Nature et animaux · Mammifères
L’ours brun
L’ours brun (Ursus arctos) est un grand mammifère omnivore d’Eurasie et d’Amérique du Nord, qui passe l’hiver en dormance dans une tanière. En France, il ne subsiste que dans les Pyrénées.
Mis à jour le 4 min de lecture
L’ours brun est le plus répandu des ours : il vit des forêts d’Europe à la Sibérie, et de l’Alaska aux Rocheuses, où on l’appelle grizzli. Sa taille varie énormément selon les régions et la nourriture disponible : un ours des Pyrénées pèse rarement plus de 250 kg, alors qu’un ours kodiak d’Alaska peut dépasser 600 kg. C’est, avec l’ours blanc, l’un des plus grands carnivores terrestres.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Ursus arctos |
| Classe / famille | Mammifères / Ursidés |
| Taille | 1,5 à 2,5 m de long ; environ 1 m au garrot ; jusqu’à 2,5 m et plus debout |
| Poids | femelles 80 à 150 kg, mâles 120 à 250 kg en Europe ; jusqu’à 600 kg et plus (Kodiak) |
| Longévité | 20 à 30 ans dans la nature |
| Habitat | Forêts de montagne, toundra, prairies alpines |
| Régime | Omnivore à dominante végétale |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation de 2017 |
Description
L’ours brun se reconnaît à sa bosse d’épaule, une masse musculaire qui actionne les pattes avant pour creuser, à sa tête large au profil concave et à ses longues griffes non rétractiles (jusqu’à 10 cm chez le grizzli). Son pelage va du blond au brun presque noir. Il marche sur toute la plante du pied (plantigrade), comme l’humain. Malgré son allure massive, il peut courir à plus de 50 km/h sur de courtes distances et nage très bien.
Alimentation
Bien que classé parmi les carnivores, l’ours brun se nourrit en majorité de végétaux : herbes, racines, baies, glands, faines, châtaignes. Il complète avec des insectes (fourmis, larves), du miel, des charognes, des petits mammifères et parfois des ongulés ou des animaux d’élevage. En Alaska et au Kamtchatka, la remontée des saumons fournit l’essentiel des graisses accumulées avant l’hiver. En automne, il entre en hyperphagie : il peut alors absorber plus de 20 000 kilocalories par jour.
L’hiver en tanière
L’ours ne fait pas une hibernation au sens strict comme la marmotte : on parle plutôt de dormance hivernale. Sa température ne baisse que de quelques degrés (vers 32-35 °C), son rythme cardiaque descend à une dizaine de battements par minute, et il peut se réveiller rapidement s’il est dérangé. Pendant trois à six mois selon la région, il ne mange pas, ne boit pas, n’urine pas et ne défèque pas : il vit sur ses réserves de graisse et recycle ses déchets azotés en protéines, un mécanisme qui intéresse la recherche médicale (fonte musculaire, ostéoporose).
Reproduction
| Étape | Période ou durée |
|---|---|
| Accouplement | mai à juillet |
| Implantation de l’embryon | différée jusqu’à l’automne |
| Naissance | janvier-février, dans la tanière |
| Portée | 1 à 3 oursons de 300 à 500 g |
| Vie avec la mère | environ 1 an et demi |
| Intervalle entre portées | 2 ans au minimum |
L'ovo-implantation différée permet à la femelle de n’engager la gestation que si ses réserves sont suffisantes. Ce faible taux de reproduction rend les petites populations très vulnérables à la perte de quelques femelles.
L’ours des Pyrénées
L’ours brun a disparu des Alpes françaises dans les années 1930. Dans les Pyrénées, la population autochtone s’est effondrée au XXe siècle : en 1995, il ne restait plus que cinq ou six individus. Des ours venus de Slovénie ont été relâchés en 1996-1997, puis en 2006, en 2016 et en 2018. La dernière femelle de souche pyrénéenne, Cannelle, a été tuée par un chasseur en 2004.
Grâce à ces lâchers, la population pyrénéenne, partagée entre la France, l’Espagne et l’Andorre, a nettement augmenté : le suivi transfrontalier a détecté plusieurs dizaines d’individus, de l’ordre de 80 à 100 au milieu des années 2020. Elle souffre cependant d’une forte consanguinité, la plupart des ours descendant d’un petit nombre de fondateurs. L’espèce est protégée en France ; les dégâts aux troupeaux sont indemnisés par l’État.
Menaces
À l’échelle mondiale (environ 200 000 individus, dont plus de la moitié en Russie), l’ours brun n’est pas menacé. Plusieurs populations isolées le sont : Pyrénées, Apennins (ours marsicain, une cinquantaine d’individus), Alpes. Les menaces sont la fragmentation de l’habitat, les collisions, le braconnage et les conflits avec l’élevage ou l’apiculture.
Faits marquants
- Le grizzli d’Amérique du Nord est une sous-espèce de l’ours brun (Ursus arctos horribilis).
- L’ours brun peut s’hybrider avec l’ours blanc : des hybrides sauvages ont été observés dans l’Arctique canadien.
- Le nom « Arctique » vient du grec arktos, « ours », en référence aux constellations de la Grande et de la Petite Ourse.
Questions fréquentes
Que faire si l’on croise un ours dans les Pyrénées ?
Ne pas courir ni s’approcher, parler calmement pour signaler sa présence et s’éloigner lentement en lui laissant une voie de fuite. Ne jamais s’interposer entre une femelle et ses oursons. Les attaques sur l’humain sont exceptionnelles en Europe.
L’ours brun hiberne-t-il vraiment ?
Il passe l’hiver en dormance : métabolisme très ralenti, jeûne complet, mais température presque normale. On parle souvent d’hibernation par commodité.
Combien d’ours y a-t-il dans les Pyrénées ?
De l’ordre de 80 à 100 individus détectés au milieu des années 2020 sur l’ensemble du massif, selon le réseau de suivi franco-espagnol.
Quelle différence entre l’ours brun et le grizzli ?
Aucune au niveau de l’espèce : le grizzli est la sous-espèce d’ours brun vivant à l’intérieur de l’Amérique du Nord.