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Pierre Curie
Pierre Curie (1859-1906), physicien français, a découvert la piézoélectricité, établi les lois du magnétisme qui portent son nom et codécouvert le polonium et le radium avec Marie Curie. Prix Nobel de physique 1903.
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Pierre Curie est souvent évoqué dans l’ombre de Marie Curie. Il fut pourtant, avant leur rencontre, un physicien de premier plan, auteur de découvertes majeures sur les cristaux, la symétrie et le magnétisme. Il abandonna ses propres recherches pour rejoindre celles de sa femme sur la radioactivité, et partagea avec elle le prix Nobel de physique 1903.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 15 mai 1859 | naissance à Paris ; son père, Eugène Curie, est médecin |
| enfance | instruit à domicile par ses parents et un précepteur, sans passer par le lycée |
| 1875 | bachelier ès sciences à 16 ans |
| 1877 | licence de physique à 18 ans ; préparateur à la Sorbonne |
| 1880 | découvre la piézoélectricité avec son frère Jacques |
| 1882 | chef de travaux à la nouvelle École de physique et chimie industrielles de Paris (ESPCI) |
| 1894 | énonce le principe de symétrie de Curie ; rencontre Maria Skłodowska |
| 1895 | thèse sur le magnétisme (loi de Curie) ; épouse Marie le 26 juillet |
| 1897 | naissance de leur fille Irène |
| 1898 | annonce, avec Marie, du polonium (juillet) et du radium (décembre) |
| 1903 | prix Nobel de physique avec Marie Curie et Henri Becquerel ; mesure de la chaleur dégagée par le radium |
| 1904 | professeur à la Sorbonne ; naissance d’Ève |
| 1905 | élu à l’Académie des sciences |
| 19 avril 1906 | meurt renversé par un fardier rue Dauphine, à Paris |
| 1995 | ses cendres et celles de Marie sont transférées au Panthéon |
La piézoélectricité (1880)
Avec son frère aîné Jacques, Pierre Curie découvre qu’en comprimant certains cristaux, comme le quartz ou la tourmaline, on fait apparaître des charges électriques à leur surface. L’année suivante, ils vérifient l’effet inverse, prévu par Gabriel Lippmann : une tension électrique fait légèrement déformer le cristal.
Les applications sont innombrables : montres à quartz, briquets et allume-gaz, sonars, échographie, capteurs, microphones. Pour leurs mesures, les frères Curie mettent au point un électromètre à quartz piézoélectrique, que Marie utilisera pour mesurer la radioactivité. Voir les cristaux et les ultrasons.
La symétrie
En 1894, Pierre Curie formule un principe général : lorsque des causes produisent des effets, les symétries des causes se retrouvent dans les effets. Autrement dit, un effet peut être moins symétrique que sa cause, jamais plus symétrique qu’elle de manière inexplicable. Le principe de Curie est un outil de raisonnement de la physique et de la cristallographie.
Le magnétisme et la loi de Curie
Sa thèse (1895) étudie le comportement magnétique des corps selon la température.
| Résultat | Énoncé |
|---|---|
| loi de Curie | l’aimantation d’une substance paramagnétique est inversement proportionnelle à sa température absolue |
| point (ou température) de Curie | au-delà d’une certaine température, un matériau ferromagnétique perd son aimantation permanente ; pour le fer, environ 770 °C |
| diamagnétisme | il ne dépend pas de la température |
Voir le magnétisme.
La radioactivité avec Marie Curie
En 1898, convaincu par les résultats de Marie Curie sur la pechblende, Pierre abandonne ses travaux sur les cristaux pour la rejoindre. Ensemble, ils annoncent le polonium et le radium. Pierre se consacre surtout à l’étude physique des rayonnements :
- avec Albert Laborde, il mesure en 1903 que le radium dégage en permanence de la chaleur, sans se refroidir : c’est la première mesure de l’énergie nucléaire ;
- il étudie les effets biologiques du radium en s’exposant volontairement le bras pendant plusieurs heures : la brûlure qui en résulte ouvre la voie à la curiethérapie ;
- il montre que la radioactivité décroît selon une loi exponentielle indépendante des conditions extérieures et propose d’en faire un étalon de temps. Voir la radioactivité.
Le prix Nobel 1903
Le prix Nobel de physique 1903 est partagé entre Henri Becquerel, d’une part, et Pierre et Marie Curie, d’autre part, pour leurs travaux sur les radiations découvertes par Becquerel. Prévenu que le comité envisageait de ne pas associer Marie au prix, Pierre insista pour qu’elle soit reconnue. Dans sa conférence Nobel (1905), il évoque le danger que le radium pourrait représenter entre des mains criminelles.
La mort accidentelle
Le 19 avril 1906, par un après-midi pluvieux, Pierre Curie traverse la rue Dauphine et glisse sous un lourd chariot tiré par des chevaux. Une roue lui écrase la tête ; il meurt sur le coup, à 46 ans. Marie lui succède à sa chaire de la Sorbonne.
Héritage
L’unité de radioactivité curie (Ci) et l’élément curium (96) honorent les deux époux. Leur fille Irène Joliot-Curie recevra le Nobel de chimie 1935. L’ESPCI, où il fit ses découvertes, revendique son héritage.
Questions fréquentes
Qu’a découvert Pierre Curie ?
La piézoélectricité (1880, avec son frère Jacques), la loi de Curie et le point de Curie en magnétisme (1895), le principe de symétrie, puis le polonium et le radium avec Marie Curie (1898).
Comment est mort Pierre Curie ?
Renversé par un chariot tiré par des chevaux en traversant la rue Dauphine, à Paris, le 19 avril 1906. Il est mort sur le coup.
Pierre Curie a-t-il eu le prix Nobel ?
Oui, le prix Nobel de physique 1903, partagé avec Marie Curie et Henri Becquerel pour leurs recherches sur la radioactivité.