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Histoire · XXe siècle

La crise de 1929

La crise de 1929 commence par le krach de la Bourse de New York en octobre 1929 et se transforme en Grande Dépression mondiale : effondrement de la production, faillites, chômage de masse jusqu’au milieu des années 1930.

Mis à jour le 5 min de lecture

La crise de 1929 désigne le krach boursier de Wall Street d’octobre 1929 et la Grande Dépression qui s’ensuit dans le monde entier pendant les années 1930. Le jeudi 24 octobre 1929 (« jeudi noir »), puis les 28 et 29 octobre (« mardi noir »), les cours de la Bourse de New York s’effondrent. La crise financière devient une crise bancaire, économique puis sociale : aux États-Unis, la production industrielle recule d’environ 45 % entre 1929 et 1932 et le chômage touche un quart de la population active en 1933. Elle se propage à l’Europe et au reste du monde, favorise l’arrivée au pouvoir de Hitler et transforme le rôle économique de l’État.

Chronologie

DateÉvénement
1924-1929Prospérité américaine et spéculation boursière
3 septembre 1929Sommet de l’indice Dow Jones (381 points)
24 octobre 1929Jeudi noir : près de 13 millions d’actions échangées dans la panique
28-29 octobre 1929Lundi et mardi noirs : nouvel effondrement
Juin 1930Loi Hawley-Smoot : hausse des droits de douane américains
Décembre 1930Faillite de la Bank of United States
Mai 1931Faillite du Creditanstalt de Vienne
Juillet 1931Crise bancaire en Allemagne
Septembre 1931Le Royaume-Uni abandonne l’étalon-or
Juillet 1932Le Dow Jones tombe à 41 points
30 janvier 1933Hitler chancelier en Allemagne
Mars 1933Roosevelt président ; début du New Deal
1936Keynes publie la Théorie générale ; dévaluation du franc

Les causes

Une prospérité fragile

Après la Première Guerre mondiale, les États-Unis deviennent la première puissance économique et le créancier du monde. Les années 1920 sont celles des « Roaring Twenties » : essor de l’automobile, de l’électricité, de la radio, de la consommation à crédit. Mais cette croissance est déséquilibrée : les salaires progressent moins vite que la production, l’agriculture est en crise de surproduction depuis le début de la décennie, et les inégalités se creusent.

La spéculation boursière

À partir de 1927-1928, des millions d’Américains achètent des actions, souvent à crédit (achat « sur marge » : on n’avance qu’une fraction du prix, le reste étant prêté par le courtier). Les cours montent bien plus vite que les profits réels des entreprises, formant une bulle spéculative. Lorsque la confiance se retourne, les ventes forcées pour rembourser les prêts accélèrent la chute.

Le krach et la dépression aux États-Unis

Le 24 octobre 1929, une vague d’ordres de vente provoque la panique. Malgré l’intervention de grandes banques, les cours s’effondrent de nouveau les 28 et 29 octobre. En trois ans, l’indice Dow Jones perd près de 90 % de sa valeur (de 381 points en septembre 1929 à 41 en juillet 1932) ; il ne retrouve son niveau de 1929 qu’en 1954.

La crise boursière gagne toute l’économie par un enchaînement :

  1. Crise bancaire : les banques, qui ont prêté aux spéculateurs, font faillite ; les déposants se ruent aux guichets. Environ 9 000 banques disparaissent entre 1930 et 1933.
  2. Contraction du crédit : les entreprises et les ménages ne peuvent plus emprunter.
  3. Effondrement de la consommation et de l’investissement.
  4. Chute de la production et des prix (déflation), faillites d’entreprises.
  5. Chômage de masse : environ 13 millions de chômeurs en 1933, soit environ 25 % de la population active, sans assurance chômage.

Les images de la Grande Dépression marquent les esprits : soupes populaires, bidonvilles surnommés « Hoovervilles », fermiers ruinés de l’Oklahoma chassés par la sécheresse du Dust Bowl (décrits par John Steinbeck dans Les Raisins de la colère, 1939). Le président Herbert Hoover, attaché à l’équilibre budgétaire, réagit peu.

La propagation mondiale

La crise se diffuse par plusieurs canaux :

  • Rapatriement des capitaux américains prêtés à l’Europe, notamment à l’Allemagne et à l’Autriche, qui en dépendaient depuis le plan Dawes (1924).
  • Effondrement du commerce mondial : les échanges internationaux diminuent d’environ deux tiers en valeur entre 1929 et 1933, sous l’effet du protectionnisme (loi Hawley-Smoot de 1930 et représailles).
  • Crise monétaire : la faillite du Creditanstalt de Vienne (mai 1931) entraîne une crise bancaire en Europe centrale ; le Royaume-Uni abandonne l’étalon-or en septembre 1931.
  • Chute des prix des matières premières, qui ruine les pays exportateurs d’Amérique latine et les colonies.
PaysEffet principal
AllemagneEnviron 6 millions de chômeurs début 1932 ; politique de déflation du chancelier Brüning
Royaume-UniChômage d’environ 20 % en 1932 dans l’industrie assurée ; abandon de l’étalon-or
FranceCrise plus tardive (1931) mais plus longue ; déflation ; reprise faible avant 1939
JaponEffondrement des exportations de soie ; montée du militarisme

Les réponses à la crise

Le New Deal de Roosevelt

Élu en novembre 1932, Franklin D. Roosevelt lance dès mars 1933 le New Deal (« nouvelle donne ») :

  • réforme bancaire (fermeture temporaire des banques, loi Glass-Steagall séparant banques de dépôt et d’affaires, garantie des dépôts) ;
  • grands travaux (Tennessee Valley Authority, Civilian Conservation Corps) ;
  • soutien des prix agricoles (Agricultural Adjustment Act) ;
  • Social Security Act (1935) : retraites et assurance chômage ;
  • reconnaissance du droit syndical (Wagner Act, 1935).

Le New Deal ne fait pas disparaître le chômage, qui reste élevé jusqu’à l’entrée en guerre, mais il rétablit la confiance et étend le rôle de l’État fédéral.

Keynes et le rôle de l’État

En 1936, l’économiste britannique John Maynard Keynes publie la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Il montre qu’une économie peut rester durablement en sous-emploi et que l’État doit soutenir la demande par la dépense publique. Ses idées inspireront les politiques économiques de l’après-guerre.

Repli et autarcie

D’autres pays choisissent le protectionnisme, les dévaluations compétitives et le repli sur leurs empires coloniaux. L’Allemagne nazie et le Japon s’engagent dans le réarmement et l’expansion territoriale.

Les conséquences politiques

La crise discrédite les démocraties libérales et favorise les régimes autoritaires. En Allemagne, le chômage de masse fait passer le parti nazi de 2,6 % des voix en 1928 à 37,3 % en juillet 1932 ; Hitler devient chancelier le 30 janvier 1933 (voir montée des totalitarismes). En France, la crise nourrit l’agitation des ligues et la victoire du Front populaire en 1936. À l’échelle mondiale, elle contribue au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le jeudi noir ?

Le jeudi 24 octobre 1929, jour où la Bourse de New York connaît un effondrement des cours et une panique sans précédent, avec près de 13 millions d’actions échangées. Il marque le début du krach.

Quelle est la cause de la crise de 1929 ?

La cause immédiate est l’éclatement d’une bulle spéculative à Wall Street, alimentée par l’achat d’actions à crédit. Les causes profondes sont la surproduction, la fragilité du système bancaire et les déséquilibres de l’économie mondiale après la Première Guerre mondiale.

Combien de temps a duré la Grande Dépression ?

Aux États-Unis, la dépression la plus profonde dure de 1929 à 1933, mais le chômage reste élevé jusqu’à l’entrée en guerre de 1941. En France, la crise, arrivée plus tard, se prolonge jusqu’à la fin des années 1930.

Qu’est-ce que le New Deal ?

C’est la politique de relance et de réformes menée par le président Roosevelt à partir de 1933 : grands travaux, réforme bancaire, soutien à l’agriculture et création d’une sécurité sociale.

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