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Robert Koch
Robert Koch (1843-1910), médecin allemand, a découvert le bacille de la tuberculose en 1882 et démontré qu’une bactérie précise cause une maladie précise. Il a reçu le prix Nobel de médecine en 1905.
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Avec Louis Pasteur, Robert Koch est le fondateur de la microbiologie médicale. Médecin de campagne devenu directeur d’institut à Berlin, il a mis au point les méthodes qui permettent d’isoler, de cultiver et d’identifier les bactéries, et il a identifié les agents de trois grandes maladies : le charbon, la tuberculose et le choléra.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 11 décembre 1843 | naissance, troisième de treize enfants d’un ingénieur des mines |
| 1862-1866 | études de médecine à Göttingen |
| 1870-1871 | médecin volontaire pendant la guerre franco-prussienne |
| 1872 | médecin de district à Wollstein (Wolsztyn, Pologne actuelle) |
| 1876 | décrit le cycle complet de la bactérie du charbon, Bacillus anthracis |
| 1880 | entre à l’Office impérial de santé à Berlin |
| 1881 | culture des bactéries sur milieu solide |
| 24 mars 1882 | annonce la découverte du bacille de la tuberculose |
| 1883-1884 | mission en Égypte et en Inde : identifie le vibrion du choléra |
| 1885 | professeur d’hygiène à l’université de Berlin |
| 1890 | présente la tuberculine comme remède : c’est un échec thérapeutique |
| 1891 | directeur de l’Institut des maladies infectieuses de Berlin (aujourd’hui Institut Robert-Koch) |
| 1896-1907 | missions en Afrique et en Asie : peste, paludisme, maladie du sommeil |
| 1905 | prix Nobel de physiologie ou médecine |
| 27 mai 1910 | mort d’une crise cardiaque à Baden-Baden |
Le charbon : une bactérie, une maladie
Le charbon (anthrax en anglais) décime alors les troupeaux. Dans un laboratoire improvisé à son domicile, avec un microscope offert par sa femme, Koch cultive en 1876 la bactérie Bacillus anthracis hors de l’animal, montre qu’elle forme des spores très résistantes qui survivent des années dans le sol, et qu’injectée à des souris saines, elle reproduit la maladie. C’est la première démonstration qu’un micro-organisme précis cause une maladie précise.
Les techniques de Koch
| Innovation | Intérêt |
|---|---|
| culture sur milieu solide (gélatine, puis gélose) | obtenir des colonies pures issues d’une seule bactérie |
| boîte plate de son assistant Julius Petri (1887) | standard de tous les laboratoires |
| coloration des bactéries | les rendre visibles au microscope |
| microphotographie | documenter et partager les observations |
| stérilisation à la vapeur | éviter les contaminations |
L’utilisation de l'agar-agar (gélose), extrait d’algues, fut suggérée par Fanny Hesse, épouse d’un de ses collaborateurs.
Le bacille de la tuberculose
Au XIXe siècle, la tuberculose cause environ un décès sur sept en Europe. Grâce à une coloration nouvelle, Koch observe en 1882 un bacille fin dans les lésions tuberculeuses, le cultive lentement et reproduit la maladie chez le cobaye. Il présente sa découverte le 24 mars 1882 à la Société de physiologie de Berlin. Le germe est appelé Mycobacterium tuberculosis, ou bacille de Koch (BK). Le 24 mars est aujourd’hui la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose.
Les postulats de Koch
Pour prouver qu’un microbe cause une maladie, Koch et son collaborateur Friedrich Loeffler formulent quatre critères :
- le microbe est présent chez tous les malades et absent des sujets sains ;
- il peut être isolé et cultivé en culture pure ;
- inoculé à un animal sain, il reproduit la maladie ;
- il peut être de nouveau isolé chez cet animal.
Ces postulats ont été assouplis depuis : certains microbes ne se cultivent pas, et il existe des porteurs sains. Mais ils restent la base du raisonnement en infectiologie. Voir virus et bactéries.
Le choléra et l’hygiène publique
En 1883, en Égypte puis à Calcutta, Koch identifie le vibrion cholérique (Vibrio cholerae), déjà observé par l’Italien Filippo Pacini en 1854, et montre sa transmission par l’eau contaminée. Lors de l’épidémie de Hambourg (1892), ses recommandations, filtration de l’eau et isolement, montrent leur efficacité.
L’échec de la tuberculine
En 1890, Koch annonce avoir trouvé un remède, la tuberculine, extrait de cultures du bacille. Le traitement se révèle inefficace, parfois dangereux. La tuberculine trouvera cependant une utilité durable dans le diagnostic : c’est le principe du test tuberculinique cutané.
La rivalité avec Pasteur
Les deux savants s’opposent à partir de 1881-1882, sur fond de rivalité franco-allemande après 1870 : querelles sur le vaccin contre le charbon, sur les méthodes, sur la priorité. Leurs écoles respectives, l’Institut Pasteur et l’Institut Koch, ont pourtant toutes deux formé les grands microbiologistes de la génération suivante.
Le prix Nobel 1905
Koch reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1905 « pour ses recherches et découvertes concernant la tuberculose ». Ses élèves Emil von Behring (1901) et Paul Ehrlich (1908) ont aussi reçu le prix.
Questions fréquentes
Qu’a découvert Robert Koch ?
Le cycle de la bactérie du charbon (1876), le bacille de la tuberculose (1882) et le rôle du vibrion du choléra dans la maladie (1883-1884). Il a aussi mis au point la culture des bactéries sur milieu solide.
Qu’est-ce que le bacille de Koch ?
C’est Mycobacterium tuberculosis, la bactérie responsable de la tuberculose, découverte par Koch en 1882.
Quels sont les postulats de Koch ?
Quatre critères pour prouver qu’un microbe cause une maladie : présence chez les malades, culture pure, reproduction de la maladie chez un animal sain et nouvel isolement chez celui-ci.