Santé et secours · Corps humain
La thermorégulation
La thermorégulation maintient la température du corps autour de 37 °C. L’hypothalamus déclenche transpiration, frissons ou variation du débit sanguin de la peau selon les besoins.
Mis à jour le 4 min de lecture
Qu’il fasse 0 °C ou 35 °C dehors, la température au cœur du corps reste remarquablement stable, à quelques dixièmes de degré près. L’être humain est un animal homéotherme (on dit aussi endotherme) : il produit sa propre chaleur et la régule. C’est un exemple central d'homéostasie, étudié au lycée.
Une température normale, mais variable
La température centrale est en moyenne proche de 37 °C, avec des variations normales :
| Facteur | Effet |
|---|---|
| Heure de la journée | Plus basse au petit matin, plus haute en fin d’après-midi (écart d’environ 0,5 °C) |
| Lieu de mesure | La peau, les mains et les pieds sont plus froids que le centre du corps |
| Activité physique | Hausse pendant l’effort |
| Cycle menstruel | Hausse de quelques dixièmes après l’ovulation |
| Âge | Les nourrissons et les personnes âgées régulent moins bien |
D’où vient la chaleur, où part-elle ?
Le corps produit de la chaleur en permanence par son métabolisme : environ 70 à 80 % de l’énergie consommée par les cellules se dissipe sous forme de chaleur. Les muscles, le foie et le cerveau en sont les principaux producteurs.
Il en perd par quatre voies :
| Voie | Principe | Exemple |
|---|---|---|
| Rayonnement | Émission d’infrarouges | Principale perte au repos dans une pièce fraîche |
| Conduction | Contact avec un objet plus froid | S’asseoir sur une pierre froide |
| Convection | Air ou eau qui circule sur la peau | Vent, bain froid |
| Évaporation | La sueur qui s’évapore absorbe de la chaleur | Seule voie efficace quand l’air est plus chaud que la peau |
Le thermostat du corps : schéma décrit
La régulation fonctionne comme un thermostat. On la représente par une boucle fermée :
- Capteurs : des thermorécepteurs dans la peau et dans le cerveau mesurent la température.
- Centre de contrôle : l'hypothalamus, à la base du cerveau, compare la température mesurée à la valeur de consigne (environ 37 °C).
- Effecteurs : si l’écart est trop grand, l’hypothalamus envoie des ordres par les nerfs (et les hormones) à la peau, aux glandes sudoripares, aux muscles.
- Effet : la température revient vers la consigne, ce qui arrête la correction. C’est un rétrocontrôle négatif.
Quand il fait chaud
- Vasodilatation : les vaisseaux de la peau se dilatent ; plus de sang chaud passe en surface et perd sa chaleur (on rougit).
- Transpiration : les glandes sudoripares produisent de la sueur dont l’évaporation refroidit la peau. Par forte chaleur et effort, on peut perdre plus d’un litre de sueur par heure.
- Comportements : se mettre à l’ombre, se dévêtir, boire, réduire l’activité.
Quand il fait froid
- Vasoconstriction : les vaisseaux de la peau se resserrent ; le sang reste au centre du corps (doigts et lèvres pâlissent ou bleuissent).
- Frissons : contractions musculaires involontaires et rapides qui produisent de la chaleur.
- Chair de poule : redressement des poils, vestige peu utile chez l’humain mais efficace chez les animaux à fourrure.
- Chez le nourrisson, le tissu adipeux brun produit de la chaleur sans frisson.
- Comportements : se couvrir, bouger, manger chaud.
Quand la régulation est dépassée
| Situation | Température | Ce qui se passe | Conduite |
|---|---|---|---|
| Fièvre | À partir de 38 °C | La consigne de l’hypothalamus est relevée par des substances libérées lors d’une infection ; on frissonne alors pour atteindre la nouvelle consigne | Avis médical selon l’âge et la tolérance |
| Coup de chaleur | Souvent au-delà de 40 °C | La production ou l’apport de chaleur dépassent les capacités d’évacuation | Urgence : appeler le 15 ou le 112 (911 au Québec), refroidir |
| Hypothermie | Sous 35 °C | Les pertes dépassent la production | Urgence si grave : appeler les secours, réchauffer progressivement |
La différence entre fièvre et coup de chaleur est essentielle : dans la fièvre, le thermostat est réglé plus haut ; dans le coup de chaleur, le thermostat est normal mais débordé. Lors des canicules, les nourrissons, les personnes âgées et les personnes malades sont les plus exposés.
Erreurs fréquentes
- Dire que la sueur refroidit en coulant : c’est son évaporation qui refroidit. Par temps très humide, elle s’évapore mal et refroidit peu.
- Croire que l’on perd surtout sa chaleur par la tête : la tête ne perd pas plus de chaleur qu’une autre partie du corps de même surface découverte.
- Confondre fièvre et hyperthermie : la fièvre est une hausse réglée par l’organisme.
- Penser que les reptiles sont « à sang froid » au sens strict : leur température peut être élevée au soleil, mais elle dépend du milieu.
Exercice corrigé
Énoncé. Après une course par une journée chaude, Sarah est rouge et en sueur. Explique ces deux observations.
Corrigé.
- L’effort a augmenté la production de chaleur par les muscles ; la température interne tend à monter.
- L’hypothalamus détecte cette hausse et déclenche une vasodilatation des vaisseaux de la peau : davantage de sang circule en surface, ce qui la fait rougir et permet de perdre de la chaleur.
- Il stimule aussi les glandes sudoripares : la sueur produite, en s’évaporant, absorbe de la chaleur et refroidit la peau.
Questions fréquentes
Quelle est la température corporelle la plus basse ou la plus haute supportable ?
Au-delà d’environ 41-42 °C, les protéines et le cerveau sont menacés ; en dessous de 28 °C environ, le cœur risque de s’arrêter. Des survies exceptionnelles ont été décrites en dehors de ces limites, toujours avec une prise en charge médicale.
Pourquoi a-t-on froid quand on a de la fièvre ?
Au début de la fièvre, la consigne monte : le corps se « trouve » trop froid par rapport à elle et déclenche frissons et vasoconstriction.
Pourquoi boire est-il si important par forte chaleur ?
La sueur est faite surtout d’eau. Sans compenser ces pertes, la déshydratation réduit la transpiration et donc le refroidissement (voir hydratation).