur des Grands Rois, adopte une partie de leur cérémonial et épouse des princesses perses.

Après Alexandre, l’Iran passe aux Séleucides, puis aux Parthes et aux Sassanides (224-651 apr. J.-C.), deuxième grand empire perse, adversaire de Rome puis de l'Empire byzantin, jusqu’à la conquête arabe.

L’héritage achéménide

  • Un modèle d'empire universel tolérant la diversité, repris par Alexandre puis d’autres empires.
  • Des techniques administratives : provinces, poste royale, monnaie, langue commune.
  • Un art de cour original, mêlant influences mésopotamiennes, égyptiennes et grecques.
  • Pour les Grecs, l’image durable d’un « Orient » opposé à la liberté des cités, qui a longtemps marqué la vision européenne.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre Perses et Mèdes ?

Ce sont deux peuples iraniens apparentés. Les Mèdes dominaient le plateau iranien jusqu’à ce que Cyrus, roi perse, les soumette vers 550 av. J.-C. Les Grecs employaient souvent les deux noms indifféremment.

Où se trouve Persépolis ?

Dans le sud-ouest de l’Iran actuel, près de Chiraz. Ses ruines sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979.

La Perse est-elle l’Iran ?

« Perse » est le nom donné par les Grecs à la région du Fars et, par extension, au pays. Le pays s’appelle lui-même Iran depuis l’Antiquité ; le nom officiel international est Iran depuis 1935.

Pourquoi les Perses ont-ils perdu les guerres médiques ?

Les Grecs combattaient sur leur terrain, avec une infanterie lourde (les hoplites) efficace dans les plaines étroites et une flotte athénienne bien commandée à Salamine. L’armée perse, très nombreuse, était difficile à ravitailler loin de ses bases.

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