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Littérature · Auteurs

Marguerite Duras

Marguerite Duras (1914-1996) est une écrivaine et cinéaste française née en Indochine, autrice d’Un barrage contre le Pacifique, de Moderato cantabile et de L’Amant, prix Goncourt 1984. Son style dépouillé est reconnaissable entre tous.

Mis à jour le 4 min de lecture

Marguerite Duras, de son vrai nom Marguerite Donnadieu, née à Gia Định, près de Saïgon, le 4 avril 1914 et morte à Paris le 3 mars 1996, est l’une des écrivaines les plus singulières du XXe siècle. Romancière, dramaturge, scénariste et réalisatrice, elle a écrit l’amour impossible, l’attente, le désir et la folie dans une langue de plus en plus dépouillée, faite de répétitions et de silences. L’enfance indochinoise, la mère ruinée et le grand frère violent forment le noyau de son œuvre, jusqu’au succès mondial de L’Amant en 1984.

Biographie

DateÉvénement
1914Naissance en Cochinchine ; ses parents sont enseignants
1921Mort de son père ; sa mère élève seule trois enfants
1924-1932Enfance en Indochine (Sadec, Vinh Long) ; la mère achète au Cambodge une concession inondée chaque année par la mer, qui la ruine
1932Arrive en France ; études de droit à Paris
1938-1940Travaille au ministère des Colonies ; coécrit L’Empire français (1940)
1939Épouse Robert Antelme
1943Les Impudents, premier roman, sous le nom de Duras, village du Lot-et-Garonne où son père avait une maison
1943-1944Résistance, dans le réseau de François Mitterrand ; Antelme est arrêté et déporté en 1944, il revient de Dachau en 1945 à demi-mort
1944-1950Membre du Parti communiste ; vit avec Dionys Mascolo, dont elle a un fils, Jean, en 1947
1950Un barrage contre le Pacifique
1958Moderato cantabile
1959Scénario d'Hiroshima mon amour, film d’Alain Resnais
1964Le Ravissement de Lol V. Stein
1966-1985Réalise une vingtaine de films, dont India Song (1975)
1980Rencontre Yann Andréa, son dernier compagnon
1984L’Amant, prix Goncourt
1985La Douleur
1996Mort à Paris ; inhumée au cimetière du Montparnasse

Œuvres principales

ŒuvreDateGenre
Un barrage contre le Pacifique1950Roman : la mère qui lutte contre l’océan pour sauver ses rizières
Le Marin de Gibraltar1952Roman
Moderato cantabile1958Roman bref : une femme et un homme se retrouvent dans un café après un crime passionnel
Hiroshima mon amour1959Scénario
Le Ravissement de Lol V. Stein1964Roman : une femme abandonnée lors d’un bal, et sa folie
Le Vice-consul1966Roman du « cycle indien »
Détruire, dit-elle1969Roman et film
India Song1973 (texte), 1975 (film)Texte-théâtre-film
L’Amant1984Récit autobiographique
La Douleur1985Récit : l’attente du retour de Robert Antelme
Les Yeux bleus cheveux noirs1986Roman
L’Amant de la Chine du Nord1991Réécriture de L’Amant
Écrire1993Essai
C’est tout1995Derniers textes

L’Amant (1984)

La narratrice, âgée, se souvient de ses quinze ans et demi en Indochine : la traversée du Mékong sur un bac, son chapeau d’homme et ses chaussures lamées, la rencontre d’un riche Chinois de Cholen, plus âgé qu’elle, qui devient son amant. Le récit mêle cette liaison à la misère familiale, à la mère et aux frères. Il s’ouvre sur une phrase célèbre : « Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. » Plus loin : « Très vite dans ma vie il a été trop tard. » Le livre obtient le prix Goncourt, se vend à plus d’un million d’exemplaires et est traduit dans le monde entier. Jean-Jacques Annaud l’adapte au cinéma en 1992.

Hiroshima mon amour (1959)

Pour le film d’Alain Resnais, Duras écrit l’histoire d’une actrice française et d’un architecte japonais qui s’aiment le temps d’une nuit à Hiroshima, quatorze ans après la bombe. La femme se souvient de son premier amour, un soldat allemand tué à la Libération, à Nevers. Le dialogue s’ouvre sur un échange devenu célèbre : « Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien. » — « J’ai tout vu. Tout. » Le film est une œuvre phare du cinéma moderne, contemporaine de la Nouvelle Vague.

Le style Duras

  • Le dépouillement : phrases courtes, souvent nominales, vocabulaire simple.
  • La répétition de mots et de phrases, qui crée une incantation.
  • Les blancs et les silences : ce qui n’est pas dit compte autant que ce qui est dit.
  • La fragmentation : récit discontinu, temps mêlés.
  • La voix : au cinéma, Duras sépare souvent la voix des images (India Song).

Proche par certains traits du Nouveau Roman, Duras n’en a jamais revendiqué l’appartenance.

Thèmes

  • L’amour fou et impossible, le désir qui détruit.
  • L’attente, au cœur de La Douleur et de Moderato cantabile.
  • La mère, à la fois héroïque et terrible.
  • L’Indochine coloniale, la misère des petits Blancs, les injustices de l’administration coloniale. Voir la colonisation.
  • La folie et la perte de soi (Lol V. Stein, la mendiante du Vice-consul).

Questions fréquentes

L’Amant est-il une histoire vraie ?

C’est un récit autobiographique, mais réécrit et transfiguré. Duras avait déjà raconté une version de cette histoire dans Un barrage contre le Pacifique et l’a reprise dans L’Amant de la Chine du Nord en 1991. Les détails varient d’un livre à l’autre.

Pourquoi Duras a-t-elle choisi ce pseudonyme ?

Duras est le nom d’une commune du Lot-et-Garonne, proche de la maison de son père à Pardaillan.

Quel livre de Duras lire en premier ?

L’Amant, le plus accessible, ou Un barrage contre le Pacifique, roman plus classique. Moderato cantabile est souvent étudié au lycée.

Duras a-t-elle réalisé des films ?

Oui, une vingtaine, dont India Song (1975), Le Camion (1977) et Les Enfants (1985).

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