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Nature et animaux · Mammifères

Le blaireau européen

Le blaireau européen (Meles meles) est un mustélidé trapu au masque noir et blanc. Nocturne et omnivore, il vit en clans dans de vastes terriers creusés sur plusieurs générations et n’est pas menacé.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le blaireau européen vit dans presque toute l’Europe, de l’Irlande à la Volga, ainsi qu’au Proche-Orient. Il est présent dans toute la France continentale, mais on le voit rarement, car il sort à la nuit tombée. Son terrier, appelé blaireautière, peut être occupé pendant des décennies, voire des siècles, par des générations successives. Proche cousin de la loutre, de la martre et de la belette, c’est le plus grand mustélidé terrestre de France.

Fiche d’identité

CaractéristiqueDonnée
Nom scientifiqueMeles meles
Classe / familleMammifères / Mustélidés
Taille60 à 90 cm de corps ; queue de 12 à 20 cm
Poids7 à 13 kg, avec un pic en automne avant l’hiver
Longévité5 à 8 ans en moyenne dans la nature ; jusqu’à 15 ans
HabitatBois, bosquets et haies proches de prairies et de cultures
RégimeOmnivore : vers de terre surtout, insectes, fruits, céréales, petits vertébrés
Statut UICNPréoccupation mineure (LC), évaluation mondiale de 2016

Description

Le blaireau a un corps massif, bas sur pattes, et une démarche un peu dandinante. Son pelage gris argenté sur le dos devient noir sur les pattes et le ventre. Sa tête blanche est barrée de deux bandes noires qui passent sur les yeux, un motif unique en Europe. Ses pattes avant, très puissantes, portent de longues griffes non rétractiles adaptées au creusement. Sa vue est faible, mais son odorat est excellent.

Le terrier et la vie en clan

La blaireautière est un réseau de galeries et de chambres qui peut s’étendre sur plusieurs dizaines de mètres et compter de nombreuses entrées, souvent creusées dans un talus ou une pente boisée. On la reconnaît aux grands tas de terre devant les gueules, mêlés de litière usagée que le blaireau sort régulièrement : il renouvelle sa literie d’herbes et de feuilles sèches. Il dépose ses excréments dans des latrines, petites fosses creusées à l’écart du terrier, qui servent aussi à marquer le territoire.

Le blaireau vit en clan de quelques individus, souvent 2 à 6 adultes et leurs jeunes, qui partagent le terrier et le territoire. Il est nocturne et ne hiberne pas au sens strict, mais réduit beaucoup son activité en hiver, restant parfois plusieurs jours au terrier lors des grands froids. Il partage parfois la blaireautière avec un renard roux, qui occupe une partie des galeries.

Alimentation

Le blaireau est omnivore et opportuniste, mais les vers de terre constituent la base de son régime dans une grande partie de l’Europe : il peut en manger plusieurs centaines par nuit dans une prairie humide. Il consomme aussi des larves d’insectes, des nids de guêpes et de bourdons qu’il déterre, des fruits (mûres, prunes, raisin), du maïs, des céréales, des escargots et parfois des petits mammifères ou des œufs. Ses traces de fouille, de petits trous coniques dans le sol, trahissent sa présence.

Reproduction

ÉtapePériode ou durée
Accouplementpossible toute l’année, surtout au printemps
Ovo-implantation différéel’embryon reste en dormance jusqu’en décembre
Gestation effectiveenviron 7 semaines
Mise basjanvier à mars, dans le terrier
Portée1 à 5 petits, le plus souvent 2 ou 3
Première sortievers 8 à 10 semaines, au printemps
Maturité sexuellevers 1 à 2 ans

Grâce à l’ovo-implantation différée, les naissances ont lieu en hiver quel que soit le moment de l’accouplement, et les jeunes sortent au printemps, quand la nourriture est abondante.

Menaces et statut

  • Collisions routières : la première cause de mortalité connue en France et en Europe de l’Ouest.
  • Chasse et déterrage (vénerie sous terre) : le blaireau est un gibier en France, où cette pratique, autorisée et réglementée, fait l’objet de vives controverses.
  • Destructions liées aux dégâts agricoles (cultures de maïs, talus effondrés).
  • Tuberculose bovine : au Royaume-Uni et en Irlande, le blaireau est considéré comme un réservoir de la maladie pour le bétail, ce qui a conduit à des campagnes d’abattage très débattues.

Le blaireau est protégé dans plusieurs pays européens (Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas), mais pas en France.

Faits marquants

  • Certaines blaireautières anglaises seraient utilisées depuis plus d’un siècle par les mêmes lignées de blaireaux.
  • Le blaireau est l’un des rares prédateurs capables de déterrer et de manger des nids de guêpes, grâce à son épaisse fourrure.
  • Le poil de blaireau a longtemps servi à fabriquer des blaireaux de rasage, d’où le nom de l’objet.

Questions fréquentes

Le blaireau est-il dangereux ?

Non pour l’homme : il est craintif et fuit. Acculé ou blessé, il peut mordre violemment. Il peut s’en prendre à un chien qui pénètre dans son terrier.

Le blaireau hiberne-t-il ?

Pas vraiment. Il réduit fortement son activité et sa température baisse légèrement en hiver, mais il ne tombe pas en léthargie comme le hérisson et sort lors des nuits douces.

Comment savoir si un blaireau vit près de chez moi ?

Les indices sont les terriers à grands déblais, les latrines (petits trous contenant des excréments), les coulées bien marquées dans la végétation, les empreintes à cinq doigts et longues griffes, et les trous coniques dans les pelouses.

Quelle différence entre blaireau et raton laveur ?

Le raton laveur est un procyonidé américain, plus petit, avec une queue annelée et un masque noir autour des yeux. Le blaireau a une queue courte et des bandes noires longitudinales sur une tête blanche. Le raton laveur est introduit et envahissant en Europe.

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