Langue française · Origine des expressions
Être chocolat
Être chocolat, c’est être frustré, privé de ce qu’on espérait, ou s’être fait avoir. L’origine la plus citée est le clown Chocolat, qui jouait la victime des farces de son partenaire Foottit à la fin du XIXe siècle.
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Être chocolat signifie être privé de quelque chose sur quoi l’on comptait, se retrouver bredouille ou dupé : Le magasin avait vendu le dernier exemplaire : on est chocolat. L’expression est familière et un peu vieillie, mais encore bien comprise.
Sens et emploi
L’expression se construit avec être ou en être : on est chocolat, je suis chocolat. Chocolat reste invariable dans ce sens : elles sont chocolat. Le registre est familier. On la rencontre souvent dans des récits ou des dialogues, parfois avec une nuance de résignation amusée.
Origine de l’expression
Le clown Chocolat
L’explication la plus citée renvoie au clown Chocolat, nom de scène de Rafael Padilla, artiste né à Cuba et arrivé en France dans les années 1880. Au Nouveau Cirque, à Paris, il forma à partir de 1895 environ un duo célèbre avec le clown blanc anglais George Foottit. Dans leurs numéros, Foottit, autoritaire, accablait Chocolat de farces et de gifles ; Chocolat jouait le souffre-douleur, toujours dupé.
Le public aurait alors pris l’habitude de dire « je suis Chocolat » pour « je suis la victime, je me suis fait avoir ». Le duo, immensément populaire, a été filmé par les frères Lumière et dessiné par Toulouse-Lautrec. Sa vie a inspiré le film Chocolat (2016).
Ce que l’on peut dire
| Élément | Statut |
|---|---|
| Existence du duo Foottit et Chocolat au Nouveau Cirque | attesté |
| Rôle de dupe joué par Chocolat | attesté |
| Lien direct entre le clown et l’expression | explication la plus répandue, non démontrée par une attestation contemporaine précise |
Le rôle de souffre-douleur du clown s’inscrivait aussi dans les stéréotypes racistes de l’époque, aujourd’hui analysés par les historiens.
Exemples
Synonymes et équivalents
En français : être marron (familier, se faire avoir), être bredouille, en être pour ses frais, l’avoir dans l’os (très familier), se faire avoir, se brosser (familier : être privé de quelque chose).
| Langue | Équivalent | Sens littéral |
|---|---|---|
| Anglais | to be left empty-handed | rester les mains vides |
| Anglais | to be had | se faire avoir |
| Espagnol | quedarse con las ganas | rester avec l’envie |
| Italien | restare a bocca asciutta | rester la bouche sèche |
Au Québec, l’expression est peu employée ; on dit plutôt se faire avoir. Le français connaît aussi la tournure ancienne être Gros-Jean comme devant, « se retrouver aussi démuni qu’avant ».
Questions fréquentes
« Chocolat » prend-il un s dans cette expression ?
Non. Dans être chocolat, le mot est invariable : nous sommes chocolat.
Qui était le clown Chocolat ?
Rafael Padilla, artiste d’origine cubaine, vedette du cirque parisien à la fin du XIXe siècle avec son partenaire Foottit. Il est mort en 1917.
Quelle différence entre être chocolat et être marron ?
Les deux signifient « se faire avoir ». Être marron insiste sur la tromperie ; être chocolat sur la privation d’une chose espérée.
Voir aussi se faire rouler dans la farine, l'argot et la liste des expressions françaises et leur origine.