Psychologie · Apprendre et mémoriser
La prise de notes
Bien prendre des notes, c’est sélectionner et reformuler plutôt que tout recopier. La méthode Cornell structure la page pour transformer directement les notes en questions de révision.
Mis à jour le 4 min de lecture
Prendre des notes remplit deux fonctions : comprendre sur le moment, parce que reformuler oblige à traiter l’information, et garder une trace pour réviser ensuite. Une bonne prise de notes n’est donc pas une transcription : elle sélectionne, résume, organise et prépare la révision. Parmi les méthodes existantes, la méthode Cornell est la plus connue et l’une des plus complètes.
La méthode Cornell
Mise au point dans les années 1950 par Walter Pauk, professeur à l’université Cornell (États-Unis), et décrite dans son livre How to Study in College (1962), elle divise chaque page en trois zones.
| Zone | Position | Contenu | Quand la remplir |
|---|---|---|---|
| Notes | Grande colonne de droite (environ deux tiers) | Idées principales, exemples, schémas | Pendant le cours |
| Indices | Colonne de gauche (environ un tiers) | Mots-clés et questions correspondant aux notes | Juste après le cours |
| Résumé | Bandeau en bas de page | Synthèse de la page en 2 à 4 phrases | Juste après le cours |
Les étapes
- Noter : pendant le cours, écrire les idées essentielles dans la colonne de droite, en phrases courtes et avec ses propres mots.
- Réduire : le soir même, écrire dans la colonne de gauche les mots-clés et surtout des questions (« Quelles sont les trois causes de… ? »).
- Réciter : cacher la colonne de droite et répondre aux questions de la colonne de gauche à voix haute.
- Réfléchir : relier les idées entre elles et à ce que l’on sait déjà.
- Revoir : reprendre régulièrement les questions de la colonne de gauche.
- Résumer : rédiger la synthèse en bas de page.
L’intérêt majeur est que la colonne de gauche transforme les notes en outil d’auto-test : c’est l’application directe de l'effet de test, technique d’apprentissage parmi les plus efficaces.
Les autres méthodes
| Méthode | Principe | Idéale pour |
|---|---|---|
| Plan hiérarchique | Titres, sous-titres, puces en retrait | Cours structurés, exposés suivant un plan |
| Carte mentale | Idée centrale au milieu, branches pour les sous-thèmes | Brainstorming, synthèse, liens entre notions |
| Tableau | Colonnes de comparaison | Comparer des auteurs, des périodes, des théories |
| Schéma, frise | Représentation visuelle | Processus, chronologies, mécanismes |
| Notes en phrases | Paragraphes courts | Cours de littérature ou de philosophie argumentés |
La carte mentale a été popularisée par Tony Buzan dans les années 1970. Utile pour visualiser des relations, elle n’a pas montré d’avantage clair sur d’autres méthodes actives quand on la compare à la pratique du rappel.
Main ou clavier ?
En 2014, Pam Mueller et Daniel Oppenheimer publient une étude au titre resté célèbre : « The pen is mightier than the keyboard ». Les étudiants qui prenaient des notes à l’ordinateur recopiaient davantage le discours mot pour mot et répondaient moins bien aux questions conceptuelles.
Une réplication de Kayla Morehead, John Dunlosky et Katherine Rawson (2019) n’a pas retrouvé de différence nette entre les deux conditions. L’état actuel des connaissances :
- ce qui compte surtout, c’est de reformuler plutôt que de transcrire, quel que soit l’outil ;
- l’ordinateur permet de noter plus et de réorganiser facilement, mais expose aux distractions (messagerie, navigation), qui nuisent aussi aux voisins qui voient l’écran ;
- la main oblige à sélectionner, ce qui peut favoriser la compréhension ;
- le stylet sur tablette combine écriture manuscrite et stockage numérique.
Abréviations et symboles utiles
| Signe | Sens |
|---|---|
| → | entraîne, conduit à |
| ← | vient de, causé par |
| = / ≠ | égal, identique / différent |
| + / − | plus, davantage / moins |
| ∆ | changement, évolution |
| cf. | se reporter à |
| ex. | exemple |
| qqch, qqn | quelque chose, quelqu’un |
| pb, pq | problème, pourquoi |
| tjrs, svt, ds | toujours, souvent, dans |
| ~ | environ |
| ! / ? | important / à vérifier |
Créer ses propres abréviations est utile, à condition de les garder constantes.
Les règles d’une bonne prise de notes
- Préparer : lire le chapitre ou le support avant le cours permet de repérer l’essentiel.
- Noter les idées, pas les phrases : verbes et noms clés, sans articles inutiles.
- Reformuler : écrire avec ses mots oblige à comprendre ; c’est ce qui rend la prise de notes formatrice.
- Repérer la structure : annonces de plan, transitions (« premièrement », « en revanche »), répétitions de l’enseignant.
- Noter les exemples : ils aident à comprendre et à se souvenir.
- Laisser de l’espace pour compléter ensuite.
- Reprendre ses notes le jour même : compléter les trous, ajouter des questions. Les notes non relues sont très vite inexploitables.
- Couper les distractions : notifications désactivées, une seule fenêtre ouverte (voir concentration).
Des notes à la révision
Les notes ne sont qu’une étape. Pour retenir, il faut ensuite se tester à partir d’elles et espacer les révisions. La fiche apprendre efficacement propose un plan complet ; pour vérifier sa compréhension d’une notion difficile, la méthode Feynman est un bon complément.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure méthode de prise de notes ?
Il n’existe pas de méthode universelle, mais la méthode Cornell a l’avantage d’intégrer la révision dans la page grâce à la colonne de questions. Pour des contenus très reliés entre eux, la carte mentale peut être plus parlante.
Faut-il tout noter ?
Non. Tout noter empêche de comprendre et produit des notes difficiles à réviser. Il vaut mieux noter les idées principales, les définitions, les exemples clés et ce que l’enseignant répète ou souligne.
Vaut-il mieux prendre des notes à la main ou à l’ordinateur ?
Les études ne tranchent pas de façon nette. L’essentiel est de reformuler plutôt que de recopier et d’éviter les distractions de l’ordinateur.
Comment prendre des notes en lisant un livre ?
Lire d’abord une section entière, puis la résumer de mémoire en quelques lignes avant de vérifier. Noter les questions que soulève le texte et les liens avec d’autres lectures.