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Littérature · Œuvres

Le Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro est une comédie de Beaumarchais créée en 1784. Au cours d’une « folle journée », le valet Figaro et sa fiancée Suzanne déjouent les projets du comte Almaviva, qui veut séduire la jeune femme.

Mis à jour le 5 min de lecture

La Folle Journée ou le Mariage de Figaro est la pièce la plus célèbre de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799). Écrite vers 1778, interdite par Louis XVI, elle n’est jouée publiquement à la Comédie-Française que le 27 avril 1784, après six ans de bataille. Son succès est immense. Sa satire des privilèges de la noblesse en fait l’une des œuvres emblématiques de la fin de l’Ancien Régime et de l’esprit des Lumières.

La trilogie de Figaro

PièceDateSujet
Le Barbier de Séville1775Figaro, barbier, aide le comte Almaviva à épouser Rosine, gardée par le docteur Bartholo
Le Mariage de Figaro1784Figaro, devenu concierge du château, défend sa fiancée contre le comte
La Mère coupable1792Drame familial : la comtesse a eu un enfant de Chérubin

Résumé acte par acte

Acte I : la menace

Le jour de son mariage, Figaro mesure la chambre que le comte leur offre. Suzanne, camériste de la comtesse, lui révèle que le comte, qui a pourtant aboli le « droit du seigneur », veut la séduire. Marceline, aidée du docteur Bartholo, entend forcer Figaro à l’épouser en vertu d’une reconnaissance de dette. Le page Chérubin, amoureux de toutes les femmes et surtout de sa marraine la comtesse, se cache dans la chambre de Suzanne et surprend le comte faisant sa cour. Le comte l’envoie à l’armée.

Acte II : la chambre de la comtesse

Figaro, Suzanne et la comtesse montent un piège : Chérubin, déguisé en femme, ira au rendez-vous du comte à la place de Suzanne. Pendant l’essayage, le comte, jaloux, survient. Chérubin s’enferme dans un cabinet ; Suzanne prend sa place pendant qu’il saute par la fenêtre. Le comte, confondu, doit s’excuser. Marceline réclame justice.

Acte III : le procès

Le comte questionne Figaro, qui le déjoue. Au procès, présidé par le juge bègue Brid’oison, Figaro est condamné à payer ou à épouser Marceline. Coup de théâtre : Marceline et Bartholo se révèlent être les parents de Figaro, enfant volé autrefois. Le mariage peut avoir lieu.

Acte IV : la noce

La comtesse dicte à Suzanne un billet fixant au comte un rendez-vous nocturne au jardin, sous les marronniers. Pendant la cérémonie, Figaro croit comprendre que Suzanne accepte le rendez-vous et devient jaloux.

Acte V : la nuit au jardin

Seul dans l’obscurité, Figaro prononce son long monologue (V, 3). La comtesse et Suzanne ont échangé leurs vêtements : le comte courtise sa propre femme en croyant parler à Suzanne. Figaro, qui a reconnu Suzanne sous le costume de la comtesse, feint de la séduire pour se venger du comte. Tout se dénoue : le comte, découvert, demande pardon à la comtesse, qui l’accorde. La pièce se termine par un vaudeville, couplets chantés par chaque personnage.

Les personnages

PersonnageRôle
FigaroValet du comte, concierge du château, ingénieux et frondeur
SuzanneCamériste de la comtesse, fiancée de Figaro, vive et loyale
Le comte AlmavivaGrand seigneur libertin, jaloux de sa femme
La comtesse (Rosine)Épouse délaissée et mélancolique
ChérubinJeune page, figure de l’éveil amoureux
MarcelineGouvernante, mère de Figaro
BartholoMédecin, père de Figaro
BazileMaître de musique, intrigant
Brid’oisonJuge bègue et ridicule
Antonio, FanchetteJardinier et sa fille

Le monologue de Figaro

Au cœur de l’acte V, Figaro s’adresse au comte absent : « Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Il raconte ensuite sa vie d’aventurier, ses démêlés avec la censure, la prison, le monopole des privilégiés. Ce monologue, réputé l’un des plus longs du répertoire français, oppose le mérite personnel à la naissance.

Les thèmes

La critique des privilèges

Dans l’esprit du siècle des Lumières, le comte n’a d’autre mérite que sa naissance ; Figaro triomphe par l’intelligence. La pièce met en scène un conflit entre aristocratie et talent, au moment où cette question agite la société française.

La satire des institutions

La justice (le procès de Brid’oison), la censure et la liberté d’expression sont moquées : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », dit Figaro.

La condition féminine

Marceline, à l’acte III, dénonce l’injustice faite aux femmes séduites puis abandonnées. Suzanne et la comtesse mènent le jeu et triomphent du comte.

Le désir et l’amour

Chérubin incarne le trouble amoureux de l’adolescence ; le comte, le désir de domination ; Figaro et Suzanne, l’amour fondé sur l’égalité et la confiance.

Une pièce qui annonce la Révolution ?

On a souvent lu la pièce comme un signe avant-coureur de la Révolution française. Il faut nuancer : Beaumarchais, homme d’affaires enrichi, ne réclame pas la chute de la monarchie, et la pièce finit dans la réconciliation. Mais en faisant applaudir par l’aristocratie elle-même la critique de ses privilèges, elle témoigne d’un ébranlement de l’ordre ancien.

Postérité

Héritier de la comédie d’intrigue de Molière, le personnage de Figaro a aussi inspiré la musique : Mozart et son librettiste Lorenzo Da Ponte en tirent l’opéra Les Noces de Figaro (Le nozze di Figaro), créé à Vienne en 1786. Le nom de Figaro a été repris par le journal Le Figaro, fondé en 1826, qui a fait sa devise de la phrase sur la liberté de blâmer.

Questions fréquentes

Pourquoi la pièce s’appelle-t-elle La Folle Journée ?

Parce que toute l’action, avec ses multiples rebondissements, se déroule en une seule journée, celle du mariage de Figaro.

Pourquoi Le Mariage de Figaro a-t-il été censuré ?

Parce que sa critique de la noblesse, de la justice et de la censure parut dangereuse à Louis XVI. Elle fut jouée après une longue campagne et des lectures dans les salons.

Qui sont les parents de Figaro ?

Marceline et Bartholo, révélés à l’acte III. Figaro avait été volé par des bohémiens dans son enfance.

Quelle phrase célèbre vient du monologue de Figaro ?

« Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus », adressée au comte : la noblesse héréditaire n’est pas un mérite.

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