Littérature · Auteurs
Jean Cocteau
Jean Cocteau (1889-1963) est un poète, romancier, dramaturge, cinéaste et dessinateur français, auteur des Enfants terribles, de La Machine infernale et du film La Belle et la Bête. Il se disait avant tout poète.
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Jean Cocteau, né à Maisons-Laffitte le 5 juillet 1889 et mort à Milly-la-Forêt le 11 octobre 1963, a touché à tous les arts : poésie, roman, théâtre, ballet, cinéma, dessin, peinture murale. Ami de Picasso, de Stravinsky, de Satie et de Radiguet, rival des surréalistes, il a été pendant un demi-siècle une figure centrale de la vie artistique parisienne. Il rangeait toutes ses œuvres sous le nom de « poésie » : poésie de roman, poésie de théâtre, poésie cinématographique.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1889 | Naissance dans une famille de la grande bourgeoisie |
| 1898 | Suicide de son père |
| 1909 | La Lampe d’Aladin, premier recueil ; il est célébré très jeune dans les salons |
| 1912 | Diaghilev, directeur des Ballets russes, lui lance : « Étonne-moi ! » |
| 1917 | Parade, ballet avec Erik Satie, Picasso et Léonide Massine : scandale au Châtelet |
| 1919-1923 | Amitié et amour pour le jeune écrivain Raymond Radiguet (Le Diable au corps), mort de la typhoïde à vingt ans en 1923 |
| 1924-1925 | Désintoxication de l’opium ; bref retour à la foi catholique sous l’influence de Jacques Maritain |
| 1926 | Orphée, pièce |
| 1929 | Les Enfants terribles, écrit en trois semaines pendant une cure de désintoxication |
| 1930 | La Voix humaine ; Le Sang d’un poète, premier film |
| 1934 | La Machine infernale |
| 1937 | Rencontre l’acteur Jean Marais, son compagnon et interprète |
| 1940-1944 | Reste à Paris sous l’Occupation ; ses pièces sont attaquées par la presse collaborationniste, mais il publie en 1942 un « Salut à Breker » qui lui sera reproché |
| 1946 | La Belle et la Bête, film |
| 1950 | Orphée, film |
| 1955 | Élu à l’Académie française et à l’Académie royale de Belgique |
| 1956-1960 | Décore des chapelles (Villefranche-sur-Mer, Milly-la-Forêt) ; Le Testament d’Orphée (1960) |
| 1963 | Mort à Milly-la-Forêt, quelques heures après Édith Piaf ; inhumé dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples qu’il avait décorée |
Œuvres principales
| Domaine | Œuvres |
|---|---|
| Poésie | Le Cap de Bonne-Espérance (1919), Plain-Chant (1923), Opéra (1927), Allégorie (1941), Le Requiem (1962) |
| Romans | Le Potomak (1919), Thomas l’imposteur (1923), Le Grand Écart (1923), Les Enfants terribles (1929) |
| Théâtre | Les Mariés de la tour Eiffel (1921), Antigone (1922), Orphée (1926), La Voix humaine (1930), La Machine infernale (1934), Les Chevaliers de la Table ronde (1937), Les Parents terribles (1938), L’Aigle à deux têtes (1946) |
| Ballets | Parade (1917), Le Bœuf sur le toit (1920, musique de Darius Milhaud), Le Jeune Homme et la Mort (1946) |
| Cinéma | Le Sang d’un poète (1930), L’Éternel Retour (scénario, 1943), La Belle et la Bête (1946), Les Parents terribles (1948), Orphée (1950), Le Testament d’Orphée (1960) |
| Essais | Le Coq et l’Arlequin (1918), Opium (1930), La Difficulté d’être (1947) |
Les Enfants terribles (1929)
Paul et Élisabeth, frère et sœur orphelins, vivent dans une chambre close où ils jouent au « Jeu », un univers de rêve et de cruauté qui les isole des adultes. L’arrivée de Gérard et d’Agathe, sosie d’un camarade aimé par Paul, détruit cet équilibre jusqu’au double suicide final. Le roman a été adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville (1950).
La Machine infernale (1934)
Cocteau reprend le mythe d’Œdipe en le présentant comme une machine montée par les dieux « pour l’anéantissement mathématique d’un mortel ». Le spectateur connaît la fin : tout l’intérêt réside dans l’ironie tragique. Le ton mêle le tragique, l’humour et l’anachronisme, comme dans son Orphée. Voir le théâtre.
Le cinéma
Cocteau considérait le cinéma comme un véhicule idéal de la poésie, capable de rendre visible le merveilleux. La Belle et la Bête (1946), avec Jean Marais et Josette Day, transpose le conte de Madame Leprince de Beaumont avec des effets simples et saisissants : bras vivants tenant les chandeliers, statues aux yeux mobiles. La « trilogie orphique » (Le Sang d’un poète, Orphée, Le Testament d’Orphée) fait du poète un passeur entre la vie et la mort ; dans Orphée, on traverse les miroirs pour gagner l’au-delà. Voir l'histoire du cinéma.
Thèmes et style
- Le poète, figure centrale, médiateur entre le visible et l’invisible, souvent incompris.
- Les mythes grecs réécrits : Œdipe, Antigone, Orphée.
- L’enfance, ses jeux, sa cruauté et son mystère.
- La mort, présentée comme une femme (la Princesse d'Orphée).
- Le merveilleux et les miroirs.
- La légèreté : aphorismes, paradoxes, refus du sérieux pesant. Dans Les Mariés de la tour Eiffel, il écrit : « Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur. »
Questions fréquentes
Jean Cocteau était-il surréaliste ?
Non. Il partageait avec les surréalistes le goût du rêve et du merveilleux, mais André Breton le détestait et l’a tenu à l’écart du mouvement.
Quel est le film le plus célèbre de Cocteau ?
La Belle et la Bête (1946), avec Jean Marais, et Orphée (1950), récompensé à la Mostra de Venise.
Qui était Raymond Radiguet pour Cocteau ?
Un jeune prodige qu’il rencontre en 1919 à quinze ans, son ami et son protégé, auteur du Diable au corps (1923) et du Bal du comte d’Orgel. Sa mort en 1923 plonge Cocteau dans l’opium.
Où voir les œuvres de Cocteau ?
Sa maison de Milly-la-Forêt est ouverte au public ; la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer, la salle des mariages de la mairie de Menton et la chapelle de Milly conservent ses décors.