Littérature · Auteurs
Goethe
Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) est le plus grand écrivain de langue allemande, auteur des Souffrances du jeune Werther (1774) et de Faust. Poète, dramaturge, ministre et savant, il domine son époque.
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Johann Wolfgang von Goethe, né à Francfort-sur-le-Main le 28 août 1749 et mort à Weimar le 22 mars 1832, est le poète national de l’Allemagne. En près de soixante ans de création, il a traversé toutes les époques de la littérature allemande : la révolte du Sturm und Drang, le classicisme de Weimar avec Schiller, puis une vieillesse universelle et cosmopolite. Les Souffrances du jeune Werther lui apportent à vingt-cinq ans une célébrité européenne ; Faust, achevé quelques mois avant sa mort, est son œuvre de toute une vie. Il fut aussi homme d’État et savant, passionné de botanique, de géologie et d’optique.
Biographie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1749 | Naissance dans une famille de la riche bourgeoisie de Francfort |
| 1765-1768 | Études de droit à Leipzig |
| 1770-1771 | Études à Strasbourg ; rencontre Herder, qui lui fait découvrir Shakespeare et la poésie populaire ; amour pour Friederike Brion |
| 1772 | Stagiaire au tribunal de Wetzlar, où il s’éprend de Charlotte Buff, fiancée d’un ami |
| 1773 | Götz von Berlichingen, drame du Sturm und Drang |
| 1774 | Les Souffrances du jeune Werther |
| 1775 | S’installe à Weimar à l’invitation du duc Charles-Auguste ; il y restera toute sa vie |
| 1776-1786 | Conseiller, puis ministre du duché ; liaison platonique avec Charlotte von Stein |
| 1786-1788 | Voyage en Italie, révélation de l’Antiquité classique |
| 1788 | Liaison avec Christiane Vulpius, qu’il épousera en 1806 |
| 1794-1805 | Amitié et collaboration avec Friedrich Schiller : le classicisme de Weimar |
| 1808 | Faust, première partie ; rencontre Napoléon à Erfurt |
| 1823-1832 | Johann Peter Eckermann recueille ses conversations |
| 1832 | Mort à Weimar ; Faust II paraît quelques mois plus tard |
Œuvres principales
| Œuvre | Date | Genre |
|---|---|---|
| Götz von Berlichingen | 1773 | Drame |
| Les Souffrances du jeune Werther | 1774 | Roman épistolaire |
| Le Roi des aulnes (Erlkönig) | 1782 | Ballade |
| Iphigénie en Tauride | 1787 | Tragédie |
| Egmont | 1788 | Drame |
| La Métamorphose des plantes | 1790 | Essai scientifique |
| Torquato Tasso | 1790 | Drame |
| Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister | 1795-1796 | Roman de formation |
| Hermann et Dorothée | 1797 | Épopée bourgeoise en vers |
| Faust, première partie | 1808 | Drame |
| Les Affinités électives | 1809 | Roman |
| Traité des couleurs | 1810 | Essai scientifique |
| Poésie et Vérité | 1811-1833 | Autobiographie |
| Le Divan occidental-oriental | 1819 | Poésie inspirée du poète persan Hafez |
| Les Années de voyage de Wilhelm Meister | 1821, 1829 | Roman |
| Faust, seconde partie | 1832 (posthume) | Drame |
Les Souffrances du jeune Werther (1774)
Dans ce roman par lettres, Werther, jeune homme sensible, s’éprend de Charlotte (Lotte), déjà fiancée à Albert, homme raisonnable qu’elle épouse. Incapable de vivre sans elle ni de l’oublier, Werther se suicide avec un pistolet prêté par Albert. Le livre, inspiré de l’amour de Goethe pour Charlotte Buff et du suicide d’une de ses connaissances, le jeune Karl Wilhelm Jerusalem, connaît un succès foudroyant dans toute l’Europe. On parle de « fièvre de Werther » : les jeunes gens imitent son costume, bleu et jaune. Le roman est l’un des textes fondateurs de la sensibilité préromantique, qui annonce le romantisme. Napoléon, qui l’avait lu plusieurs fois, en parla avec Goethe à Erfurt.
Faust
Inspiré d’une légende allemande du XVIe siècle, Faust occupe Goethe pendant près de soixante ans.
- Première partie (1808) : le docteur Faust, savant désespéré de n’avoir pu tout connaître, conclut un pacte avec Méphistophélès, le diable : celui-ci le servira sur terre, et Faust lui appartiendra s’il demande à un instant de durer. Rajeuni, Faust séduit Marguerite (Gretchen), jeune fille pure ; elle tue l’enfant né de leur amour, est condamnée à mort, mais une voix céleste annonce qu’elle est sauvée.
- Seconde partie (1832) : drame foisonnant et allégorique où Faust traverse la cour impériale, la Grèce antique (union avec Hélène de Troie), la guerre, puis un grand projet d’assèchement de terres. Il meurt, mais les anges arrachent son âme au diable, car il n’a jamais cessé de chercher.
Le mythe de Faust inspire ensuite Berlioz (La Damnation de Faust), Gounod (opéra Faust), Thomas Mann et bien d’autres. Gérard de Nerval en a donné une célèbre traduction française dès 1828. Voir Gérard de Nerval.
Style et thèmes
- L’aspiration infinie : Werther et Faust veulent tout éprouver et tout connaître.
- La nature, vivante et sacrée, que Goethe étudie aussi en savant.
- L’amour, souvent malheureux, et l’éternel féminin, qui « nous attire vers le haut » selon les derniers vers de Faust.
- La formation de l’individu (Bildungsroman), avec Wilhelm Meister, modèle du roman d’apprentissage.
- L’équilibre classique : après la révolte de la jeunesse, la recherche de mesure et d’harmonie inspirée de l’Antiquité.
- L’universalité : Goethe forge la notion de Weltliteratur, « littérature mondiale ».
Ses poèmes ont été mis en musique par Franz Schubert (Le Roi des aulnes, Marguerite au rouet), Beethoven et Schumann. Pour son temps, voir les Lumières et l'Allemagne.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Sturm und Drang ?
« Tempête et élan » : mouvement littéraire allemand des années 1770 qui exalte la passion, le génie individuel et la nature contre la raison des Lumières. Goethe en est, avec le jeune Schiller, la figure principale (Götz, Werther).
Quelles sont les dernières paroles de Goethe ?
La tradition lui prête les mots « Mehr Licht ! » (« Plus de lumière ! »), mais ce récit est incertain : il repose sur un témoignage indirect, et le sens symbolique qu’on lui donne est sans doute exagéré.
Pourquoi l’Institut Goethe porte-t-il son nom ?
Le Goethe-Institut, organisme culturel allemand fondé en 1951, diffuse la langue et la culture allemandes dans le monde. Il porte le nom de Goethe, considéré comme la figure la plus représentative de la culture allemande.
Goethe était-il aussi un scientifique ?
Oui. Il a étudié la botanique (La Métamorphose des plantes), l’anatomie (il identifie l’os intermaxillaire chez l’homme), la géologie et les couleurs. Sa théorie des couleurs, opposée à celle de Newton, est fausse en physique mais a influencé peintres et psychologues.