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Droit et institutions · Europe et monde

Le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme

Le Conseil de l’Europe, créé en 1949, réunit 46 États. Sa Convention européenne des droits de l’homme est appliquée par la Cour de Strasbourg, que tout particulier peut saisir.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le Conseil de l’Europe est la principale organisation de défense des droits de l’homme sur le continent. Fondé par le traité de Londres du 5 mai 1949 par dix États, dont la France, il siège à Strasbourg, au palais de l’Europe. Il est distinct de l’Union européenne (voir Conseil européen, Conseil de l’UE, Conseil de l’Europe). Son œuvre majeure est la Convention européenne des droits de l’homme, dont le respect est assuré par une juridiction, la Cour européenne des droits de l’homme.

Le Conseil de l’Europe

Membres

Le Conseil de l’Europe compte 46 États membres, soit la quasi-totalité des pays du continent, dont les 27 États de l’Union, le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège, la Turquie, l’Ukraine et les pays du Caucase. La Russie en a été exclue le 16 mars 2022, après l’invasion de l’Ukraine. La Biélorussie n’en a jamais été membre. Pour adhérer, un État doit abolir la peine de mort et ratifier la Convention.

Organes

OrganeRôle
Comité des ministresMinistres des Affaires étrangères ; organe de décision, surveille l’exécution des arrêts de la Cour
Assemblée parlementaireDélégations des parlements nationaux ; élit les juges de la Cour et le secrétaire général
Secrétaire généralDirige l’organisation pour cinq ans
Commissaire aux droits de l’hommeInstitution indépendante de sensibilisation et d’alerte
Congrès des pouvoirs locaux et régionauxReprésente les collectivités
Cour européenne des droits de l’hommeJuridiction permanente

Le Conseil de l’Europe a adopté plus de 200 conventions, dont la Charte sociale européenne (1961), la Convention pour la prévention de la torture (1987), la Convention sur la cybercriminalité (2001) et la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes (2011).

La Convention européenne des droits de l’homme

Signée à Rome le 4 novembre 1950 et entrée en vigueur le 3 septembre 1953, la Convention protège surtout des droits civils et politiques. La France l’a ratifiée en 1974 et a accepté le recours individuel en 1981.

ArticleDroit garanti
2Droit à la vie
3Interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants
4Interdiction de l’esclavage et du travail forcé
5Droit à la liberté et à la sûreté
6Droit à un procès équitable, présomption d’innocence
7Pas de peine sans loi
8Respect de la vie privée et familiale, du domicile et de la correspondance
9Liberté de pensée, de conscience et de religion
10Liberté d’expression
11Liberté de réunion et d’association
12Droit au mariage
13Droit à un recours effectif
14Interdiction de la discrimination

Des protocoles additionnels ont ajouté d’autres droits : protection de la propriété et droit à l’instruction (protocole n° 1), abolition de la peine de mort (protocoles n° 6 et 13), interdiction de la double peine (protocole n° 7).

La Cour européenne des droits de l’homme

Composition

La Cour compte un juge par État partie, soit 46 juges, élus par l’Assemblée parlementaire pour un mandat unique de neuf ans. Ils siègent à titre individuel et sont indépendants de leur État. Depuis 1998, la Cour est permanente.

Qui peut saisir la Cour ?

Toute personne physique, organisation non gouvernementale ou groupe de particuliers qui se prétend victime d’une violation de la Convention par un État partie, quelle que soit sa nationalité. Les États peuvent aussi saisir la Cour contre un autre État (requête interétatique).

Conditions de recevabilité

  1. Épuiser les voies de recours internes : avoir porté l’affaire jusqu’à la juridiction suprême nationale (en France, la Cour de cassation ou le Conseil d’État).
  2. Saisir la Cour dans un délai de quatre mois après la décision interne définitive (six mois avant le 1er février 2022).
  3. Invoquer une violation d’un droit garanti, imputable à l’État.
  4. Avoir subi un préjudice important, sauf exceptions.
  5. La requête ne doit pas être anonyme ni identique à une requête déjà examinée.

L’immense majorité des requêtes est déclarée irrecevable.

Les effets des arrêts

Les arrêts de la Cour sont obligatoires pour l’État condamné. Ils constatent une violation et peuvent accorder une satisfaction équitable (indemnisation). L’État doit aussi adopter des mesures générales pour éviter de nouvelles violations, souvent une réforme législative. Le Comité des ministres surveille leur exécution. La Cour ne peut pas annuler une décision nationale ni une loi.

En France, plusieurs réformes ont suivi des condamnations : encadrement des écoutes téléphoniques (loi de 1991), présence de l’avocat en garde à vue (2011), reconnaissance de la filiation des enfants nés par gestation pour autrui à l’étranger. Depuis 2000, une condamnation peut conduire au réexamen d’une décision pénale.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne ?

Le Conseil de l’Europe (46 États) défend les droits de l’homme et la démocratie par des conventions. L’Union européenne (27 États) est une union politique et économique qui adopte des lois directement applicables. Les deux organisations sont indépendantes.

Faut-il un avocat pour saisir la Cour européenne des droits de l’homme ?

Non pour déposer la requête, qui se fait au moyen d’un formulaire officiel. Une fois la requête communiquée à l’État, la représentation par un avocat devient en principe obligatoire.

Combien de temps dure une procédure devant la CEDH ?

Plusieurs années pour les affaires examinées au fond ; les requêtes manifestement irrecevables sont traitées plus rapidement.

La France est-elle souvent condamnée par la CEDH ?

La France fait partie des États régulièrement condamnés, mais loin derrière ceux qui concentrent le plus grand nombre d’arrêts, comme la Turquie ou la Russie avant son exclusion.

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