Littérature · Auteurs
Dante Alighieri
Dante Alighieri (1265-1321) est un poète florentin, auteur de la Divine Comédie, voyage en vers à travers l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis. Écrite en toscan, l’œuvre fonde la langue italienne.
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Dante Alighieri, né à Florence vers la fin mai 1265 et mort en exil à Ravenne dans la nuit du 13 au 14 septembre 1321, est le plus grand poète italien et l’un des plus grands de tous les temps. Sa Comédie, qu’on appelle depuis le XVIe siècle la Divine Comédie, raconte en cent chants le voyage du poète à travers les trois royaumes de l’au-delà chrétien, de l’Enfer jusqu’à la vision de Dieu. Somme de la pensée du Moyen Âge, le poème est aussi une œuvre profondément personnelle et politique, nourrie d’amour, de colère et d’espérance.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1265 | Naissance à Florence dans une famille de petite noblesse guelfe |
| 1274 | Selon son propre récit, voit pour la première fois Béatrice, à neuf ans |
| 1283 | Deuxième rencontre avec Béatrice, qui le salue ; début de son activité poétique dans le cercle du « dolce stil novo », avec son ami Guido Cavalcanti |
| 1289 | Combat à la bataille de Campaldino contre Arezzo |
| 1290 | Mort de Béatrice Portinari, épouse d’un banquier |
| Vers 1293-1295 | Vita nuova, récit en prose et en vers de son amour pour Béatrice |
| 1295 | Entre dans la vie politique florentine (corporation des médecins et apothicaires) |
| 1300 | Élu prieur, l’une des plus hautes charges de la ville ; année où se situe le voyage de la Comédie |
| 1302 | Les guelfes noirs, soutenus par le pape Boniface VIII, prennent le pouvoir ; Dante, guelfe blanc, est condamné à l’exil, puis à mort par contumace |
| 1302-1321 | Exil à travers l’Italie : Vérone, la Lunigiana, Ravenne ; rédaction de la Comédie |
| 1321 | Mort à Ravenne, où il est inhumé |
Œuvres principales
| Œuvre | Date | Genre |
|---|---|---|
| Vita nuova | vers 1293-1295 | Prosimètre (prose et poèmes) |
| Rimes | 1283-1308 environ | Poèmes lyriques |
| Convivio (Le Banquet) | vers 1304-1307 | Traité philosophique en italien, inachevé |
| De vulgari eloquentia | vers 1303-1305 | Traité en latin sur la langue vulgaire, inachevé |
| De Monarchia | vers 1312-1318 | Traité politique en latin |
| Comédie (Divine Comédie) | vers 1306-1321 | Poème en trois cantiques |
La Divine Comédie
Le voyage
Le poème se déroule pendant la semaine sainte de 1300. À trente-cinq ans, « au milieu du chemin de notre vie », Dante s’égare dans une forêt obscure. Le poète latin Virgile, envoyé par Béatrice, vient le guider à travers l’Enfer et le Purgatoire. Au sommet du Purgatoire, Béatrice prend le relais pour le conduire dans les sphères du Paradis ; saint Bernard l’accompagne enfin jusqu’à la vision de Dieu.
La structure
| Cantique | Chants | Lieu | Guide |
|---|---|---|---|
| Enfer | 34 (dont un chant d’introduction) | Gouffre en entonnoir sous Jérusalem, neuf cercles | Virgile |
| Purgatoire | 33 | Montagne aux antipodes, sept corniches (les sept péchés capitaux) | Virgile puis Béatrice |
| Paradis | 33 | Neuf ciels et l’Empyrée | Béatrice puis saint Bernard |
Soit 100 chants et un peu plus de 14 000 vers. Le nombre 3, symbole de la Trinité, organise tout : trois cantiques, strophes de trois vers (la terza rima, rimes enchaînées ABA BCB CDC…), et chaque cantique se termine sur le mot « étoiles ».
Les neuf cercles de l’Enfer
À la porte de l’Enfer, une inscription prévient : « Vous qui entrez, laissez toute espérance. » Les damnés y sont punis selon la gravité de leurs fautes, de plus en plus bas :
- Les limbes : païens vertueux et enfants non baptisés (Homère, Aristote, Virgile lui-même).
- Les luxurieux, emportés par une tempête ; épisode de Paolo et Francesca (chant V).
- Les gourmands, sous une pluie glacée.
- Les avares et les prodigues.
- Les coléreux, dans le marais du Styx.
- Les hérétiques, dans des tombeaux enflammés.
- Les violents contre autrui, contre eux-mêmes (suicidés) et contre Dieu.
- Les fraudeurs, répartis en dix fosses (les Malebolge) ; Ulysse y raconte son dernier voyage (chant XXVI).
- Les traîtres, prisonniers de la glace ; le comte Ugolin (chant XXXIII) et, au centre, Lucifer, qui broie dans ses trois gueules Judas, Brutus et Cassius.
La loi du contrapasso fait correspondre chaque châtiment à la faute : les devins, qui ont voulu voir l’avenir, marchent la tête tournée vers l’arrière.
Pourquoi « Comédie » et pourquoi « divine » ?
Dante l’appelle Comédie parce que l’œuvre commence mal (l’Enfer) et finit bien (le Paradis), et qu’elle est écrite dans un style mêlé, en langue vulgaire. L’adjectif « divine » vient de Boccace ; il apparaît dans le titre d’une édition vénitienne de 1555.
Une œuvre fondatrice
- La langue italienne : en écrivant en toscan plutôt qu’en latin, Dante donne à l’italien sa langue littéraire. On l’appelle le « père de la langue italienne ».
- Une encyclopédie : théologie (largement inspirée de Thomas d’Aquin), astronomie, philosophie, histoire, politique.
- Un réquisitoire politique : Dante place en Enfer des papes, dont il annonce la damnation de Boniface VIII, et de nombreux Florentins de son temps.
- Une postérité immense : Pétrarque et Boccace, puis les romantiques, Victor Hugo, Baudelaire, la peinture (Delacroix, La Barque de Dante), la sculpture (Rodin, La Porte de l’Enfer), jusqu’au cinéma et au jeu vidéo.
Pour le contexte, voir la littérature médiévale et la Renaissance, que Dante annonce par son humanisme naissant.
Questions fréquentes
Qui était Béatrice ?
Béatrice Portinari, jeune Florentine que Dante a aimée de loin depuis l’enfance, morte à vingt-quatre ans en 1290. Elle devient dans son œuvre une figure de la grâce divine et le guide du Paradis.
Combien y a-t-il de cercles dans l’Enfer de Dante ?
Neuf, du plus léger (les limbes) au plus grave (les traîtres, au fond, figés dans la glace autour de Lucifer).
Dante est-il revenu à Florence ?
Non. Condamné à l’exil en 1302, il a refusé en 1315 une amnistie qui l’obligeait à reconnaître sa culpabilité. Il est mort à Ravenne, où se trouve toujours son tombeau.
Quelle traduction française lire ?
Il en existe de nombreuses. Celle de Jacqueline Risset (1985-1990) est réputée pour sa fluidité ; d’autres, comme celle de Danièle Robert, cherchent à restituer la terza rima.