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Langue française · Origine des expressions

Se serrer la ceinture

Se serrer la ceinture, c’est se priver, réduire ses dépenses ou sa consommation parce que les moyens manquent. L’image est concrète : celui qui mange moins maigrit et doit resserrer sa ceinture.

Mis à jour le 3 min de lecture

Se serrer la ceinture signifie accepter des privations, surtout financières : Avec la hausse des loyers, beaucoup de familles doivent se serrer la ceinture. L’expression s’applique aux ménages comme aux entreprises et aux États.

Sens et emploi

L’expression décrit une restriction subie plutôt qu’un choix : on se serre la ceinture parce que les revenus baissent ou que les prix montent. Elle est très employée dans le vocabulaire économique et politique : le gouvernement demande aux Français de se serrer la ceinture. Variante plus familière : se mettre la ceinture, « être privé de quelque chose ». Le registre est courant.

Origine de l’expression

L’image de la faim

Le sens propre explique tout : quand on mange moins, on maigrit, et la ceinture doit être resserrée d’un cran pour tenir le pantalon. Une autre lecture, compatible, rappelle qu’en période de disette on serrait sa ceinture pour comprimer l’estomac et tromper la faim. Dans les deux cas, la ceinture serrée est le signe visible de la privation.

Datation

L’expression figurée est relevée au XIXe siècle et devient très courante au XXe, notamment pendant les périodes de crise et de rationnement (guerres mondiales, crise de 1929). On employait aussi se boucler la ceinture dans le même sens.

Emploi économique

L’expression est très présente dans les débats sur l'austérité et le pouvoir d’achat. Les médias parlent de « ceinture serrée » pour les ménages confrontés à l'inflation, et de « cure d’austérité » pour les États qui réduisent leurs dépenses. Voir aussi le pouvoir d’achat et la crise de 1929, période où l’image était particulièrement concrète.

Exemples

Accord du participe passé

Au passé composé, on écrit ils se sont serré la ceinture, sans accord : le complément d’objet direct, la ceinture, est placé après le verbe ; le pronom se est complément indirect (« serrer la ceinture à soi »). Voir l'accord du participe passé des verbes pronominaux.

Synonymes et équivalents

En français : se priver, se restreindre, faire des économies, vivre chichement, regarder à la dépense, manger de la vache enragée (connaître la misère). Le contraire : mettre du beurre dans les épinards.

LangueÉquivalentSens littéral
Anglaisto tighten one’s beltse serrer la ceinture (même image)
Espagnolapretarse el cinturónmême image
Italientirare la cinghiatirer la courroie
Allemandden Gürtel enger schnallenboucler la ceinture plus serré

L’image est commune à presque toutes les langues européennes. Au Québec, l’expression est la même ; on dit aussi familièrement couper dans le gras pour « réduire les dépenses superflues ».

Questions fréquentes

Faut-il écrire « ils se sont serrés la ceinture » ou « serré » ?

Ils se sont serré la ceinture, sans s : le COD la ceinture est après le verbe.

L’expression est-elle familière ?

Non, elle est courante et s’emploie dans la presse et le discours politique.

Quelle différence avec « se mettre la ceinture » ?

Se mettre la ceinture (familier) signifie être privé d’une chose précise : pour le dessert, tu peux te mettre la ceinture. Se serrer la ceinture désigne une privation générale et durable.

Pour d’autres expressions, voir les expressions françaises et leur origine.

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