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Littérature · Œuvres

L’Avare

L’Avare est une comédie de Molière créée en 1668. Harpagon, obsédé par son argent, tyrannise ses enfants et veut épouser la jeune fille qu’aime son fils, jusqu’au vol de sa précieuse cassette.

Mis à jour le 4 min de lecture

L’Avare est l’une des comédies les plus jouées de Molière. Créée au Palais-Royal le 9 septembre 1668, elle n’a d’abord qu’un succès modeste, peut-être parce qu’une grande comédie en prose surprend le public. Elle est devenue l’exemple même de la comédie de caractère : Harpagon a donné son nom à l’avarice.

Résumé acte par acte

Acte I : les secrets

Élise, fille d’Harpagon, aime Valère, qui s’est fait engager comme intendant chez son père pour être près d’elle. Cléante, son frère, aime Mariane, jeune fille pauvre. Harpagon, qui vient d’enterrer dans son jardin une cassette de dix mille écus, soupçonne tout le monde : il fouille le valet La Flèche. Puis il annonce ses projets : il épousera lui-même Mariane, mariera Élise au vieux seigneur Anselme, qui la prend « sans dot », et Cléante à une veuve. Valère, pour flatter Harpagon, répète « Sans dot ! » comme un argument sans réplique.

Acte II : l’usurier et l’entremetteuse

Cléante, à court d’argent, cherche à emprunter à un usurier aux conditions exorbitantes : il découvre que le prêteur est son propre père (II, 2). Père et fils s’accusent mutuellement. L’entremetteuse Frosine flatte Harpagon pour obtenir de l’argent : elle lui assure que Mariane préfère les vieillards. Harpagon fait la sourde oreille dès qu’elle demande une récompense.

Acte III : le dîner

Harpagon prépare un repas pour Mariane en exigeant la plus grande économie. Maître Jacques, à la fois cuisinier et cocher, se dispute avec Valère, qui proclame qu'« il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger ». Mariane arrive et reconnaît en Cléante le jeune homme qu’elle aime. Cléante, devant son père, lui offre la bague d’Harpagon.

Acte IV : le vol

Harpagon découvre la rivalité de son fils et maudit Cléante. Maître Jacques réconcilie les deux hommes par un malentendu comique, vite dissipé. La Flèche dérobe la cassette. Harpagon, fou de désespoir, prononce son célèbre monologue (IV, 7) : « Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. »

Acte V : le dénouement

Un commissaire enquête. Maître Jacques accuse Valère par vengeance. Harpagon interroge Valère, qui croit qu’on lui reproche son amour pour Élise : le quiproquo sur « le trésor » est l’un des sommets comiques de la pièce. Anselme reconnaît en Valère et Mariane ses enfants, perdus dans un naufrage : il est Dom Thomas d’Alburcy, noble napolitain. Cléante rend la cassette contre la main de Mariane. Anselme paie tout ; les deux couples se marient, et Harpagon court revoir « sa chère cassette ».

Les personnages

PersonnageRôle
HarpagonPère avare et usurier, tyran domestique, amoureux ridicule
CléanteFils d’Harpagon, amoureux de Mariane
ÉliseFille d’Harpagon, amoureuse de Valère
ValèreAmoureux d’Élise, déguisé en intendant flatteur
MarianeJeune fille pauvre, aimée de Cléante et convoitée par Harpagon
AnselmeVieux seigneur, en réalité père de Valère et Mariane
FrosineEntremetteuse rusée
Maître JacquesCuisinier et cocher d’Harpagon
La FlècheValet de Cléante, voleur de la cassette

Les thèmes

L’argent

L’argent remplace tout chez Harpagon : l’amour, la famille, la santé, la morale. Le monologue du vol le montre : perdre sa cassette, c’est perdre la vie. Molière montre aussi un monde où l’argent circule à travers l’usure et les mariages arrangés.

La famille

Harpagon est le rival de son fils et le tyran de sa fille. La pièce oppose violemment les générations : Cléante souhaite presque la mort de son père. Le comique a ici un fond cruel.

L’aveuglement

L’avare est si possédé par sa passion qu’il ne voit plus rien. Comme Arnolphe (L’École des femmes) ou Argan (Le Malade imaginaire), il est prisonnier d’une idée fixe.

Les procédés comiques

  • Comique de caractère : l’avarice poussée à l’extrême.
  • Comique de mots : la répétition « Sans dot ! », les jeux sur « mon argent ».
  • Comique de situation : le fils emprunteur face au père usurier, le quiproquo de l’acte V.
  • Comique de geste : fouille de La Flèche, coups de bâton, monologue délirant.
  • Adresse au public : dans son monologue, Harpagon se tourne vers les spectateurs qu’il soupçonne.

Voir la comédie.

Questions fréquentes

Qui vole la cassette d’Harpagon ?

La Flèche, le valet de Cléante, qui la remet à son maître. Cléante s’en sert pour obtenir la main de Mariane.

Que signifie « sans dot » ?

Une dot est l’apport d’argent de la famille de la mariée. Anselme accepte d’épouser Élise sans dot, ce qui suffit à convaincre Harpagon.

Pourquoi L’Avare est-il en prose ?

Molière n’a pas expliqué ce choix. La prose donne un naturel au dialogue ; à l’époque, des critiques ont jugé qu’une grande comédie en cinq actes aurait dû être en vers.

Quelle est la source de L’Avare ?

L’Aulularia (La Marmite) de Plaute, où un vieil avare cache un pot d’or. Molière a aussi emprunté à d’autres comédies italiennes et françaises.

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