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Nature et animaux · Milieux naturels

La forêt amazonienne

La forêt amazonienne est la plus grande forêt tropicale du monde : environ 5,5 millions de km², répartis sur neuf pays, dont environ 60 % au Brésil. Elle abrite une part exceptionnelle de la biodiversité terrestre.

Mis à jour le 4 min de lecture

L’Amazonie s’étend sur le bassin de l’Amazone, le fleuve au plus grand débit du monde, entre la cordillère des Andes et l’océan Atlantique. Elle couvre une partie du Brésil, du Pérou, de la Colombie, du Venezuela, de l’Équateur, de la Bolivie, du Guyana, du Suriname et de la Guyane française, seule région d’Europe à en faire partie. Plus vaste que l’Union européenne, elle représente à elle seule plus de la moitié des forêts tropicales humides restantes de la planète.

Chiffres clés

DonnéeValeur approximative
Superficie de la forêtenviron 5,5 millions de km² (plus de 6 millions pour le biome amazonien au sens large)
Pays9
Part du Brésilenviron 60 %
Nombre d’arbresenviron 390 milliards, de quelque 16 000 espèces (estimation publiée en 2013)
Débit moyen de l’Amazoneenviron 200 000 m³/s, soit près d’un cinquième de l’eau douce rejetée dans les océans
Populationenviron 30 millions d’habitants dans l’Amazonie brésilienne au sens administratif
Part déjà déboiséede l’ordre de 17 à 20 % de la surface forestière d’origine

Pour le fleuve lui-même, voir les plus longs fleuves du monde.

Une biodiversité sans équivalent

L’Amazonie abrite environ 10 % des espèces connues de la planète. On y a recensé des dizaines de milliers d’espèces de plantes, environ 1 300 espèces d’oiseaux, plus de 400 mammifères, plus de 2 000 poissons d’eau douce, et des millions d’espèces d’insectes. Un seul hectare peut compter plus de 200 espèces d’arbres, autant que dans toute l’Europe.

Parmi les espèces emblématiques : le jaguar, plus grand félin d’Amérique, le tapir, le paresseux, la loutre géante, le dauphin rose de l’Amazone (boto), l’anaconda vert, le caïman noir, l’aigle harpie, les aras, les dendrobates et le pirarucu, l’un des plus grands poissons d’eau douce. De nouvelles espèces y sont décrites chaque année.

Les strates de la forêt tropicale

StrateHauteurCaractéristiques
Émergents45 à 60 m et plusArbres géants isolés, comme le fromager (kapokier) ; record de 88 m pour un angelim vermelho mesuré en 2019
Canopée25 à 40 mToit continu de feuillage ; la majeure partie de la vie animale
Sous-boisjusqu’à 10 mPalmiers, jeunes arbres, lianes ; peu de lumière
Sol—Sombre, humide ; litière décomposée en quelques semaines

Les sols amazoniens sont généralement pauvres : les nutriments sont stockés dans la végétation et recyclés très vite par les champignons et les insectes. Une fois la forêt coupée, le sol s’épuise rapidement, ce qui pousse à défricher de nouvelles terres.

Le rôle de l’Amazonie pour le climat

  • Stock de carbone : la forêt contient de l’ordre de 150 à 200 milliards de tonnes de carbone dans sa végétation et ses sols, soit plusieurs années d’émissions mondiales.
  • « Rivières volantes » : les arbres transpirent d’énormes quantités d’eau, qui forment des nuages et des pluies transportés vers l’intérieur du continent, jusqu’aux régions agricoles du sud du Brésil et de l’Argentine.
  • Oxygène : l’expression « poumon de la planète » est trompeuse. La forêt produit beaucoup d’oxygène par photosynthèse, mais en consomme presque autant par la respiration des êtres vivants et la décomposition : son bilan net est proche de zéro. Son rôle majeur concerne le carbone et l’eau.

Des chercheurs alertent sur un possible point de bascule : au-delà d’une certaine part de forêt détruite, estimée entre 20 et 25 % par certains travaux, une partie de l’Amazonie pourrait se transformer en savane dégradée, faute de pluies suffisantes. Des mesures publiées en 2021 ont montré que le sud-est de l’Amazonie émet déjà davantage de carbone qu’il n’en absorbe. Voir réchauffement climatique.

Peuples autochtones

L’Amazonie est habitée depuis plus de 10 000 ans. Des centaines de peuples autochtones y vivent, dont plusieurs dizaines de groupes en isolement volontaire, sans contact avec la société extérieure. Les découvertes archéologiques récentes (géoglyphes, terres noires fertiles dites terra preta, réseaux de villages reliés par des chaussées) montrent que certaines régions étaient densément peuplées avant l’arrivée des Européens. Les territoires autochtones reconnus figurent parmi les zones les mieux préservées de la déforestation.

La déforestation

Les causes principales sont l'élevage bovin, de loin la première, la culture du soja, l’exploitation forestière illégale, l’orpaillage, les routes et les barrages. Les incendies, presque toujours allumés par l’homme pour défricher, se multiplient lors des sécheresses, comme en 2023-2024, quand l’Amazonie a connu une sécheresse historique.

Au Brésil, la déforestation annuelle mesurée par l’institut spatial INPE a culminé à près de 28 000 km² en 2004, puis a chuté de plus de 80 % jusqu’en 2012 grâce à la surveillance par satellite et à l’application de la loi, avant de remonter fortement entre 2019 et 2022 et de baisser à nouveau ensuite.

Questions fréquentes

L’Amazonie est-elle le poumon de la planète ?

Non au sens strict : elle consomme presque autant d’oxygène qu’elle en produit. Elle est en revanche un immense stock de carbone et un régulateur majeur des pluies en Amérique du Sud.

La France possède-t-elle une partie de l’Amazonie ?

Oui, la Guyane française, couverte à plus de 90 % de forêt amazonienne. Le parc amazonien de Guyane, créé en 2007, est le plus grand parc national de France et de l’Union européenne.

Combien de forêt amazonienne a été détruite ?

De l’ordre de 17 à 20 % de la surface forestière d’origine, auxquels s’ajoutent de vastes surfaces dégradées par les incendies et l’exploitation sélective.

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