Littérature · Œuvres
Bel-Ami
Bel-Ami est un roman de Guy de Maupassant publié en 1885. Georges Duroy, ancien sous-officier sans talent ni scrupules, s’élève dans le Paris de la IIIe République grâce aux femmes et au journalisme.
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Bel-Ami est le deuxième roman de Guy de Maupassant, après Une vie. Publié en feuilleton dans le Gil Blas d’avril à mai 1885, puis en volume chez Havard, il raconte l’ascension d’un arriviste dans les milieux de la presse, de la finance et de la politique. Maupassant, lui-même chroniqueur au Gaulois et au Gil Blas, connaît de l’intérieur le monde qu’il décrit.
Résumé
Première partie : l’entrée dans le monde
Georges Duroy, fils de cabaretiers normands, ancien sous-officier en Algérie, vivote à Paris comme petit employé des chemins de fer du Nord. Un soir de chaleur, il n’a que quelques francs en poche. Il rencontre un ancien camarade, Charles Forestier, journaliste à La Vie française, qui le fait engager par le directeur, M. Walter. Incapable d’écrire, Duroy se fait rédiger son premier article (des souvenirs d’Afrique) par Madeleine Forestier, femme intelligente qui écrit en réalité les articles de son mari.
Duroy devient l’amant de Clotilde de Marelle, femme fantasque ; c’est sa petite fille, Laurine, qui le surnomme « Bel-Ami ». Il passe aux échos, puis à la politique. Forestier, tuberculeux, meurt à Cannes ; Duroy, présent, demande aussitôt la main de Madeleine, qui accepte à condition de garder sa liberté.
Seconde partie : la conquête
Marié, Duroy se fait appeler Du Roy de Cantel, nom noble inventé. Madeleine lui écrit ses articles et l’introduit auprès du député Laroche-Mathieu, qui devient ministre. Duroy séduit Mme Walter, femme du directeur, pieuse et naïve, puis la délaisse. Il apprend que Walter et Laroche-Mathieu ont spéculé sur une expédition coloniale au Maroc : les fonds marocains rachetés à bas prix ont fait la fortune de Walter.
Jaloux et humilié de ne pas avoir profité de l’affaire, Duroy fait constater par un commissaire l’adultère de Madeleine avec le ministre, provoque la chute de celui-ci et divorce. Il séduit ensuite Suzanne Walter, la fille de son patron, l’enlève pour forcer le consentement des parents et l’épouse en grande pompe à l’église de la Madeleine. En sortant, il regarde vers le Palais-Bourbon : la Chambre des députés sera sa prochaine étape. Il songe déjà à Mme de Marelle, redevenue sa maîtresse.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Georges Duroy (Bel-Ami) | Arriviste séduisant, sans talent ni morale |
| Madeleine Forestier | Femme brillante, véritable plume de ses maris |
| Charles Forestier | Journaliste, ami de Duroy, mort de tuberculose |
| Clotilde de Marelle | Maîtresse fidèle et fantasque de Duroy |
| M. Walter | Directeur de La Vie française, financier véreux |
| Mme Walter | Épouse de Walter, séduite puis abandonnée |
| Suzanne Walter | Fille de Walter, que Duroy épouse |
| Laroche-Mathieu | Député puis ministre des Affaires étrangères |
| Norbert de Varenne | Vieux poète désabusé |
Les thèmes
L’arrivisme et la séduction
Duroy n’a ni talent, ni culture, ni conviction. Il réussit par sa beauté et par les femmes, qui lui ouvrent chaque porte. Le roman inverse le schéma du roman d’apprentissage : Duroy n’apprend rien, sinon à mieux exploiter les autres. Il est l’anti-Rastignac : là où le héros du Père Goriot découvre le monde avec douleur, Duroy ne connaît aucun remords.
La satire de la presse
La Vie française n’informe pas : elle sert les intérêts financiers de son directeur et les ambitions politiques de ses rédacteurs. Les échos sont inventés, les polémiques fabriquées. Maupassant dépeint une presse vénale au cœur du pouvoir.
La politique et la colonisation
L’affaire marocaine fait écho aux expéditions coloniales des années 1880, notamment la Tunisie (1881). Le roman montre la collusion de la politique, de la finance et de la presse (voir la colonisation).
La mort
Le monologue du poète Norbert de Varenne sur la fuite du temps et la mort, prononcé lors d’une marche nocturne avec Duroy dans la première partie, puis l’agonie de Forestier, introduisent une gravité pessimiste chère à Maupassant, inspirée de Schopenhauer.
Le style
Maupassant écrit dans la lignée de Flaubert, son maître : narration sobre, focalisation interne sur Duroy, ironie discrète d’un narrateur qui ne juge pas explicitement. Les scènes sont construites avec précision, souvent en parallèle (deux mariages, deux femmes Walter). Voir le réalisme et le naturalisme, dont Maupassant est proche.
Postérité
Le titre est passé dans la langue pour désigner un séducteur intéressé. Le roman a été adapté au cinéma par Louis Daquin (1955) et par Declan Donnellan et Nick Ormerod (2012).
Questions fréquentes
Pourquoi Georges Duroy s’appelle-t-il Bel-Ami ?
C’est Laurine, la fille de Mme de Marelle, qui lui donne ce surnom ; les femmes qui l’entourent le reprennent ensuite.
Comment finit Bel-Ami ?
Duroy épouse Suzanne Walter à la Madeleine, devant le Tout-Paris. En sortant, il regarde vers la Chambre des députés, son prochain objectif.
Bel-Ami est-il un roman réaliste ou naturaliste ?
Il est réaliste par sa peinture sociale précise et son narrateur impersonnel ; il est proche du naturalisme par son regard sans illusion sur les instincts et l’argent.
Qui écrit les articles de Duroy ?
Au début, Madeleine Forestier. Elle continue d’écrire pour lui après leur mariage, comme elle le faisait pour son premier mari.