Nature et animaux · Mammifères
Le paresseux
Les paresseux sont des mammifères arboricoles d’Amérique centrale et du Sud, célèbres pour leur extrême lenteur. Il en existe six espèces, réparties entre paresseux à deux doigts et à trois doigts.
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Les paresseux vivent dans les forêts tropicales du Honduras au nord de l’Argentine, y compris en Guyane. Ils passent presque toute leur vie suspendus aux branches, la tête en haut ou en bas, et ne se déplacent que de quelques dizaines de mètres par jour. Leur lenteur n’est pas de la paresse : c’est une stratégie d’économie d’énergie adaptée à un régime de feuilles peu nourrissant. Leurs plus proches parents sont les fourmiliers et, plus lointainement, les tatous.
Fiche d’identité (paresseux à trois doigts)
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Bradypus tridactylus (paresseux à gorge jaune) |
| Classe / ordre | Mammifères / Pilosa (Xénarthres) |
| Taille | 45 à 60 cm |
| Poids | 3 à 6 kg |
| Longévité | 20 à 30 ans environ |
| Habitat | Forêts tropicales humides de basse altitude |
| Régime | Folivore : feuilles, bourgeons et pousses d’arbres |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) |
Les deux groupes de paresseux
| Paresseux à trois doigts (Bradypus) | Paresseux à deux doigts (Choloepus) | |
|---|---|---|
| Espèces | 4 | 2 |
| Doigts aux mains | 3 griffes | 2 griffes (3 aux pieds dans les deux groupes) |
| Vertèbres du cou | 8 à 9, rotation de la tête jusqu’à 270° | 5 à 7 |
| Poids | 3 à 6 kg | 4 à 9 kg |
| Régime | presque uniquement des feuilles | plus varié : feuilles, fruits, parfois petits animaux |
| Activité | jour et nuit | surtout nocturne |
Les deux groupes ne sont pas étroitement apparentés : ils ont développé la vie suspendue de façon indépendante, à partir d’ancêtres terrestres. Parmi ceux-ci figuraient les paresseux géants, comme le mégathérium, qui pouvait atteindre 6 m et plusieurs tonnes, éteint il y a environ 10 000 ans.
Statuts UICN des espèces
| Espèce | Statut UICN |
|---|---|
| Paresseux à gorge jaune (Bradypus tridactylus) | LC |
| Paresseux à gorge brune (Bradypus variegatus) | LC |
| Paresseux à crinière (Bradypus torquatus), forêt atlantique du Brésil | Vulnérable (VU) |
| Paresseux nain (Bradypus pygmaeus), île Escudo de Veraguas (Panamá) | En danger critique (CR) |
| Paresseux à deux doigts de Linné et d’Hoffmann (Choloepus) | LC |
Une vie au ralenti
Les feuilles fournissent très peu d’énergie et contiennent des toxines. Le paresseux y répond par une série d’adaptations :
- un métabolisme très bas, parmi les plus lents des mammifères, et une température corporelle variable (environ 30 à 34 °C), qu’il régule en partie en s’exposant au soleil ;
- une musculature réduite : environ 25 à 30 % de son poids, contre 40 à 45 % chez la plupart des mammifères ;
- un estomac à plusieurs compartiments où des bactéries fermentent les feuilles ; la digestion d’un repas peut prendre plusieurs semaines ;
- des griffes en crochet de 8 à 10 cm et des tendons qui lui permettent de rester suspendu sans effort, même en dormant.
Il se déplace à environ 0,2 à 0,3 km/h dans les arbres. Sa lenteur et son immobilité le rendent peu visible pour ses prédateurs : jaguar, ocelot et surtout la harpie féroce, un grand aigle qui le capture à la cime des arbres.
Un écosystème dans la fourrure
Les poils du paresseux sont creusés de fissures où poussent des algues vertes, qui lui donnent une teinte verdâtre et un camouflage efficace. Sa fourrure abrite aussi des papillons de nuit, des coléoptères et des champignons, dont certains n’existent nulle part ailleurs.
La descente hebdomadaire
Environ une fois par semaine, le paresseux à trois doigts descend au pied de son arbre pour déféquer et uriner, en creusant un petit trou avec sa queue. Ce comportement risqué, puisqu’il l’expose aux prédateurs, reste mal expliqué ; une hypothèse le relie aux papillons qui pondent dans ses excréments et entretiennent indirectement les algues de son pelage.
Au sol, il rampe difficilement, mais il est un bon nageur et peut retenir sa respiration jusqu’à 40 minutes en ralentissant son cœur.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Gestation | environ 6 mois (paresseux à trois doigts) ; 10 à 11 mois (à deux doigts) |
| Portée | 1 petit, né dans les arbres |
| Accroché à sa mère | 6 à 9 mois |
| Maturité sexuelle | vers 3 ans |
Menaces
La plupart des espèces ne sont pas menacées, mais la déforestation fragmente leur habitat et les oblige à traverser routes et clôtures, où ils sont victimes de collisions, de chiens et d’électrocutions sur les lignes électriques. Le commerce de jeunes paresseux pour des photos touristiques est aussi un problème croissant. Le paresseux nain, qui ne vit que sur une petite île de mangrove, compterait moins de 100 individus.
Questions fréquentes
Pourquoi le paresseux est-il si lent ?
Parce que son régime de feuilles apporte très peu d’énergie. En bougeant peu, avec un métabolisme lent et peu de muscles, il dépense moins qu’il ne consomme.
Combien de temps dort un paresseux ?
On a longtemps cité 15 à 20 heures par jour d’après des animaux captifs ; des mesures sur des paresseux sauvages ont montré environ 9 à 10 heures de sommeil par jour.
Le paresseux est-il dangereux ?
Non pour l’homme s’il n’est pas manipulé. Ses griffes peuvent toutefois blesser lorsqu’on tente de le saisir, et le paresseux à deux doigts peut mordre pour se défendre.
Y a-t-il des paresseux en France ?
Oui, en Guyane, où vivent le paresseux à gorge jaune et le paresseux à deux doigts de Linné.