Langue française · Origine des expressions
Sauter du coq à l’âne
Sauter du coq à l’âne, c’est passer brusquement d’un sujet à un autre sans lien logique. L’expression remonte au Moyen Âge ; Clément Marot en a fait au XVIe siècle un genre poétique, le coq-à-l’âne.
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Sauter du coq à l’âne, c’est changer de sujet sans transition, enchaîner des propos décousus : Il saute du coq à l’âne, impossible de suivre sa pensée. L’expression est courante ; elle a aussi donné un nom commun, un coq-à-l’âne, qui désigne un propos incohérent.
Sens et emploi
L’expression décrit une conversation ou un texte décousu. Elle peut être un reproche (manque de rigueur, d’attention) ou une simple constatation (une discussion animée entre amis). On dit aussi passer du coq à l’âne. Le nom s’écrit avec des traits d’union et reste invariable : des coq-à-l’âne (voir l’emploi du trait d’union).
Origine de l’expression
Une formule médiévale
On trouve dès le Moyen Âge des tournures voisines, comme saillir du coq en l’asne (« sauter du coq à l’âne »), pour évoquer un propos qui passe d’une chose à une autre sans rapport. L’image est celle de deux animaux de la ferme que rien ne relie : passer de l’un à l’autre, c’est sauter d’une idée à une idée étrangère.
Les épîtres de Clément Marot
Au XVIe siècle, le poète Clément Marot (1496-1544) donne le nom de coq-à-l’âne à un genre poétique : des épîtres satiriques en vers, dont la première, adressée à son ami Lyon Jamet, date des années 1530. Ces poèmes enchaînent volontairement les sujets les plus divers, ce qui permet de glisser critiques et allusions politiques ou religieuses sous une apparence de désordre. Le genre est imité par d’autres poètes de l’époque de l'humanisme.
| Étape | Forme | Sens |
|---|---|---|
| Moyen Âge | saillir du coq en l’asne | passer d’un propos à un autre sans rapport |
| XVIe siècle | coq-à-l’âne (Marot) | épître satirique au contenu volontairement décousu |
| Aujourd’hui | sauter du coq à l’âne, un coq-à-l’âne | changer de sujet sans transition ; propos incohérent |
Exemples
Équivalents et synonymes
| Langue | Équivalent | Sens littéral |
|---|---|---|
| Anglais | to jump from one subject to another, to go off on a tangent | sauter d’un sujet à l’autre, partir sur une tangente |
| Espagnol | saltar de un tema a otro, irse por las ramas | sauter d’un sujet à l’autre, partir par les branches |
| Italien | saltare di palo in frasca | sauter du pieu au feuillage |
| Allemand | vom Hundertsten ins Tausendste kommen | passer du centième au millième |
En français : passer d’une idée à l’autre, perdre le fil, partir dans tous les sens, digresser, s’éparpiller. Pour recentrer une conversation décousue, on dit justement revenons à nos moutons.
Questions fréquentes
D’où vient « sauter du coq à l’âne » ?
D’une formule médiévale, saillir du coq en l’asne, qui évoque le passage d’un animal à un autre sans rapport. Au XVIe siècle, Clément Marot a donné le nom de coq-à-l’âne à des épîtres satiriques au contenu volontairement décousu.
Comment écrit-on « coq-à-l’âne » au pluriel ?
Le nom est invariable : des coq-à-l’âne.
Faut-il dire « sauter » ou « passer » du coq à l’âne ?
Les deux sont corrects. Sauter est la forme la plus fréquente.
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