Santé et secours · Urgences courantes
Crise d’angoisse et attaque de panique
L’attaque de panique est une montée brutale de peur intense avec palpitations, sensation d’étouffement et peur de mourir, qui culmine en quelques minutes. Elle n’est pas dangereuse en soi, mais une cause physique doit d’abord être écartée.
Mis à jour le 5 min de lecture
L'attaque de panique, souvent appelée crise d’angoisse, est un épisode soudain de peur ou de malaise intense, accompagné de symptômes physiques impressionnants : cœur qui s’emballe, sensation d’étouffer, tremblements, impression de devenir fou ou de mourir. Elle atteint son maximum en quelques minutes et s’apaise généralement en 20 à 30 minutes. Très fréquente (une partie importante de la population en vivra au moins une), elle n’est pas dangereuse en elle-même. Mais ses symptômes ressemblent à ceux d’un malaise cardiaque, d’une crise d’asthme ou d’une hypoglycémie : le diagnostic ne peut être posé qu’après avoir écarté une cause physique.
Les symptômes
| Physiques | Psychiques |
|---|---|
| Palpitations, cœur qui bat très vite | Peur de mourir |
| Sensation d’étouffement, de manque d’air | Peur de perdre le contrôle ou de devenir fou |
| Oppression ou douleur thoracique | Impression d’irréalité, d’être détaché de soi |
| Respiration rapide | Envie de fuir |
| Sueurs, bouffées de chaleur ou frissons | |
| Tremblements | |
| Fourmillements des mains, des lèvres | |
| Nausées, gêne abdominale | |
| Vertiges, sensation de tête vide |
Les fourmillements et la tête vide sont souvent dus à l'hyperventilation : en respirant trop vite, on élimine trop de dioxyde de carbone, ce qui modifie l’équilibre du sang (voir respiration).
Comment aider une personne en crise, étape par étape
- Vérifiez qu’il n’y a pas de signe de gravité (encadré d’urgence). En cas de doute, appelez le 15 : il vaut mieux un appel de trop qu’un infarctus méconnu.
- Restez calme et restez avec elle. Votre calme est contagieux.
- Emmenez-la dans un endroit tranquille, à l’écart du bruit et des regards, si c’est possible.
- Parlez-lui avec des phrases courtes et rassurantes : « Je suis là. C’est une crise d’angoisse, elle va passer. Vous êtes en sécurité. »
- Aidez-la à ralentir sa respiration : inspirer doucement par le nez en comptant jusqu’à 4, expirer lentement par la bouche en comptant jusqu’à 6, en respirant avec elle.
- Proposez-lui de s’ancrer dans le présent : nommer cinq choses qu’elle voit, quatre qu’elle peut toucher, trois qu’elle entend.
- Laissez-la s’asseoir dans la position qui lui convient ; ne la forcez pas à s’allonger.
- Attendez que la crise passe, puis proposez-lui un verre d’eau et un moment de repos.
- Encouragez-la à consulter son médecin, surtout s’il s’agit d’une première crise ou si les crises se répètent.
Si c’est vous qui faites la crise
- Rappelez-vous que la crise est passagère et que ses symptômes, aussi désagréables soient-ils, ne sont pas dangereux en eux-mêmes si une cause physique a été écartée.
- Ralentissez votre respiration en allongeant l’expiration (expirer plus longtemps qu’inspirer).
- Posez les pieds au sol, sentez le contact, relâchez les épaules.
- Ne fuyez pas systématiquement la situation si vous êtes en sécurité : l’évitement entretient la peur des crises.
- Après la crise, notez les circonstances : cela aidera votre médecin ou votre thérapeute.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas dire « calme-toi » ou « ce n’est rien » : la personne vit une peur réelle.
- Ne pas la faire respirer dans un sac en papier : cette technique n’est plus recommandée, car elle peut être dangereuse si la cause réelle est cardiaque ou respiratoire.
- Ne pas donner un médicament qui ne lui a pas été prescrit, ni d’alcool.
- Ne pas la laisser seule au plus fort de la crise.
- Ne pas conclure à une crise d’angoisse chez une personne âgée, cardiaque ou présentant une douleur thoracique sans avis médical.
Crise d’angoisse ou malaise vagal ?
Les deux sont souvent confondus. Dans la crise d’angoisse, le cœur accélère, la respiration s’emballe et la personne reste agitée et consciente. Dans le malaise vagal, le cœur ralentit, la tension chute, la personne pâlit, a envie de s’allonger et peut perdre connaissance. Une crise d’angoisse ne provoque qu’exceptionnellement une perte de connaissance.
Causes et facteurs favorisants
Une attaque de panique peut survenir de manière inattendue ou dans une situation redoutée (foule, transports, espace fermé). Les facteurs favorisants sont le stress, la fatigue, le manque de sommeil, la caféine, l’alcool, le cannabis et d’autres drogues, le sevrage de certains médicaments, ainsi que des antécédents familiaux. Elle peut s’inscrire dans un trouble anxieux, une dépression ou un stress post-traumatique, que seul un professionnel peut diagnostiquer.
Traitement et prévention
Le trouble panique se soigne bien. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le traitement de référence ; un traitement médicamenteux de fond peut être proposé par le médecin. L’activité physique régulière, un sommeil suffisant, la réduction de la caféine et de l’alcool, et l’apprentissage de techniques de respiration ou de relaxation aident à réduire la fréquence des crises. Pour mieux comprendre ses réactions émotionnelles, voir aussi connaissance de soi.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une crise d’angoisse ?
Le pic est atteint en quelques minutes, et la crise s’apaise généralement en 20 à 30 minutes. Une fatigue peut persister plusieurs heures.
Peut-on mourir d’une crise d’angoisse ?
Non, l’attaque de panique elle-même n’est pas mortelle. Le risque est de méconnaître une autre cause (cardiaque, respiratoire) qui donnerait des symptômes similaires, d’où l’importance d’un avis médical lors d’une première crise.
Peut-on s’évanouir pendant une attaque de panique ?
C’est rare. L’hyperventilation donne une sensation de tête vide, mais la perte de connaissance est exceptionnelle. Une perte de connaissance doit faire rechercher une autre cause.
Qui consulter pour des crises d’angoisse répétées ?
Le médecin traitant, en premier lieu, qui pourra orienter vers un psychiatre ou un psychologue. En France, le dispositif « Mon soutien psy » permet un remboursement de séances chez un psychologue partenaire. Au Québec, le 811 (option Info-Social) offre une écoute et une orientation.