Santé et secours · Corps humain
La contraception
La contraception regroupe les méthodes qui permettent d’éviter une grossesse. Elles agissent en bloquant l’ovulation, en empêchant la rencontre des gamètes ou l’implantation ; seul le préservatif protège aussi des IST.
Mis à jour le 4 min de lecture
La contraception est au programme de SVT au collège (maîtrise de la reproduction) et au lycée. Cette fiche présente le principe biologique des principales méthodes. Le choix d’une méthode est personnel et se fait avec un professionnel de santé (médecin, gynécologue, sage-femme), dans un centre de santé sexuelle ou, pour une première information, auprès d’un pharmacien.
Comment agissent les méthodes ?
Pour qu’une grossesse survienne, il faut une ovulation, la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovocyte dans la trompe, puis l'implantation de l’embryon dans l’utérus (voir cycle menstruel et fécondation). Chaque méthode bloque au moins une de ces étapes.
| Méthode | Principe | Durée d’action |
|---|---|---|
| Préservatif externe (masculin) | Barrière : retient le sperme | Un rapport |
| Préservatif interne (féminin) | Barrière placée dans le vagin | Un rapport |
| Pilule combinée (œstrogène + progestatif) | Bloque l’ovulation, épaissit la glaire du col | Prise quotidienne |
| Pilule progestative | Épaissit la glaire, bloque l’ovulation selon le type | Prise quotidienne |
| Implant (bâtonnet sous la peau du bras) | Progestatif : bloque l’ovulation | Jusqu’à 3 ans |
| DIU au cuivre (stérilet) | Le cuivre est toxique pour les spermatozoïdes et empêche l’implantation | Plusieurs années (souvent 5 à 10 ans) |
| DIU hormonal | Progestatif local : épaissit la glaire, amincit l’endomètre | Plusieurs années selon le modèle |
| Patch, anneau vaginal | Hormones combinées, comme la pilule | Une semaine (patch), trois semaines (anneau) |
| Injection progestative | Bloque l’ovulation | Environ 3 mois |
| Diaphragme, cape cervicale | Barrière placée devant le col, avec spermicide | Un rapport |
| Stérilisation (vasectomie, ligature des trompes) | Interrompt le trajet des gamètes | Considérée comme définitive |
L’efficacité : en théorie et en pratique
L’efficacité se mesure par le pourcentage de femmes qui débutent une grossesse en un an avec la méthode. On distingue l’usage parfait (méthode utilisée sans erreur) et l’usage courant (avec les oublis et erreurs de la vie réelle). Les ordres de grandeur suivants sont ceux publiés par les autorités sanitaires internationales pour l’usage courant :
| Méthode | Grossesses par an pour 100 femmes (usage courant) |
|---|---|
| Implant, DIU, stérilisation | Moins de 1 |
| Injection | Environ 4 |
| Pilule, patch, anneau | Environ 7 |
| Préservatif externe | Environ 13 |
| Retrait | Environ 20 |
| Méthodes d’observation du cycle | Très variable, souvent plus de 15 |
| Aucune méthode | Environ 85 |
Les méthodes « longue durée » (implant, DIU) sont les plus efficaces en pratique, car elles ne dépendent pas d’un geste quotidien. L’efficacité de la pilule tient surtout à la régularité de la prise.
La contraception d’urgence
Après un rapport non protégé, un oubli de pilule ou un préservatif qui a craqué :
- la pilule d’urgence (au lévonorgestrel, jusqu’à 3 jours après le rapport ; à l’ulipristal, jusqu’à 5 jours) est d’autant plus efficace qu’elle est prise tôt ; en France, elle est délivrée en pharmacie sans ordonnance et gratuitement ;
- le DIU au cuivre, posé par un professionnel jusqu’à 5 jours après le rapport, est la méthode d’urgence la plus efficace.
La pilule d’urgence n’est pas une méthode régulière et ne protège pas des rapports suivants. En cas de doute après un rapport à risque, un test de grossesse et un dépistage des IST peuvent être nécessaires.
Contraception et IST : deux protections différentes
Où s’informer ?
En France : médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, pharmacien, centres de santé sexuelle (anciens centres de planification), infirmière scolaire. Les mineures peuvent obtenir une contraception de façon confidentielle. Au Québec : médecin, infirmière, pharmacien, CLSC.
Erreurs fréquentes
- « On ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport. » Faux : la fécondation est possible dès qu’il y a ovulation.
- « Le retrait est une contraception fiable. » Le liquide pré-éjaculatoire peut contenir des spermatozoïdes et le retrait échoue souvent.
- « La pilule protège du VIH. » Faux : seuls les préservatifs protègent des IST.
- « La pilule d’urgence provoque un avortement. » Faux : elle agit principalement en retardant ou en empêchant l’ovulation ; elle n’interrompt pas une grossesse déjà implantée.
Exercice corrigé
Énoncé. Pour chaque méthode, indique quelle étape de la reproduction elle bloque : pilule combinée ; préservatif ; DIU au cuivre.
Corrigé.
- Pilule combinée : elle bloque l’ovulation (les hormones freinent l’hypophyse) ; il n’y a pas d’ovocyte à féconder.
- Préservatif : il empêche les spermatozoïdes d’atteindre les voies génitales féminines, donc la rencontre des gamètes.
- DIU au cuivre : il nuit aux spermatozoïdes et empêche l’implantation d’un éventuel embryon dans l’utérus.
Questions fréquentes
La pilule rend-elle stérile à long terme ?
Non. La fertilité revient en général rapidement après l’arrêt de la pilule, de l’implant ou du DIU ; elle peut être un peu plus lente après l’injection.
Existe-t-il une contraception masculine ?
Le préservatif et la vasectomie sont les méthodes reconnues. D’autres méthodes (hormonales, thermiques) font l’objet de recherches ou d’usages encore limités.
Que faire en cas d’oubli de pilule ?
La conduite dépend du type de pilule et du délai : consulter la notice et demander conseil à un pharmacien ou à un médecin ; une contraception d’urgence peut être nécessaire s’il y a eu un rapport.