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Langue française · Origine des expressions

Sauter du coq à l’âne

Sauter du coq à l’âne, c’est passer brusquement d’un sujet à un autre sans lien logique. L’expression remonte au Moyen Âge ; Clément Marot en a fait au XVIe siècle un genre poétique, le coq-à-l’âne.

Mis à jour le 3 min de lecture

Sauter du coq à l’âne, c’est changer de sujet sans transition, enchaîner des propos décousus : Il saute du coq à l’âne, impossible de suivre sa pensée. L’expression est courante ; elle a aussi donné un nom commun, un coq-à-l’âne, qui désigne un propos incohérent.

Sens et emploi

L’expression décrit une conversation ou un texte décousu. Elle peut être un reproche (manque de rigueur, d’attention) ou une simple constatation (une discussion animée entre amis). On dit aussi passer du coq à l’âne. Le nom s’écrit avec des traits d’union et reste invariable : des coq-à-l’âne (voir l’emploi du trait d’union).

Origine de l’expression

Une formule médiévale

On trouve dès le Moyen Âge des tournures voisines, comme saillir du coq en l’asne (« sauter du coq à l’âne »), pour évoquer un propos qui passe d’une chose à une autre sans rapport. L’image est celle de deux animaux de la ferme que rien ne relie : passer de l’un à l’autre, c’est sauter d’une idée à une idée étrangère.

Les épîtres de Clément Marot

Au XVIe siècle, le poète Clément Marot (1496-1544) donne le nom de coq-à-l’âne à un genre poétique : des épîtres satiriques en vers, dont la première, adressée à son ami Lyon Jamet, date des années 1530. Ces poèmes enchaînent volontairement les sujets les plus divers, ce qui permet de glisser critiques et allusions politiques ou religieuses sous une apparence de désordre. Le genre est imité par d’autres poètes de l’époque de l'humanisme.

ÉtapeFormeSens
Moyen Âgesaillir du coq en l’asnepasser d’un propos à un autre sans rapport
XVIe sièclecoq-à-l’âne (Marot)épître satirique au contenu volontairement décousu
Aujourd’huisauter du coq à l’âne, un coq-à-l’ânechanger de sujet sans transition ; propos incohérent

Exemples

Équivalents et synonymes

LangueÉquivalentSens littéral
Anglaisto jump from one subject to another, to go off on a tangentsauter d’un sujet à l’autre, partir sur une tangente
Espagnolsaltar de un tema a otro, irse por las ramassauter d’un sujet à l’autre, partir par les branches
Italiensaltare di palo in frascasauter du pieu au feuillage
Allemandvom Hundertsten ins Tausendste kommenpasser du centième au millième

En français : passer d’une idée à l’autre, perdre le fil, partir dans tous les sens, digresser, s’éparpiller. Pour recentrer une conversation décousue, on dit justement revenons à nos moutons.

Questions fréquentes

D’où vient « sauter du coq à l’âne » ?

D’une formule médiévale, saillir du coq en l’asne, qui évoque le passage d’un animal à un autre sans rapport. Au XVIe siècle, Clément Marot a donné le nom de coq-à-l’âne à des épîtres satiriques au contenu volontairement décousu.

Comment écrit-on « coq-à-l’âne » au pluriel ?

Le nom est invariable : des coq-à-l’âne.

Faut-il dire « sauter » ou « passer » du coq à l’âne ?

Les deux sont corrects. Sauter est la forme la plus fréquente.

D’autres locutions sont réunies dans la liste des expressions françaises et leur origine.

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