Littérature · Œuvres
Le Médecin malgré lui
Le Médecin malgré lui est une farce de Molière créée en 1666. Pour se venger de son mari qui la bat, Martine fait passer le fagotier Sganarelle pour un grand médecin qui n’avoue son talent que sous les coups.
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Le Médecin malgré lui est l’une des pièces de Molière les plus étudiées au collège, souvent en 5e ou en 4e. Créée au Palais-Royal deux mois après Le Misanthrope, cette farce courte et rythmée a connu un succès immédiat. Elle reprend un schéma très ancien, celui du fabliau Le Vilain mire, pour se moquer des médecins de l’époque.
Résumé acte par acte
Acte I : la vengeance de Martine
Sganarelle, fagotier (bûcheron qui fait des fagots), ivrogne et paresseux, se dispute avec sa femme Martine et la bat. Un voisin, M. Robert, veut s’interposer : Martine prend le parti de son mari, et Sganarelle bat aussi le voisin. Restée seule, Martine jure de se venger.
Elle rencontre Valère et Lucas, domestiques du riche Géronte, qui cherchent un médecin pour la fille de leur maître, Lucinde, devenue muette. Martine leur affirme que son mari est un médecin extraordinaire, mais si bizarre qu’il ne reconnaît son savoir qu’après avoir été battu. Les deux hommes trouvent Sganarelle, qui nie, reçoit des coups de bâton et finit par accepter d’être médecin.
Acte II : la consultation
Chez Géronte, Sganarelle, en habit de médecin, se met très vite dans le rôle. Il courtise la nourrice Jacqueline, femme de Lucas, puis examine Lucinde. Il se lance dans un discours plein de faux latin et de raisonnements absurdes, qui aboutit à une conclusion célèbre : « Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette. » Quand Géronte remarque qu’il place le cœur à droite et le foie à gauche, Sganarelle répond sans se troubler que « nous avons changé tout cela ».
En réalité, Lucinde feint d’être muette pour ne pas épouser Horace, le riche prétendant choisi par son père : elle aime Léandre, que Géronte refuse parce qu’il est pauvre. Léandre demande à Sganarelle de l’aider et le paie.
Acte III : l’enlèvement et le dénouement
Léandre se déguise en apothicaire pour approcher Lucinde. Sganarelle, enchanté de son nouveau métier, reçoit des paysans qui le paient, et continue de courtiser Jacqueline. Lucinde retrouve soudain la parole pour refuser Horace avec une volubilité qui désespère son père. Pendant que Sganarelle occupe Géronte, Léandre enlève Lucinde.
Géronte découvre la fuite et fait arrêter Sganarelle, qu’il veut faire pendre. Martine arrive et assiste à son malheur. Mais Léandre revient avec Lucinde : il vient d’hériter de son oncle. Devenu riche, il obtient sans peine la main de Lucinde. Sganarelle est sauvé et pardonne à Martine les coups qu’elle lui a valus, en exigeant désormais le respect dû à un médecin.
Les personnages
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Sganarelle | Fagotier ivrogne, devenu faux médecin |
| Martine | Sa femme, qui se venge en le faisant passer pour médecin |
| M. Robert | Voisin battu pour s’être mêlé d’une querelle de ménage |
| Géronte | Riche bourgeois, père autoritaire et avare |
| Lucinde | Sa fille, qui fait la muette |
| Léandre | Amoureux de Lucinde |
| Valère et Lucas | Domestiques de Géronte |
| Jacqueline | Nourrice, femme de Lucas, courtisée par Sganarelle |
La satire des médecins
Molière se moque des médecins de son temps :
- l’habit : il suffit de porter la robe et le chapeau pour être cru médecin ;
- le latin : Sganarelle impressionne avec un latin inventé, que personne ne comprend ;
- les raisonnements creux : de longues explications pour ne rien dire ;
- l’argent : Sganarelle découvre que la médecine est le métier le plus rentable, car on est payé même quand le malade meurt.
C’est un thème que Molière reprendra jusqu’à sa dernière pièce, Le Malade imaginaire.
Les procédés comiques
| Procédé | Exemple |
|---|---|
| Comique de geste | Coups de bâton (acte I), Sganarelle qui tâte le pouls de la nourrice |
| Comique de mots | Faux latin, patois de Lucas et Jacqueline, « Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette » |
| Comique de situation | Le battu qui accepte d’être médecin, le voisin battu par ceux qu’il défend |
| Comique de caractère | La vanité de Sganarelle, qui prend goût à son imposture |
| Comique de répétition | Les coups reçus, puis donnés |
Voir la comédie et ses procédés.
Pistes d’analyse pour un élève
- Montrer qu’il s’agit d’une farce : personnages populaires, coups, langage familier, intrigue simple.
- Étudier la scène de consultation (II, 4) : comment Sganarelle trompe-t-il Géronte ?
- Comparer avec le fabliau Le Vilain mire : ce que Molière garde, ce qu’il ajoute (voir les fabliaux).
- Réfléchir au mariage : les jeunes amoureux contre le père qui préfère l’argent.
Questions fréquentes
Pourquoi Martine fait-elle passer Sganarelle pour un médecin ?
Pour se venger de lui, parce qu’il l’a battue. Elle affirme qu’il ne reconnaît sa science qu’à coups de bâton : il sera donc battu à son tour.
Pourquoi Lucinde est-elle muette ?
Elle fait semblant, pour éviter d’épouser Horace, que son père veut lui imposer. Elle aime Léandre.
Que veut dire « nous avons changé tout cela » ?
C’est la réponse de Sganarelle quand on lui fait remarquer qu’il inverse la place du cœur et du foie. L’expression est restée pour se moquer de quelqu’un qui justifie une erreur avec aplomb.
Comment se termine Le Médecin malgré lui ?
Léandre hérite d’un oncle riche ; Géronte accepte alors qu’il épouse Lucinde. Sganarelle échappe à la pendaison.