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Économie · Notions fondamentales

Pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat désigne la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acheter. Il augmente quand les revenus progressent plus vite que les prix, et baisse dans le cas inverse.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le pouvoir d’achat est l’une des préoccupations les plus constantes des ménages et un thème central du débat public. Il dépend de deux éléments : les revenus et les prix. Une hausse de salaire de 2 % ne fait gagner du pouvoir d’achat que si les prix augmentent de moins de 2 %. C’est l'inflation qui fait le lien entre revenu nominal et revenu réel.

Comment le calcule-t-on ?

Une approximation suffit dans la plupart des cas :

Évolution du pouvoir d’achat ≈ évolution du revenu − inflation

Exemple : un salaire qui augmente de 3 % pendant que les prix montent de 2 % donne un gain de pouvoir d’achat d’environ 1 %. Si le salaire n’augmente que de 1 %, le pouvoir d’achat baisse d’environ 1 %.

Le calcul exact est : (1 + évolution du revenu) ÷ (1 + inflation) − 1. Avec +3 % et +2 % : 1,03 ÷ 1,02 − 1 = 0,98 %. Pour les calculs de pourcentages, voir calcul de pourcentage.

La mesure officielle de l’Insee

L’Insee mesure le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages, dans le cadre des comptes nationaux.

ÉlémentContenu
Revenus d’activitéSalaires, revenus des indépendants
+ Revenus du patrimoineIntérêts, dividendes, loyers (y compris loyers « imputés » des propriétaires occupants)
+ Prestations socialesRetraites, allocations familiales, allocations chômage, aides au logement…
− PrélèvementsImpôts directs (impôt sur le revenu, taxe foncière), cotisations sociales, CSG et CRDS
= Revenu disponible brutCe qui reste pour consommer et épargner

Le RDB est ensuite corrigé de l’évolution des prix de la consommation des ménages (déflateur de la consommation, proche de l'indice des prix).

Le pouvoir d’achat par unité de consommation

L’évolution globale ne dit pas tout : si la population augmente, le RDB doit être partagé entre plus de personnes. L’Insee calcule donc aussi le pouvoir d’achat par unité de consommation (UC), qui tient compte de la taille des ménages et des économies d’échelle (on ne paie pas deux loyers en vivant à deux) :

  • 1 UC pour le premier adulte ;
  • 0,5 UC pour chaque autre personne de 14 ans ou plus ;
  • 0,3 UC pour chaque enfant de moins de 14 ans.

Un couple avec deux jeunes enfants compte ainsi pour 2,1 UC. Cette échelle de l’OCDE modifiée sert aussi à calculer le niveau de vie et le seuil de pauvreté.

Pourquoi le ressenti diffère-t-il souvent des chiffres ?

Il est fréquent que les statistiques annoncent un gain de pouvoir d’achat alors que beaucoup de ménages ont l’impression inverse. Plusieurs raisons l’expliquent :

  • C’est une moyenne : elle mélange des situations très différentes (actifs et retraités, propriétaires et locataires, ménages urbains et ruraux).
  • Les dépenses contraintes (loyer, énergie, assurances, abonnements) pèsent plus lourd pour les ménages modestes et laissent moins de marge pour le reste.
  • Les achats fréquents (alimentation, carburant) marquent davantage les esprits que les biens durables dont les prix baissent ou progressent peu.
  • Les loyers imputés des propriétaires entrent dans le revenu au sens des comptes nationaux, alors qu’ils ne correspondent à aucun revenu perçu.
  • Les effets de qualité : l’indice des prix tient compte de l’amélioration des produits, ce que le consommateur ne perçoit pas toujours.

Ce qui fait varier le pouvoir d’achat

Hausse du pouvoir d’achatBaisse du pouvoir d’achat
Hausse des salaires, revalorisation du SmicInflation, notamment de l’énergie et de l’alimentation
Revalorisation des prestations socialesHausse des impôts et des cotisations
Baisse des prix (énergie, taux d’intérêt)Hausse des taux pour les emprunteurs à taux variable
Baisse d’impôtsBaisse de l’emploi (chômage, temps partiel subi)

Les épisodes d’inflation forte, comme en 2022-2023 ou au second semestre 2026, tirée par les prix de l’énergie, pèsent directement sur le pouvoir d’achat, en particulier lorsque les salaires et les prestations ne sont revalorisés qu’avec retard.

Pouvoir d’achat et salaire réel

Le salaire réel est le salaire nominal corrigé de l’inflation. Il ne se confond pas avec le pouvoir d’achat des ménages, qui inclut tous les revenus et les impôts. Pour comprendre ce qui sépare le salaire inscrit au contrat de ce qui arrive sur le compte, voir salaire brut et net.

Au Québec et au Canada

Statistique Canada publie l’IPC et le revenu disponible des ménages. Plusieurs montants y sont indexés automatiquement chaque année sur l’inflation, comme la pension de la Sécurité de la vieillesse (ajustée chaque trimestre) ou les paliers d’imposition fédéraux et québécois. Le salaire minimum québécois est fixé par le gouvernement du Québec et révisé en général chaque 1er mai.

Questions fréquentes

Le pouvoir d’achat a-t-il augmenté depuis 50 ans ?

En moyenne, oui, nettement : en France, le pouvoir d’achat par habitant a été multiplié plusieurs fois depuis les années 1960, même si sa progression a beaucoup ralenti depuis les années 1980.

Qu’est-ce que le « reste à vivre » ?

Ce qui reste au ménage après paiement des dépenses contraintes. Ce n’est pas un indicateur officiel unique, mais il éclaire souvent mieux la situation des ménages modestes que le pouvoir d’achat moyen.

Pourquoi parle-t-on de pouvoir d’achat « arbitrable » ?

L’Insee calcule un revenu « arbitrable » en retirant du revenu disponible les dépenses pré-engagées (logement, assurances, télécommunications…). Il mesure la part du revenu dont l’usage peut réellement être choisi.

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