Histoire · Moyen Âge
Les Templiers
Les Templiers forment un ordre religieux et militaire fondé vers 1120 à Jérusalem pour protéger les pèlerins. Devenu riche et puissant, l’ordre est détruit par Philippe le Bel : arrestations en 1307, suppression en 1312.
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L'ordre du Temple est un ordre religieux et militaire fondé vers 1120 à Jérusalem, après la première croisade, par le chevalier champenois Hugues de Payns et quelques compagnons. Ses membres, les Templiers, sont à la fois moines (ils prononcent des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance) et chevaliers (ils combattent). Chargé de protéger les pèlerins en Terre sainte, l’ordre devient en deux siècles une puissance militaire, foncière et financière. Il est brutalement détruit par le roi de France Philippe le Bel : arrestation des Templiers le 13 octobre 1307, suppression de l’ordre par le pape en 1312, exécution du grand maître Jacques de Molay en 1314.
Les dates clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 1099 | Prise de Jérusalem par les croisés |
| Vers 1120 | Hugues de Payns fonde la « milice des pauvres chevaliers du Christ » |
| Vers 1120 | Le roi de Jérusalem les loge dans une partie de son palais, sur l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon, d’où leur nom |
| 1129 | Le concile de Troyes approuve l’ordre et lui donne une règle |
| Vers 1130 | Saint Bernard écrit l'Éloge de la nouvelle chevalerie en leur faveur |
| 1139 | Le pape accorde à l’ordre de larges privilèges (il ne dépend que de lui) |
| 1187 | Défaite de Hattin ; Saladin prend Jérusalem et fait exécuter les Templiers prisonniers |
| 1291 | Chute d’Acre, dernière place forte des croisés |
| 13 octobre 1307 | Arrestation de tous les Templiers du royaume de France |
| 1312 | Le pape Clément V supprime l’ordre au concile de Vienne (Dauphiné) |
| 18 ou 19 mars 1314 | Jacques de Molay est brûlé à Paris |
Moines et soldats
L’organisation
À la tête de l’ordre se trouve le grand maître, élu, assisté d’un chapitre. Les membres se répartissent en :
- chevaliers, d’origine noble, qui portent le manteau blanc marqué d’une croix rouge (accordée vers 1147) ;
- sergents, d’origine plus modeste, combattants ou artisans, en manteau noir ou brun ;
- chapelains, prêtres de l’ordre.
Le symbole des deux chevaliers sur un même cheval, sur leur sceau, exprime l’idéal de pauvreté.
Le rôle militaire
En Terre sainte, les Templiers gardent des forteresses et constituent une troupe d’élite, disciplinée, qui combat aux avant-postes. Ils participent à toutes les grandes batailles des croisades. D’autres ordres comparables existent : les Hospitaliers (ordre de Saint-Jean, d’abord hospitalier), les chevaliers Teutoniques.
Une puissance financière
Pour financer la guerre en Orient, l’ordre reçoit d’innombrables dons en Europe : terres, maisons, droits. Il possède des centaines de commanderies, domaines agricoles gérés par quelques frères, qui envoient leurs revenus en Terre sainte.
Les Templiers deviennent aussi des banquiers : leurs maisons fortifiées servent de coffres-forts, ils transfèrent des fonds entre l’Europe et l’Orient, prêtent de l’argent aux rois et aux nobles. La maison du Temple de Paris garde une partie du trésor royal français au XIIIe siècle.
Pourquoi Philippe le Bel les fait-il arrêter ?
Après la chute d’Acre (1291), l’ordre a perdu sa raison d’être en Terre sainte et se replie en Europe, où il apparaît riche et inutile. Les motivations de Philippe le Bel sont débattues par les historiens :
- des besoins d’argent : le roi est très endetté et a déjà dépouillé les banquiers lombards et expulsé les Juifs (1306) ;
- l’affirmation de l’autorité royale face à un ordre qui ne dépend que du pape ;
- une conviction religieuse : le roi et son conseiller Guillaume de Nogaret se posent en défenseurs de la foi.
Le procès
Le vendredi 13 octobre 1307, sur ordre secret du roi, tous les Templiers de France sont arrêtés à l’aube. On les accuse d'hérésie : avoir renié le Christ et craché sur la croix lors de leur entrée dans l’ordre, adorer une idole (le « Baphomet »), pratiquer la sodomie. Sous la torture, la plupart avouent, dont Jacques de Molay. Beaucoup se rétractent ensuite. En 1310, 54 Templiers qui avaient défendu l’ordre sont brûlés près de Paris comme relaps.
Le pape Clément V, sous la pression du roi, supprime l’ordre en 1312 par la bulle Vox in excelso, sans le déclarer coupable. Ses biens sont transférés aux Hospitaliers. En 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, qui proclament leur innocence et celle de l’ordre, sont brûlés vifs sur l’île aux Juifs, à Paris, près de l’actuel Pont-Neuf.
Mythes et réalité
La fin brutale de l’ordre a nourri de nombreuses légendes : trésor caché, survivance secrète, liens avec la franc-maçonnerie, garde du Graal. Aucune n’a de fondement historique. La plupart des historiens estiment aujourd’hui que les Templiers étaient innocents des accusations d’hérésie. Un document retrouvé dans les archives du Vatican, le parchemin de Chinon (1308), montre que le pape avait accordé son absolution aux dirigeants de l’ordre.
Exercice corrigé
Pourquoi les Templiers sont-ils à la fois des moines et des chevaliers ?
- Comme des moines, ils prononcent des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et suivent une règle. Comme des chevaliers, ils combattent à cheval pour défendre les pèlerins et les États latins d’Orient.
Questions fréquentes
Pourquoi les appelle-t-on les Templiers ?
Parce qu’ils furent logés à Jérusalem dans une partie du palais royal, situé sur l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon.
Le vendredi 13 porte-t-il malheur à cause des Templiers ?
On le dit souvent, mais aucun lien n’est prouvé : la superstition du vendredi 13 semble bien plus récente, sans doute du XIXe ou du XXe siècle.
Les Templiers ont-ils caché un trésor ?
Aucune source ne l’atteste. Leurs biens ont été saisis par le roi puis transférés en grande partie aux Hospitaliers.