Histoire · Moyen Âge
Tamerlan
Tamerlan, ou Timur (1336–1405), est un conquérant turco-mongol qui bâtit un empire de l’Asie centrale à la Syrie. Il bat les Ottomans à Ankara en 1402 et fait de Samarcande sa capitale.
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Tamerlan, de son vrai nom Timur, né le 9 avril 1336 près de Kech (Shahrisabz, en Ouzbékistan actuel) et mort le 18 février 1405 à Otrar (Kazakhstan), est le dernier des grands conquérants nomades d’Asie. En trente-cinq ans de campagnes, il soumet l’Asie centrale, la Perse, le Caucase, ravage l’Inde du Nord, la Syrie et l’Anatolie, et capture le sultan ottoman. Ses guerres sont d’une violence extrême ; sa capitale, Samarcande, devient pourtant l’un des joyaux de l’architecture islamique.
Fiche d’identité
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Nom | Timur, « fer » en turc ; Tamerlan vient du persan Timur-e Lang, « Timur le boiteux » |
| Origine | tribu turco-mongole des Barlas, islamisée et turcophone |
| Prise du pouvoir | 1370, à Balkh |
| Titre | émir ; il se dit gurgan, « gendre » de la lignée de Gengis Khan |
| Capitale | Samarcande |
| Mort | 18 février 1405, à Otrar, en route pour envahir la Chine |
| Tombeau | mausolée Gour-Emir, Samarcande |
Un chef de guerre issu du chaos
Au XIVe siècle, le khanat de Djaghataï, héritier de l'Empire mongol en Asie centrale, se disloque en principautés rivales. Fils d’un petit chef, Timur se fait remarquer comme chef de bande. Une blessure reçue dans sa jeunesse le laisse boiteux de la jambe droite et handicapé du bras droit, ce qu’a confirmé l’examen de son squelette en 1941.
Allié puis rival de l’émir Hussein, il l’élimine en 1370 et se fait proclamer souverain à Balkh. N’étant pas descendant de Gengis Khan, il ne prend pas le titre de khan, gouverne derrière des khans fantoches et épouse une princesse gengiskhanide.
Les grandes campagnes
| Période | Campagne |
|---|---|
| 1370 – 1380 | Unification de la Transoxiane et du Khwarezm |
| 1381 – 1387 | Conquête de la Perse : Hérat, Ispahan (révoltée, massacrée en 1387) |
| 1391 et 1395 | Guerres contre Tokhtamych, khan de la Horde d’or, qu’il avait d’abord aidé ; destruction de Saraï et des villes de la Volga |
| 1398 – 1399 | Invasion de l’Inde ; sac de Delhi (décembre 1398) |
| 1400 – 1401 | Syrie : prise d’Alep et de Damas ; Bagdad détruite en 1401 |
| 20 juillet 1402 | Bataille d’Ankara : victoire sur le sultan ottoman Bayezid Ier, fait prisonnier |
| 1404 – 1405 | Préparation d’une campagne contre la Chine des Ming |
Ankara et l’Europe
À Ankara, en 1402, Tamerlan écrase l’armée de Bayezid Ier, qui meurt captif l’année suivante. L'Empire ottoman plonge dans une guerre de succession d’une dizaine d’années. Cette défaite retarde d’un demi-siècle la chute de Constantinople, qui ne tombera qu’en 1453.
Les souverains européens voient d’abord en Tamerlan un allié contre les Turcs. Le roi de Castille Henri III lui envoie une ambassade, dont le chef, Ruy González de Clavijo, laisse un récit précieux de la cour de Samarcande en 1404.
Samarcande, vitrine de l’empire
Tamerlan déporte vers sa capitale des milliers d’artisans, d’architectes et de savants pris dans les villes conquises : Persans, Syriens, Indiens. Ils élèvent des monuments aux coupoles de céramique bleue :
- la mosquée Bibi-Khanym, parmi les plus grandes du monde islamique à son époque ;
- le mausolée Gour-Emir, où il repose ;
- la nécropole de Shah-i-Zinda ;
- le palais Ak-Saraï à Shahrisabz, sa ville natale.
À Damas, en 1401, il reçoit l’historien Ibn Khaldoun, qui a laissé le récit de leurs entretiens : il le décrit comme un homme d’une grande intelligence, passionné d’histoire.
La mort et les héritiers
Tamerlan meurt de maladie le 18 février 1405 à Otrar, au début de la campagne contre la Chine. Son empire, fondé sur sa personne, se fragmente. Son fils Shah Rokh conserve la Perse orientale et l’Asie centrale, et son petit-fils Ulugh Beg, gouverneur de Samarcande, devient un grand astronome. La dynastie des Timourides favorise une brillante renaissance culturelle persane au XVe siècle.
Un de ses descendants, Babur, chassé d’Asie centrale, fonde en 1526 l'Empire moghol en Inde.
Une mémoire contrastée
Dans les pays qu’il a ravagés, Tamerlan reste un symbole de destruction. En Ouzbékistan, il est devenu depuis l’indépendance de 1991 un héros national, dont la statue remplace celle de Marx au centre de Tachkent.
Questions fréquentes
Pourquoi Tamerlan s’appelle-t-il ainsi ?
Le nom vient du persan Timur-e Lang, « Timur le boiteux », déformé en Tamerlan par les Européens.
Tamerlan était-il mongol ?
Il était turco-mongol : issu d’une tribu d’origine mongole, mais turcophone et musulman. Il n’était pas descendant de Gengis Khan.
Qui Tamerlan a-t-il vaincu à Ankara ?
Le sultan ottoman Bayezid Ier, le 20 juillet 1402. Le sultan fut fait prisonnier et mourut en captivité.
Où est enterré Tamerlan ?
Au mausolée Gour-Emir, à Samarcande, en Ouzbékistan.