Aller au contenu
connaissance.org

Sciences · Grands scientifiques

Georges Cuvier

Georges Cuvier (1769-1832), naturaliste français, a fondé l’anatomie comparée et la paléontologie des vertébrés. Il a prouvé que des espèces avaient disparu, mais refusé toute transformation des espèces.

Mis à jour le 4 min de lecture

Cuvier est la grande autorité de la science française sous l’Empire et la Restauration. En reconstituant des animaux disparus à partir de quelques os, il démontre que la Terre a connu des faunes différentes de la nôtre et que l'extinction des espèces est une réalité. Fixiste convaincu, il explique ces disparitions par des catastrophes successives, et combat les idées de Lamarck.

Repères chronologiques

DateÉvénement
23 août 1769naissance dans une famille protestante de Montbéliard
1784-1788études à l’académie Caroline de Stuttgart (administration, sciences naturelles)
1788-1795précepteur en Normandie ; étudie les animaux marins
1795arrive à Paris, suppléant au Muséum national d’histoire naturelle
1796mémoire sur les éléphants vivants et fossiles : le mammouth est une espèce disparue
1798Tableau élémentaire de l’histoire naturelle des animaux
1800-1805Leçons d’anatomie comparée
1802professeur d’anatomie comparée au Muséum
1803secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences
1812Recherches sur les ossements fossiles, avec le Discours préliminaire
1817Le Règne animal distribué d’après son organisation
1830débat public avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire à l’Académie
13 mai 1832mort à Paris, du choléra selon la tradition

L’anatomie comparée

Grâce à ce principe et au principe de subordination des caractères (certains organes, comme le système nerveux, sont plus importants que d’autres pour classer), Cuvier peut identifier un animal à partir d’un fragment. En 1804, il annonce qu’un fossile de Montmartre est un petit marsupial voisin de l’opossum, avant même de l’avoir entièrement dégagé : le dégagement des os du bassin confirme sa prédiction devant témoins.

La preuve des extinctions

En 1796, Cuvier compare les crânes et les dents des éléphants d’Asie, des éléphants d’Afrique et du mammouth de Sibérie. Il montre que ce sont trois espèces distinctes et que le mammouth n’existe plus nulle part. Il décrit ensuite le mastodonte d’Amérique, le Megatherium, paresseux géant d’Amérique du Sud, et le ptérodactyle, qu’il identifie comme un reptile volant.

Ces travaux établissent que la vie a une histoire, faite de faunes successives. Avec Alexandre Brongniart, il étudie les couches du Bassin parisien (1808-1811) et montre que chaque couche contient des fossiles caractéristiques, posant les bases de la stratigraphie. Voir les fossiles et les extinctions de masse.

Le catastrophisme

Pour expliquer ces disparitions, Cuvier propose que la surface de la Terre a été bouleversée à plusieurs reprises par des révolutions brutales (invasions marines, glaciations soudaines), qui ont détruit les faunes locales, ensuite remplacées par des espèces venues d’ailleurs. La dernière révolution remonterait à quelques milliers d’années. Il refuse l’idée de créations successives, qui sera défendue par ses disciples.

Le catastrophisme s’oppose à l'uniformitarisme de Charles Lyell (1830), selon lequel des causes lentes et actuelles suffisent à expliquer l’histoire de la Terre. La géologie moderne combine les deux : l’essentiel est graduel, mais de véritables catastrophes ont eu lieu, comme l’impact qui a contribué à la disparition des dinosaures il y a 66 millions d’années.

Le refus du transformisme

Pour Cuvier, l’organisme est un tout si bien ajusté qu’une modification progressive le rendrait non viable. Il note aussi que les animaux momifiés rapportés d’Égypte par l’expédition de Bonaparte sont identiques aux espèces actuelles. Il s’oppose donc à Lamarck, puis, lors du célèbre débat de 1830, à Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, défenseur d’un plan d’organisation unique pour tous les animaux.

La classification en embranchements

Dans Le Règne animal (1817), Cuvier divise les animaux en quatre embranchements selon leur plan d’organisation : vertébrés, mollusques, articulés (insectes, crustacés, vers annelés) et radiés. Cette division remplace l’échelle linéaire des êtres et a structuré la zoologie du XIXe siècle. Voir la classification du vivant.

Héritage

Paradoxalement, en démontrant les extinctions et la succession des faunes, Cuvier a fourni à Darwin des faits essentiels pour la théorie qu’il combattait. Son nom figure parmi les 72 savants inscrits sur la tour Eiffel. Sa maison, au Jardin des plantes, abrite toujours des services du Muséum.

Questions fréquentes

Pourquoi Cuvier est-il le père de la paléontologie ?

Parce qu’il a le premier reconstitué méthodiquement des animaux fossiles grâce à l’anatomie comparée et démontré que des espèces avaient disparu, faisant de l’étude des fossiles une science.

Qu’est-ce que le catastrophisme de Cuvier ?

L’idée que l’histoire de la Terre a été marquée par des révolutions brutales qui ont fait disparaître des faunes entières, remplacées ensuite par d’autres espèces venues de régions épargnées.

Pourquoi Cuvier s’opposait-il à Lamarck ?

Il était fixiste : pour lui, les espèces sont stables, car un organisme parfaitement intégré ne pourrait pas se transformer progressivement sans cesser de fonctionner.

À lire aussi

Grands scientifiques : toutes les fiches