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Sciences · Grands scientifiques

Irène Joliot-Curie

Irène Joliot-Curie (1897-1956), physicienne et chimiste française, fille de Pierre et Marie Curie, a découvert avec son mari Frédéric Joliot la radioactivité artificielle, récompensée par le prix Nobel de chimie 1935.

Mis à jour le 4 min de lecture

Fille aînée de deux Prix Nobel, Irène Curie a grandi dans le laboratoire de sa mère. Avec son mari Frédéric Joliot, elle montre en 1934 que l’on peut fabriquer des éléments radioactifs qui n’existent pas dans la nature, découverte à l’origine de la médecine nucléaire. Elle fut aussi l’une des trois premières femmes membres d’un gouvernement français.

Repères chronologiques

DateÉvénement
12 septembre 1897naissance à Paris, fille de Pierre et Marie Curie
1906mort de son père
1907-1909suit la « coopérative » d’enseignement organisée par Marie Curie avec Paul Langevin, Jean Perrin et d’autres savants
1914-1918à 17 ans, aide sa mère dans les unités de radiologie mobiles du front et forme des manipulatrices
1918assistante à l’Institut du radium
1925thèse sur les rayons alpha du polonium
1926épouse Frédéric Joliot, assistant de sa mère ; ils prennent le nom de Joliot-Curie
1932leurs expériences mettent en évidence un rayonnement pénétrant, que Chadwick identifie au neutron
1934découverte de la radioactivité artificielle
4 juillet 1934mort de Marie Curie
1935prix Nobel de chimie avec Frédéric Joliot
juin-septembre 1936sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique dans le gouvernement de Léon Blum
1937professeure à la Sorbonne
1938travaux sur l’irradiation de l’uranium par les neutrons, en route vers la fission
1946-1951commissaire au Commissariat à l’énergie atomique (CEA)
1948mise en service de la première pile atomique française, Zoé
17 mars 1956mort d’une leucémie aiguë, attribuée à son exposition aux rayonnements

La découverte de la radioactivité artificielle

En janvier 1934, Irène et Frédéric Joliot-Curie bombardent une fine feuille d'aluminium avec des particules alpha émises par du polonium. Ils constatent que l’aluminium continue d’émettre un rayonnement (des positons) après l’arrêt du bombardement, avec une décroissance caractéristique d’un élément radioactif.

Ils montrent que l’aluminium a été transformé en un isotope radioactif du phosphore, le phosphore 30, qui n’existe pas dans la nature et se désintègre en silicium en quelques minutes. Ils obtiennent des résultats semblables avec le bore et le magnésium. Ils l’annoncent à l’Académie des sciences le 15 janvier 1934. Voir les isotopes.

Marie Curie, quelques mois avant sa mort, a pu assister à la confirmation de cette découverte par sa fille.

Le prix Nobel de chimie 1935

Le prix Nobel de chimie 1935 est attribué à Frédéric Joliot et Irène Joliot-Curie « en reconnaissance de leur synthèse de nouveaux éléments radioactifs ». Les Curie forment ainsi la famille la plus récompensée de l’histoire du prix.

Membre de la famillePrix Nobel
Pierre Curiephysique 1903
Marie Curiephysique 1903, chimie 1911
Irène Joliot-Curie et Frédéric Joliotchimie 1935

Deux occasions manquées

Les travaux des Joliot-Curie frôlent deux découvertes majeures :

  • en 1932, ils observent un rayonnement très pénétrant qu’ils interprètent comme des rayons gamma ; James Chadwick comprend qu’il s’agit d’une particule neutre, le neutron, et reçoit le Nobel de physique 1935 ;
  • la même année, ils observent des traces de positons sans les identifier, avant Carl Anderson.

En 1938, avec Pavle Savić, Irène observe dans l’uranium bombardé par des neutrons un élément qui ressemble au lanthane : c’est un indice de la fission nucléaire, expliquée quelques semaines plus tard par Otto Hahn, Fritz Strassmann et Lise Meitner. Voir fission et fusion nucléaire.

L’engagement public

En juin 1936, Léon Blum nomme trois femmes sous-secrétaires d’État, alors que les femmes n’ont pas encore le droit de vote en France : Irène Joliot-Curie (Recherche scientifique), Cécile Brunschvicg et Suzanne Lacore. Irène ne reste que trois mois, le temps de préparer la création d’un service de la recherche, ancêtre du CNRS. Voir le Front populaire et le droit de vote des femmes.

Pacifiste et engagée à gauche, elle siège au CEA de 1946 à 1951, d’où elle est écartée, comme Frédéric Joliot, haut-commissaire, en raison de leurs positions politiques pendant la guerre froide. Elle se présenta plusieurs fois à l’Académie des sciences, qui n’admettait alors pas de femmes, et fut refusée.

Héritage

Les radio-isotopes artificiels sont aujourd’hui produits par millions de doses pour la médecine nucléaire (scintigraphie, tomographie par émission de positons), la radiothérapie et la recherche. Leur fille Hélène Langevin-Joliot est physicienne nucléaire, leur fils Pierre Joliot biologiste.

Questions fréquentes

Qu’a découvert Irène Joliot-Curie ?

La radioactivité artificielle, en 1934, avec Frédéric Joliot : en bombardant de l’aluminium avec des particules alpha, ils ont créé un isotope radioactif du phosphore qui n’existe pas dans la nature.

Irène Joliot-Curie a-t-elle eu le prix Nobel ?

Oui, le prix Nobel de chimie 1935, partagé avec son mari Frédéric Joliot.

De quoi est morte Irène Joliot-Curie ?

D’une leucémie aiguë, le 17 mars 1956, à 58 ans. Cette maladie est attribuée à son exposition prolongée aux rayonnements, notamment au polonium.

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