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Droit et institutions · Citoyenneté

Le droit d’asile

Le droit d’asile est la protection accordée par un État à une personne qui fuit des persécutions ou des menaces graves dans son pays. En France, elle est accordée par l’OFPRA, sous le contrôle de la CNDA.

Mis à jour le 4 min de lecture

L’asile est une tradition très ancienne (les sanctuaires antiques, l’asile dans les églises au Moyen Âge), devenue un droit international après la Seconde Guerre mondiale, face aux millions de personnes déplacées. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 prévoit que, devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays (article 14).

Les textes de référence

TexteApport
Préambule de la Constitution de 1946« Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République » (asile constitutionnel)
Convention de Genève du 28 juillet 1951Définit le réfugié et ses droits ; complétée par le protocole de New York de 1967 qui supprime ses limites géographiques et temporelles
Convention européenne des droits de l’homme, article 3Interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la torture ou des traitements inhumains
Droit de l’Union européenneRégime d’asile européen commun ; règlement de Dublin ; pacte sur la migration et l’asile adopté en 2024, applicable à partir de 2026

Qui est réfugié ?

Les formes de protection en France

ProtectionPour qui ?Titre de séjour
Statut de réfugié conventionnelPersécution pour l’un des cinq motifs de la Convention de GenèveCarte de résident de 10 ans
Asile constitutionnelPersécution en raison d’une action en faveur de la libertéCarte de résident de 10 ans
Protection subsidiairePersonne qui ne remplit pas les conditions du statut de réfugié mais risque la peine de mort, la torture ou une menace grave liée à un conflit arméCarte pluriannuelle de 4 ans
Statut d’apatridePersonne qu’aucun État ne considère comme son ressortissantTitre de séjour spécifique

La procédure

  1. Enregistrement de la demande au guichet unique de la préfecture, avec l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), qui propose des conditions matérielles d’accueil (hébergement, allocation pour demandeur d’asile).
  2. Détermination de l’État responsable selon le règlement européen de Dublin : en principe, le premier pays de l’UE par lequel la personne est entrée.
  3. Dépôt du dossier à l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides, créé en 1952), qui mène un entretien individuel et décide.
  4. Recours possible, en cas de refus, devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), juridiction administrative spécialisée, puis cassation devant le Conseil d’État.

Pendant l’examen, le demandeur a le droit de rester en France. En cas de rejet définitif, il doit en principe quitter le territoire, sauf s’il obtient un titre de séjour à un autre titre.

Le principe de non-refoulement

C’est la pierre angulaire du droit des réfugiés : un État ne peut pas renvoyer une personne vers un pays où sa vie ou sa liberté serait menacée (article 33 de la Convention de Genève). Ce principe s’applique même aux personnes qui ne sont pas encore reconnues réfugiées.

Asile et immigration : ne pas confondre

NotionSignification
MigrantToute personne qui quitte son pays pour s’installer dans un autre, pour des raisons diverses
Demandeur d’asilePersonne qui a demandé une protection et attend une réponse
RéfugiéPersonne à qui la protection a été accordée
Déplacé internePersonne qui a fui sa région sans franchir de frontière internationale

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), créé en 1950 dans le cadre de l'ONU, protège et assiste les réfugiés dans le monde. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1954 et en 1981.

Au Canada

Les demandes d’asile présentées au Canada sont examinées par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), tribunal administratif indépendant. Le Canada accueille aussi des réfugiés réinstallés depuis l’étranger, y compris par des programmes de parrainage privé, une spécificité canadienne.

Questions fréquentes

Un réfugié peut-il devenir français ?

Oui. Il peut demander la naturalisation sans condition de durée de résidence préalable (voir nationalité française).

Peut-on demander l’asile dans n’importe quel pays de l’UE ?

En principe, la demande est examinée par l’État responsable selon les critères européens (souvent le pays d’entrée), même si la personne a rejoint un autre pays.

Un demandeur d’asile peut-il travailler ?

En France, il peut demander une autorisation de travail si l’OFPRA n’a pas statué dans un délai de six mois après l’introduction de sa demande, ou dans d’autres cas prévus par la loi.

À lire aussi

Droit et institutionsLa Déclaration universelle des droits de l’hommeAdoptée par l’ONU le 10 décembre 1948 à Paris, la Déclaration universelle énonce en 30 articles les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels de toute personne.Droit et institutionsLa nationalité françaiseLa nationalité française s’obtient à la naissance par filiation (droit du sang) ou par double droit du sol, ou plus tard par le droit du sol à la majorité, le mariage ou la naturalisation.HistoireL’Organisation des Nations unies (ONU)L’ONU est une organisation internationale créée le 24 octobre 1945 pour maintenir la paix et la sécurité, développer la coopération entre les nations et promouvoir les droits de l’homme. Elle compte 193 États membres.Droit et institutionsLe Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’hommeLe Conseil de l’Europe, créé en 1949, réunit 46 États. Sa Convention européenne des droits de l’homme est appliquée par la Cour de Strasbourg, que tout particulier peut saisir.Droit et institutionsLe Conseil d’ÉtatLe Conseil d’État conseille le gouvernement sur les projets de loi et de décret, et il est la juridiction suprême de l’ordre administratif, qui juge les litiges avec l’administration.Droit et institutionsLes institutions françaisesLes institutions de la France sont fixées par la Constitution de 1958 : un exécutif à deux têtes, un Parlement à deux chambres, une justice indépendante et des collectivités décentralisées.

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