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Histoire · Moyen Âge

Les villes au Moyen Âge

Entre le XIe et le XIIIe siècle, les villes européennes renaissent et grandissent grâce au commerce et à l’artisanat. Leurs habitants, les bourgeois, obtiennent des libertés et parfois le droit de s’administrer eux-mêmes.

Mis à jour le 4 min de lecture

Au début du Moyen Âge, les villes héritées de l’Empire romain ont beaucoup rétréci. À partir du XIe siècle, elles connaissent un essor spectaculaire : les anciennes cités grandissent et de nouvelles villes apparaissent autour d’un château, d’une abbaye, d’un pont ou d’un marché. Leurs habitants, les bourgeois (habitants du bourg), vivent de l'artisanat et du commerce. Ils obtiennent des seigneurs des libertés (chartes de franchise) et parfois le droit de se gouverner : ce sont les communes. Vers 1300, les villes ne rassemblent pourtant qu’environ 10 % de la population.

Pourquoi les villes se développent-elles ?

  • La croissance démographique : la population européenne augmente fortement entre l’an 1000 et 1300 ; les campagnes produisent plus grâce aux progrès agricoles et nourrissent davantage de citadins.
  • La reprise du commerce : routes, foires, ports méditerranéens et nordiques.
  • La paix relative et le renforcement des pouvoirs seigneuriaux puis royaux.
  • L’attraction des villes sur les paysans, qui y cherchent travail et liberté.

Les plus grandes villes vers 1300

VillePopulation estiméeActivité principale
ParisEnviron 200 000Capitale royale, université, artisanat
Milan, Venise, Florence100 000 environ chacuneCommerce, banque, textile
GênesEnviron 60 000 à 100 000Commerce maritime
Gand, Bruges40 000 à 60 000Draperie, commerce
Londres60 000 à 80 000Port, commerce

Ces chiffres sont des estimations. Paris est alors de loin la plus grande ville d’Occident (voir l'histoire de Paris).

Bourgeois, libertés et communes

Les villes dépendent d’abord d’un seigneur (comte, évêque, abbé), qui y prélève des taxes et y rend la justice. Les bourgeois réclament des libertés utiles à leurs affaires :

  • la liberté personnelle (fin du servage) ;
  • la fixation des impôts et la suppression de taxes arbitraires ;
  • le droit d’avoir leurs propres juges et de se défendre.

Ces droits sont mis par écrit dans des chartes de franchise, accordées de gré ou obtenues contre de l’argent, parfois par la révolte. La commune de Laon se soulève en 1112 et tue son évêque. Dans les communes, les bourgeois élisent des magistrats (maire, échevins, consuls dans le Midi) qui gouvernent la ville. Le beffroi, tour qui abrite la cloche et les archives, est le symbole de ces libertés dans le nord.

Les rois capétiens, comme Philippe Auguste, soutiennent souvent les communes pour affaiblir les grands seigneurs. Mais à partir du XIVe siècle, l’autorité royale contrôle de plus en plus les villes.

Les métiers

Les artisans d’une même activité se regroupent en métiers (on dira plus tard corporations) : bouchers, boulangers, drapiers, tanneurs, orfèvres… Chaque métier a ses règles, fixées dans des statuts : qualité des produits, prix, horaires, nombre d’apprentis. En 1268, le prévôt de Paris Étienne Boileau fait rédiger le Livre des métiers, qui recense une centaine de métiers parisiens.

RangSituation
ApprentiJeune qui apprend le métier chez un maître, souvent plusieurs années
Compagnon (valet)Ouvrier qualifié, salarié du maître
MaîtrePossède l’atelier et la boutique ; il doit souvent réaliser un « chef-d’œuvre » et payer un droit pour le devenir

Les marchands les plus riches, notamment dans le textile et le grand commerce, forment le patriciat urbain, qui domine le gouvernement de la ville.

La vie en ville

Le paysage urbain

  • Une enceinte de remparts, avec des portes fermées la nuit, plusieurs fois agrandie.
  • Des rues étroites et tortueuses, rarement pavées, où coule l’eau sale.
  • Des maisons à pans de bois, à plusieurs étages en encorbellement, avec la boutique au rez-de-chaussée.
  • Des rues spécialisées par métier (rue des Tanneurs, de la Ferronnerie).
  • La cathédrale et les églises paroissiales, les couvents des ordres mendiants, les halles, l’hôtel de ville.

Les difficultés

Les villes sont sales (ordures, animaux, absence d’égouts), exposées aux incendies à cause du bois, et aux épidémies : la peste noire de 1347-1352 y tue souvent un tiers à la moitié des habitants. Les pauvres, les mendiants et les journaliers sont nombreux.

Une vie culturelle

Les villes accueillent les écoles et les universités (Bologne, Paris, Oxford, Montpellier), les grands chantiers de cathédrales gothiques, les fêtes, les représentations de mystères sur le parvis.

Exercice corrigé

Explique ce qu’est une charte de franchise.

  • C’est un document écrit par lequel un seigneur accorde aux habitants d’une ville des libertés : suppression du servage, impôts fixés, justice propre. Les bourgeois l’obtiennent souvent en échange d’argent.

Questions fréquentes

Qui étaient les bourgeois au Moyen Âge ?

Les habitants d’une ville (le « bourg ») qui disposaient des droits de la cité : surtout des marchands et des artisans. Le mot n’avait pas encore le sens social qu’il prendra plus tard.

Qu’est-ce qu’une commune au Moyen Âge ?

Une association jurée des habitants d’une ville, reconnue par une charte, qui obtient le droit de s’administrer elle-même par des magistrats élus.

Pourquoi les villes médiévales étaient-elles entourées de remparts ?

Pour se protéger des attaques et des pillards, mais aussi pour contrôler les entrées et percevoir des taxes sur les marchandises.

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