Aller au contenu
connaissance.org

Droit et institutions · Citoyenneté

La nationalité française

La nationalité française s’obtient à la naissance par filiation (droit du sang) ou par double droit du sol, ou plus tard par le droit du sol à la majorité, le mariage ou la naturalisation.

Mis à jour le 4 min de lecture

La nationalité est le lien juridique qui rattache une personne à un État. En France, ses règles figurent dans le Code civil (articles 17 et suivants). Elle conditionne la citoyenneté : droit de vote aux élections nationales, accès à certains emplois publics, protection consulaire, mais aussi devoirs comme le recensement et la JDC.

On distingue deux grands mécanismes : la nationalité attribuée dès la naissance, et la nationalité acquise plus tard.

Être français dès la naissance

ModeRègleArticle du Code civil
Droit du sang (filiation)Est français l’enfant dont au moins un parent est français, quel que soit le lieu de naissanceArt. 18
Double droit du solEst français l’enfant né en France d’un parent lui-même né en France, même étrangerArt. 19-3
Enfant né en France de parents inconnus ou apatridesEst français, pour éviter l’apatridieArt. 19 et 19-1

Le droit du sang est le principe le plus ancien du Code civil de 1804 ; le double droit du sol remonte au XIXe siècle (loi de 1851, complétée en 1889).

Devenir français par le droit du sol

Un enfant né en France de parents étrangers n’est pas français à la naissance. Il le devient :

  • automatiquement à 18 ans, s’il réside en France à cette date et y a résidé au moins cinq ans, de façon continue ou non, depuis l’âge de 11 ans (article 21-7) ;
  • par anticipation, sur déclaration : dès 13 ans à la demande des parents et avec son accord (résidence de 5 ans depuis 8 ans), ou dès 16 ans de lui-même (résidence de 5 ans depuis 11 ans).

À Mayotte, des conditions plus strictes s’appliquent depuis 2018 et ont été renforcées en 2025 : la résidence régulière d’un parent en France avant la naissance est exigée.

Devenir français par le mariage

Le conjoint étranger d’un Français peut demander la nationalité par déclaration après quatre ans de mariage, à condition que la communauté de vie n’ait pas cessé et que le conjoint français ait conservé sa nationalité (article 21-2). Le délai est porté à cinq ans si le couple ne justifie pas de trois ans de résidence continue en France. Une connaissance suffisante du français est exigée ; les niveaux de langue requis ont été relevés pour les demandes déposées depuis le 1er janvier 2026. Le mariage ne rend donc jamais français automatiquement.

La naturalisation

La naturalisation est accordée par décret, à la discrétion de l’administration : ce n’est pas un droit, même si les conditions sont remplies. Les principales conditions :

ConditionContenu
RésidenceAvoir sa résidence habituelle en France depuis au moins 5 ans (réduit à 2 ans après certaines études supérieures en France, supprimé dans certains cas comme les réfugiés)
Séjour régulierTitre de séjour en cours de validité
ÂgeÊtre majeur
AssimilationConnaissance suffisante de la langue française (niveau B2 à l’oral et à l’écrit depuis 2026), de l’histoire, de la culture et de la société françaises, et adhésion aux principes et valeurs de la République
Examen civiqueDepuis 2026, réussite à un examen civique sous forme de questionnaire à choix multiples (voir le quiz examen civique)
MoralitéAbsence de certaines condamnations, respect des lois
Insertion professionnelleRessources stables, sauf exceptions

Le candidat naturalisé signe la Charte des droits et devoirs du citoyen français et est convié à une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française, en préfecture.

Double nationalité et perte de la nationalité

La France admet la double nationalité : un Français qui acquiert une autre nationalité ne perd pas la sienne, sauf s’il y renonce. D’autres pays l’interdisent, ce qui peut obliger à choisir.

La nationalité peut se perdre par renonciation (dans certains cas) ou par déchéance, prononcée par décret pour des personnes ayant acquis la nationalité, condamnées pour des faits graves (terrorisme, atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation), et à condition de ne pas les rendre apatrides.

Comment prouver sa nationalité ?

La carte d’identité et le passeport font présumer la nationalité. La preuve juridique est le certificat de nationalité française, délivré par le directeur des services de greffe du tribunal judiciaire.

Questions fréquentes

Un enfant né en France est-il automatiquement français ?

Non. Il l’est si au moins un parent est français ou si l’un de ses parents est lui-même né en France. Sinon, il le devient en principe à 18 ans sous condition de résidence.

Combien de temps dure une demande de naturalisation ?

Le délai légal d’instruction est de 18 mois à compter du dépôt d’un dossier complet, réductible ou prolongeable dans certains cas. En pratique, les délais varient selon les préfectures.

La nationalité et la citoyenneté, est-ce la même chose ?

Non. La nationalité est le lien juridique avec l’État ; la citoyenneté désigne l’exercice des droits politiques, qui suppose en France la nationalité et la majorité.

À lire aussi

Droit et institutionsLa citoyennetéLa citoyenneté est le lien juridique et politique qui unit une personne à un État : elle donne des droits (voter, être élu) et impose des devoirs (respecter la loi, contribuer aux charges communes).Droit et institutionsLa citoyenneté européenneTout ressortissant d’un État membre de l’Union européenne est citoyen européen. Créée par le traité de Maastricht (1992), cette citoyenneté s’ajoute à la nationalité sans la remplacer et donne des droits communs.Droit et institutionsLe droit d’asileLe droit d’asile est la protection accordée par un État à une personne qui fuit des persécutions ou des menaces graves dans son pays. En France, elle est accordée par l’OFPRA, sous le contrôle de la CNDA.Quiz et testsExamen civiqueDepuis le 1er janvier 2026, l’examen civique est exigé en France pour une première carte de séjour pluriannuelle, une première carte de résident et la naturalisation : 40 questions, 32 bonnes réponses requises.Droit et institutionsDroits civils, civiques et politiquesLes droits civils protègent la personne dans sa vie privée (se marier, posséder, contracter). Les droits civiques et politiques permettent de participer à la vie publique : voter, être élu, être juré.Droit et institutionsLes institutions françaisesLes institutions de la France sont fixées par la Constitution de 1958 : un exécutif à deux têtes, un Parlement à deux chambres, une justice indépendante et des collectivités décentralisées.

Citoyenneté : toutes les fiches