Histoire · Préhistoire et Antiquité
Le Code de Hammurabi
Le Code de Hammurabi est un recueil d’environ 280 décisions de justice gravé vers 1750 av. J.-C. par le roi de Babylone sur une stèle de basalte, aujourd’hui au Louvre.
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Le Code de Hammurabi est un texte juridique rédigé en akkadien, en écriture cunéiforme, sous le règne de Hammurabi, roi de Babylone (vers 1792-1750 av. J.-C. selon la chronologie la plus utilisée). Il est connu surtout par une stèle de basalte noir haute de 2,25 m, découverte en 1901-1902 à Suse, en Iran, par la mission archéologique française dirigée par Jacques de Morgan, et exposée au musée du Louvre. Il n’est ni le premier recueil de lois mésopotamien ni un code au sens moderne, mais c’est le plus long et le plus complet de son époque.
Hammurabi, bâtisseur d’un empire
Hammurabi est le sixième roi de la première dynastie de Babylone, d’origine amorrite. Pendant la première partie de son règne, Babylone n’est qu’une puissance moyenne. À partir de sa trentième année, il soumet ses rivaux (Larsa, Eshnunna, Mari) et unifie la basse et la moyenne Mésopotamie. Babylone devient alors la capitale politique et religieuse de la région, sous la protection du dieu Marduk.
Le texte de la stèle est rédigé vers la fin de son règne, une fois ces conquêtes achevées.
La stèle du Louvre
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Matériau | Basalte noir |
| Hauteur | 2,25 m |
| Langue | Akkadien (babylonien ancien), cunéiforme |
| Date | Vers 1750 av. J.-C. |
| Découverte | Suse (Iran), 1901-1902 |
| Lieu de conservation | Musée du Louvre, Paris |
Au sommet, un bas-relief représente Hammurabi debout devant Shamash, dieu du Soleil et de la justice, assis sur son trône, qui lui tend les insignes du pouvoir (un bâton et un anneau). La stèle avait été emportée à Suse comme butin de guerre par un roi élamite au XIIe siècle av. J.-C. Une partie du texte a été effacée à cette occasion ; des copies sur tablettes permettent de la compléter en partie.
Structure du texte
Le texte se compose de trois parties :
- Un prologue : Hammurabi rappelle qu’il a été choisi par les dieux « pour faire apparaître la justice dans le pays, pour détruire le méchant et le mauvais, pour que le fort n’opprime pas le faible ».
- Un corps d’environ 282 articles, numérotés par les éditeurs modernes, chacun formulé comme un cas : « Si un homme a fait ceci…, alors… ».
- Un épilogue : le roi invite toute personne lésée à venir lire la stèle pour connaître son droit et maudit quiconque voudrait la modifier.
Que contient le Code ?
Les articles couvrent l’essentiel de la vie sociale et économique :
| Domaine | Exemples de sujets |
|---|---|
| Procédure | Faux témoignage, accusation sans preuve, juges corrompus |
| Biens | Vol, recel, pillage lors d’un incendie |
| Terres et agriculture | Fermage, irrigation, digues négligées, dégâts des troupeaux |
| Commerce | Prêts, intérêts, dépôts, marchands et agents |
| Famille | Mariage, dot, divorce, adoption, héritage |
| Blessures | Coups et blessures, avec peines selon le rang de la victime |
| Métiers | Responsabilité des médecins, architectes, bateliers ; salaires |
| Esclaves | Vente, fuite, statut |
Une société hiérarchisée
Le Code distingue trois catégories de personnes : l'awilum (homme libre de plein droit), le mushkenum (catégorie intermédiaire, dont le statut exact reste discuté) et le wardum (esclave). La peine varie selon la catégorie de l’auteur et de la victime : crever l’œil d’un awilum expose à la même peine, mais crever celui d’un mushkenum se règle par une amende.
La loi du talion
Le Code de Hammurabi est célèbre pour la loi du talion, du latin talis, « tel » : la peine est égale au dommage.
D’autres articles poussent la logique plus loin : si une maison mal construite s’effondre et tue le fils du propriétaire, c’est le fils de l’architecte qui doit être mis à mort. Le talion n’est pourtant pas la règle générale : beaucoup de dommages sont réparés par des compensations en argent. Le principe vise aussi à limiter la vengeance, en fixant une peine proportionnée au lieu d’une vengeance illimitée. On le retrouve dans la Bible (« œil pour œil, dent pour dent », Exode 21).
Un « code » ? La question des historiens
Le mot « code » est trompeur. Les assyriologues soulignent que :
- le texte n’est pas exhaustif : des domaines entiers (droit pénal du meurtre par exemple) sont peu traités ;
- aucun jugement de l’époque ne cite la stèle comme référence ;
- il s’agit plutôt d’un recueil de jugements exemplaires et d’une œuvre de propagande royale montrant Hammurabi en roi juste.
Il a des prédécesseurs : le code d’Ur-Nammu (vers 2100 av. J.-C., en sumérien), les lois de Lipit-Ishtar et celles d’Eshnunna. Il a été recopié dans les écoles de scribes pendant plus d’un millénaire, preuve de son prestige.
Pourquoi est-il important ?
- Il montre l’idée, déjà ancienne, que le pouvoir royal se justifie par la protection des faibles et la justice.
- Il offre une image précise de l’économie et de la société babyloniennes.
- Il est un jalon de l’histoire du droit écrit, avant les lois hittites, la loi mosaïque ou la loi des Douze Tables de la République romaine.
Questions fréquentes
Où se trouve le Code de Hammurabi ?
La stèle originale est exposée au musée du Louvre, à Paris, dans le département des Antiquités orientales. Des copies se trouvent dans de nombreux musées.
Combien de lois compte le Code de Hammurabi ?
Environ 282 articles selon la numérotation moderne. Une partie, effacée dans l’Antiquité, est connue par des copies sur tablettes ou reste perdue.
Le Code de Hammurabi est-il le plus ancien code de lois ?
Non. Le code d’Ur-Nammu, roi d’Ur, est plus ancien de plus de trois siècles. Celui de Hammurabi est en revanche le plus complet et le mieux conservé de l’Antiquité mésopotamienne.
Que signifie « œil pour œil, dent pour dent » ?
C’est la formule de la loi du talion : la sanction doit être de même nature et de même gravité que le tort causé. Elle fixe une limite à la vengeance.