Aller au contenu
connaissance.org

Histoire · Moyen Âge

L’Église au Moyen Âge

Au Moyen Âge, l’Église catholique encadre toute la société de l’Occident : elle rythme la vie des fidèles par les sacrements et les fêtes, possède de vastes terres et dispute aux rois l’autorité suprême.

Mis à jour le 4 min de lecture

Au Moyen Âge, en Occident, presque tout le monde est chrétien, et l'Église catholique occupe une place centrale. Elle désigne à la fois la communauté des fidèles et l'institution qui l’encadre : le pape, les évêques, les prêtres et les moines. Elle accompagne chacun de la naissance à la mort par les sacrements, fixe le calendrier, enseigne, soigne et assiste les pauvres. Elle est aussi une puissance riche en terres, qui prélève la dîme et affirme, surtout à partir du XIe siècle, la supériorité du pape sur les rois. Le clergé constitue le premier ordre de la société, celui de « ceux qui prient ».

L’organisation de l’Église

NiveauResponsableRôle
Église universelleLe pape, évêque de RomeChef de l’Église d’Occident, successeur de saint Pierre ; il réunit les conciles
ProvinceL’archevêqueÉvêque d’une ville principale, il supervise les évêques voisins
DiocèseL’évêqueDirige le clergé de son diocèse depuis sa cathédrale ; ordonne les prêtres
ParoisseLe curéPrêtre chargé des fidèles d’un village ou d’un quartier : messe, sacrements
MonastèreL’abbéDirige une communauté de moines (voir moines et monastères)

La paroisse, organisée autour de l’église et du cimetière, devient le cadre de la vie des chrétiens, surtout à partir des XIe-XIIe siècles.

Encadrer la vie des chrétiens

Les sacrements

L’Église fixe au XIIe siècle la liste des sept sacrements, signes de la grâce de Dieu : le baptême (peu après la naissance), la confirmation, l'eucharistie (communion), la pénitence (confession), le mariage, l'ordre (pour les prêtres) et l'extrême-onction (pour les mourants). En 1215, le concile de Latran IV impose à chaque fidèle de se confesser et de communier au moins une fois par an, à Pâques.

Le temps chrétien

Les cloches sonnent les heures de prière. L’année suit le calendrier liturgique : Avent, Noël, Carême (40 jours de jeûne), Pâques, Pentecôte, Toussaint, et de nombreuses fêtes de saints. Le dimanche, le travail est interdit. Le culte des saints et des reliques est très important ; les pèlerinages vers Rome, Jérusalem ou Saint-Jacques-de-Compostelle attirent des foules.

La peur de l’au-delà

L’Église enseigne que, après la mort, l’âme va au paradis ou en enfer ; à partir du XIIe siècle, on développe l’idée du purgatoire, lieu de purification. Les tympans des églises romanes et gothiques montrent souvent le Jugement dernier pour inciter les fidèles à bien se conduire.

Une Église riche et puissante

  • Des terres : évêchés et monastères possèdent une part considérable des terres, données par les rois et les nobles.
  • La dîme : environ un dixième des récoltes, versé par tous.
  • Des tribunaux : l’Église juge les clercs et certaines affaires (mariage, hérésie).
  • L’excommunication : le pape ou un évêque peut exclure un fidèle de la communauté des chrétiens ; l'interdit prive tout un territoire de sacrements.

La réforme grégorienne

Au XIe siècle, l’Église est critiquée : certains prêtres sont mariés, des charges religieuses sont achetées (la simonie), et les rois et seigneurs nomment les évêques. Le pape Grégoire VII (1073-1085) et ses successeurs lancent une grande réforme :

  • les prêtres doivent rester célibataires ;
  • la simonie est interdite ;
  • seuls les clercs peuvent nommer les évêques.

Cette dernière question provoque la querelle des Investitures avec l’empereur germanique Henri IV, qui doit s’humilier devant le pape à Canossa en 1077. Le conflit se termine par le concordat de Worms (1122). La papauté en sort renforcée ; elle appelle à la première croisade en 1095 (voir croisades).

Le rôle culturel et social

  • L’enseignement : les écoles monastiques puis cathédrales forment les clercs ; au XIIIe siècle naissent les universités (Paris, vers 1200), sous l’autorité de l’Église.
  • La culture écrite : les moines copient les manuscrits ; le latin reste la langue de l’Église et du savoir.
  • L’art : les églises romanes puis gothiques, comme Notre-Dame de Paris (commencée en 1163), sont les plus grands chantiers de l’époque.
  • L’assistance : hôpitaux (Hôtel-Dieu), aumônes aux pauvres, accueil des pèlerins.

Lutter contre les hérésies

L’Église combat ceux qui s’écartent de sa doctrine, les hérétiques. Elle lance une croisade contre les Cathares du Midi (1209) et crée l'Inquisition dans les années 1230, des tribunaux chargés de rechercher et juger les hérétiques. En Orient, la rupture de 1054 sépare les Églises latine et grecque : c’est le schisme de 1054.

Exercice corrigé

Cite trois moments de la vie d’un chrétien où l’Église intervient.

  • La naissance, avec le baptême.
  • Le mariage, devenu un sacrement célébré à l’église.
  • La mort, avec l’extrême-onction et l’enterrement dans le cimetière paroissial.

Questions fréquentes

Qui dirige l’Église au Moyen Âge ?

Le pape, évêque de Rome, considéré comme le successeur de saint Pierre. Il s’appuie sur les archevêques, les évêques et les curés des paroisses.

Pourquoi l’Église était-elle si riche ?

Grâce aux dons de terres des rois et des nobles, faits pour le salut de leur âme, et à la dîme prélevée sur les récoltes de tous les fidèles.

Quelle est la différence entre une église et une cathédrale ?

Une église est un lieu de culte ; la cathédrale est l’église où siège l’évêque, la principale de son diocèse. Le mot vient de cathedra, le siège de l’évêque.

À lire aussi

Moyen Âge : toutes les fiches