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Sciences · Mathématiques

La suite arithmético-géométrique

Une suite arithmético-géométrique est définie par uₙ₊₁ = a uₙ + b. On l’étudie avec le point fixe ℓ = b/(1 − a) : la suite vₙ = uₙ − ℓ est géométrique de raison a, d’où uₙ = (u₀ − ℓ)aⁿ + ℓ.

Mis à jour le 4 min de lecture

Un capital qui rapporte des intérêts et reçoit un versement fixe chaque année ; un lac qui perd 10 % de ses poissons par an mais en reçoit 500 par alevinage ; un médicament éliminé de moitié chaque jour et repris à dose fixe : toutes ces situations combinent une multiplication et une addition à chaque étape. Elles se modélisent par des suites arithmético-géométriques, très fréquentes dans les exercices de terminale et de BTS. Pour les suites arithmétiques et géométriques simples, voir les suites numériques.

La méthode en quatre étapes

  1. Chercher le point fixe ℓ, solution de ℓ = aℓ + b, soit ℓ = b/(1 − a).
  2. Poser la suite auxiliaire vₙ = uₙ − ℓ et montrer qu’elle est géométrique de raison a : vₙ₊₁ = uₙ₊₁ − ℓ = a uₙ + b − (aℓ + b) = a(uₙ − ℓ) = a vₙ.
  3. En déduire vₙ : vₙ = v₀ × aⁿ = (u₀ − ℓ) aⁿ.
  4. Revenir à uₙ : uₙ = (u₀ − ℓ) aⁿ + ℓ.

Dans les exercices, la suite auxiliaire est souvent donnée par l’énoncé (« on pose vₙ = uₙ − 6 »). Le point fixe est la seule constante qui rend (vₙ) géométrique.

La limite

Elle découle de la limite de aⁿ (voir la limite d’une suite) :

Valeur de aComportement de (uₙ)
−1 < a < 1Converge vers ℓ, quel que soit u₀
a > 1 et u₀ ≠ ℓDiverge vers +∞ (si u₀ > ℓ) ou −∞ (si u₀ < ℓ)
a ≤ −1 et u₀ ≠ ℓPas de limite (oscillations)
u₀ = ℓConstante, égale à ℓ

Lorsque 0 < a < 1, la suite s’approche de ℓ de façon monotone : croissante si u₀ < ℓ, décroissante si u₀ > ℓ.

Exemple 1 : la population de poissons

Un lac contient 2 000 poissons. Chaque année, 10 % disparaissent, et l’on en réintroduit 500. Avec uₙ le nombre de poissons l’année n : u₀ = 2 000 et uₙ₊₁ = 0,9 uₙ + 500.

  • Point fixe : ℓ = 500/(1 − 0,9) = 5 000.
  • vₙ = uₙ − 5 000, géométrique de raison 0,9, avec v₀ = −3 000.
  • uₙ = 5 000 − 3 000 × 0,9ⁿ.
  • Après 10 ans : 5 000 − 3 000 × 0,9¹⁰ ≈ 3 954 poissons.
  • À long terme, la population se stabilise vers 5 000 poissons.

Exemple 2 : un médicament

Un patient reçoit 3 mg d’un médicament chaque jour ; l’organisme en élimine 50 % en 24 h. Quantité juste après la prise : u₀ = 3 et uₙ₊₁ = 0,5 uₙ + 3.

  • ℓ = 3/0,5 = 6, uₙ = 6 − 3 × 0,5ⁿ.
  • La quantité augmente et se stabilise autour de 6 mg : c’est l’équilibre entre apport et élimination, que les pharmacologues appellent l’état d’équilibre.

Exemple 3 : une épargne avec versements

On place 1 000 € à 3 % par an et l’on ajoute 1 200 € à la fin de chaque année : u₀ = 1 000 et uₙ₊₁ = 1,03 uₙ + 1 200.

  • ℓ = 1 200/(1 − 1,03) = −40 000 (point fixe négatif, sans signification concrète mais utile au calcul).
  • uₙ = (1 000 + 40 000) × 1,03ⁿ − 40 000 = 41 000 × 1,03ⁿ − 40 000.
  • Après 10 ans : 41 000 × 1,03¹⁰ − 40 000 ≈ 15 101 €.
  • Comme a > 1, le capital croît sans limite (voir les intérêts composés).

Le même modèle, avec un remboursement à la place d’un versement (uₙ₊₁ = 1,03uₙ − M), décrit le capital restant dû d’un emprunt.

Vérifier par récurrence

On peut aussi démontrer directement la formule ou des propriétés (monotonie, majoration) par récurrence. Par exemple, pour l’exemple 2 : si 0 ≤ uₙ ≤ 6, alors 3 ≤ 0,5uₙ + 3 ≤ 6.

Erreurs fréquentes

  • Croire que (uₙ) est géométrique : c’est (vₙ) qui l’est.
  • Se tromper dans le point fixe : ℓ = b/(1 − a), pas b/(a − 1).
  • Écrire uₙ = u₀ aⁿ + ℓ : il faut (u₀ − ℓ)aⁿ + ℓ.
  • Oublier de changer le sens de l’inégalité en divisant par ln a quand 0 < a < 1.

Questions fréquentes

Comment reconnaître une suite arithmético-géométrique ?

Sa relation de récurrence est de la forme uₙ₊₁ = a uₙ + b : on multiplie par un nombre fixe puis on ajoute un nombre fixe.

Comment trouver la suite auxiliaire ?

On résout ℓ = aℓ + b pour trouver le point fixe, puis on pose vₙ = uₙ − ℓ, qui est géométrique de raison a.

Vers quoi converge une suite arithmético-géométrique ?

Vers le point fixe b/(1 − a) si −1 < a < 1. Sinon, elle diverge (sauf si elle part du point fixe).

Où trouve-t-on ces suites dans la vie réelle ?

Dans l’épargne avec versements réguliers, les remboursements d’emprunt, la gestion de populations animales, la pharmacologie et les modèles d’évolution d’abonnés.

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